• Kultur08. März 2019

    Jacques Schneider et sa Kritzel Fabrik

    Fabrique de gribouillage! Et en deux mots. Kekseksa? Réponse ci-dessous et, pour plus de précisions, à Luxembourg ville, au n° 3, rue Jean Origer, 1ère rue à gauche de l’avenue de la Gare en venant de la gare, où vous trouverez sa (je cite l’artiste) «Kritzel Fabrik, lieu d’exposition, de création et de diffusion». Voilà tout un programme! «Mais pourquoi «gribouillage», façon ironique de parler dessin»? demandai-je à Jacques Schneider, après avoir promené un bon moment mon regard dans sa galerie. «N’êtes-vous pas photographe?». «Principalement, oui», me répond-il, «mais je dessine presque tous les jours. De plus, j’aime aussi peindre et combine souvent dessin, peinture, photographie, comme, par exemple, dans ma collection «La paix, l’Europe et la sidérurgie», 100 oeuvres (50 x 50cm) qui retracent l’histoire de la sidérurgie, exposées ici, à la Kritzel Fabrik dès fin 2016...».

    Mais aussi ailleurs. Ainsi, 18 exemplaires de cette splendide collection furent notamment exposés en juillet 2017 au Parlement européen. Heureusement, de nombreuses prises de vue si caractéristiques de notre univers de l’acier peuvent toujours et encore être admirées à la Kritzel Fabrik, afin d’être redécouvertes et évoquer vos souvenirs, que Jaques Schneider semble, malgré son jeune âge, vouloir considérer également comme siens. Aussi, quoique pratiquant ses multiples arts avec une grande maîtrise, qu’il soit déjà apprécie jusque dans les plus hautes sphères du pays, ait été, ou soit, exposé dans de centaines de villes, ce jeune photographe autodidacte luxembourgeois né en France il y a une trentaine d’années est tout accueil sympa et simplicité.

    L’explication, c’est lui-même, tout à la fois patriote, paneuropéen, ouvert au monde entier et exerçant sa profession avec soin et compétence (autant de qualités fort sérieuses!) qui nous la donne, lorsqu’il affirme s’amuser un max dans quasiment tout ce qu’il entreprend.

    Et, franchement, c’est vraiment l’impression qu’il donne, mais non pas celle d’une gaieté futile, superficielle, ironique ou persifleuse, mais bien d’approche, d’ouverture à autrui, de générosité, tout comme d’amour de son pays et d’ailleurs. Cet ailleurs est un ailleurs qu’il connaît d’ailleurs fort bien, puisque depuis 2012 il n’a pas seulement présenté un grand nombre d’expositions dans des galeries, musées et institutions ici au pays, mais également u peu partout à travers le monde. On peut commencer par citer Bruxelles, Strasbourg, Lisbonne, Berlin, Istanbul, Tokyo, etc. Car il faut y ajouter «De Lëtzebuerger Fändel», projet artistique participatif réalisé à l’occasion de la fête nationale 2016 et ayant donné lieu à des expositions d’oeuvres à travers tout le Luxembourg ainsi qu’à l’international. Notre drapeau fut ainsi valorisé à Berlin, Vienne, Bruxelles, Beijing, Copenhague, Lisbonne, Madrid, Washington, Paris, Londres, Athènes, New Delhi, Rome, Tokyo, La Haye, Varsovie, Moscou, Berne, Prague, Bangkok, Ankara, Bruxelles, Genève, New York, Strasbourg, San Francisco, Shanghai, Ouagadougou, Praia (Plato), Abu Dhabi, Addis-Abeba, Pristina, Vientiane, Bamako et Dakar.

    Vous l’aurez compris, amis lecteurs. Impossible de reprendre dans ces colonnes le détail des créations passées et présentes, d’ici ou d’ailleurs, de ce talentueux poly-artiste. Je me contenterai donc de vous signaler quelques-unes des principales oeuvres exposées dans la longue salle d’expo qui précède son atelier. Et là, celles qui m’ont le plus impressionné, sont celles de sa collection «La paix, l’Europe et la sidérurgie». À son sujet, Raphaël Ferber cite dans Femmes Magazine Jacques Schneider, qui lui confiait (et me le confirme aujourd’hui), ce qu’il voulait représenter: «La Passion, l’amour du travail bien fait, l’envie d’excellence, voilà l’atavisme qui regroupe les Hommes qui ont fait l’industrie sidérurgique et qui ont façonné l’Europe. Mon arrière arrière-grand-père photographia la construction des Hauts fourneaux sur le site de Belval. Aujourd’hui je fais comme lui, en rajoutant quelques traits de couleur... Chaque génération crée, s’inspire et imagine sur les bases du passé son futur...».

    L’artiste a ensuite enrichi ce travail, en photographiant en 2016 une série d’images sur les sites d’Arcelor-Mittal, mais aussi en se basant sur des photos des archives de la Photothèque de la ville de Luxembourg. 

    Concernant son autre maxi-projet, «du Drapeau...», «De Lëtzebuerger Fändel», véritable ambassade culturelle du Luxembourg de par le monde, on peut notamment lire (je résume) sur le site Internet du Projet (www.youtube.com/-watch?v=N8Bw5n-6ShA), que «Jacques Schneider est un artiste (...) engagé, qui prône la tolérance, l’ouverture d’esprit, la cohésion nationale (...) «le vivre ensemble». Ainsi, à travers ses oeuvres, l’artiste s’efforce de créer un lien culturel et social entre les 170 nationalités qui vivent sur le territoire du Grand Duché de Luxembourg. L’artiste est très attaché au processus même de la création. (...) Depuis de nombreuses années (...) il mêle art photographique et art pictural à l’aide d’une technique qui lui est propre (...) Cette année (2016), pour la célébration publique de l’anniversaire de Son Altesse Royale Le Grand Duc, il a imaginé et réalisé, seul, une oeuvre monumentale, qui prendra la forme de dizaines de drapeaux (luxembourgeois) géants, afin de valoriser ce qui à ses yeux a le plus de valeur, l’Humain (...)

    L’artiste a consacré deux mois à photographier des milliers de personnes qui vivent, travaillent ou aiment le Luxembourg. Pour ce faire il a organisé sur tout le territoire des prises de vue de portraits dans des lieux aussi divers que les gares, les bureaux de poste, les marchés, les entreprises, les usines, les hôpitaux..., mais également dans des institutions telles que l’Armée, les Douanes et Accises, la Police, les Pompiers, les Secours... Chacun de ces portraits en noir et blanc a ensuite été peint dans une des trois couleurs du drapeau national, les portraits «kritzelisés» assemblés comme d’immenses mosaïques forment ensemble les drapeaux, objets de l’oeuvre...».

    L’un de ces drapeaux, composé d’un grand nombre de portraits de personnes ayant choisi de vivre chez nous, au pays, occupe à présent presque une paroi entière de la galerie, où vous pourrez l’admirer, ainsi que le détail de chaque travail, tout à votre aise. Il s’agit de portraits qui sont animés, expressifs, vibrants de vie, parmi lesquels vous figurez, ou pourriez figurer, même si vus n’y êtes pas. Voilà pourquoi une visite à la Kritzel Fabrik (ouverte du lundi au samedi, de 11 à 18 heures) n’est à manquer sous aucun prétexte!

    Giulio-Enrico Pisani

    «La paix, l’Europe et la sidérurgie»

    Weiterlesen
  • Kultur05. März 2019

    Rastignac im Élysée

    Vergleich mit Romanfigur eines Karrieristen. Soziologen-Ehepaar Pinçon-Charlot zeichnet Emmanuel Macrons bürgerlichen Aufstieg nach

    Der Mann, der sich in diesen Tagen herabgelassen hat, über die Dörfer des Landes zu tingeln, um dummen Provinzlern den Segen des ungebremsten Finanzkapitalismus zu erklären, hat es in knapp zwei Jahren auf mehr als ein Dutzend Bücher gebracht, die sich mit ihm beschäftigen. Emmanuel Macron, seit dem 14. Mai 2017 Präsident der Französischen Republik, ist für Politologen, Soziologen und Historiker ein Geschenk des Himmels. Dieser Jesuitenschüler und Absolvent der Kaderschmiede ENA, der es liebt, im Schloß von Versailles den Prunk, die Autorität und das katholische Christentum der absoluten Monarchen des 17. Jahrhunderts zu zelebrieren. Der – wie er einmal verriet – gerne ein »jeune loup« in der »Comédie humaine« des Honoré de Balzac gewesen wäre, aber in Wirklichkeit nur ein Eugène de Rastignac ist, ein Karrierist.

    Erschienen sind Titel wie »Le Paradoxe du Macronisme« des Professors am Institut für politische Studien (Sciences Po), Luc Rouban, und »Vaincre Macron« des kommunistischen Ökonomen Bernard Friot. Wissenschaftlich-informativ und resignierend der eine, kämpferisch-hoffnungsvoll und polemisch der andere.
    Einen vorläufigen Höhepunkt erreicht die »Macron-Forschung« nun mit dem Buch eines Pariser Soziologen-Ehepaars: Michel Pinçon und Monique Pinçon-Charlot lieferen unter dem Titel »Le Président des ultra-riches« eine Bestandsaufnahme des sich zur neoliberalen Regierungsideologie entwickelnden »Macronismus«. Der 41 Jahre junge Mann ist für die Autoren ein legitimer Erbe des früheren rechtskonservativen Präsidenten Nicolas Sarkozy. Dessen politisches Leben hatten die beiden seinerzeit in »Le Président des riches« beschrieben.

    Sarkozys Wiedergänger sei »ein provinzieller Kleinbürger«, schreiben Pinçon und Charlot. Geprägt habe ihn, wie so viele andere Politiker des französischen Establishments, die wichtigste Lehranstalt des wirtschaftlich-finanziellen Herrschaftspersonals in Frankreich: Die École nationale d’administration (ENA), schrieb 1989 Pierre Bourdieu, sei die Geburtsstätte des »Staatsadels«. »Was an der ENA zählt«, ergänzen die Pinçon-Charlots, »ist weniger die Ausbildung, sondern vielmehr das Netzwerk, das man sich dort flechten kann«. Macrons Netzwerk sind die Ehemaligen der ENA-Klasse, die ihn heute umgeben und seine Politik auf den obersten Verwaltungsebenen umsetzen – oder ihn aus den Chefetagen der Konzerne über die Wünsche der Bosse und der Aktionäre auf dem laufenden halten.

    Macrons ältester, inzwischen verstorbener Mentor war Henry Hermand, ein Freund, der ihn in die Welt des großen Geldes einführte und im Oktober 2007 auch als Trauzeuge bei der Hochzeit mit der 25 Jahre älteren Brigitte Trogneux fungierte. Hermand schildern die beiden Soziologen als einen 220 Millionen Euro schweren Liberalen und Gründer diverser, der »freien Marktwirtschaft« verbundener »Thinktanks«, der dem jungen Macron auch mit einem Darlehen unter die Arme griff: 550.000 Euro für den Kauf eines Appartements in Paris.

    Unter den Fittichen Serge Weinbergs, damals Chef des Aufsichtsrats der Luxushotelkette Accor, schlüpfte Macron am 1. September 2008 als »Direktor« in die Führungsgremien der Banque Rothschild – »15 Tage vor der Pleite von Lehman Brothers«. Er habe »weder die Berufung noch die Lust verspürt«, sich »in der Industrie« die Hacken abzulaufen, ließ Macron seine Vorgesetzten wissen, »ich habe mich in Richtung Finanzen orientiert, das schien mir freier und unternehmerischer zu sein als andere Sektoren«.

    Drei Jahre später half ihm Peter Brabeck-Letmathe, damals Boß des Nahrungsmittelgiganten Nestlé, im Alter von 33 Jahren ein Vermögen einzusacken: Als Vermittler der neun Millarden Euro schweren Fusion zwischen der Babynahrungssparte des USA-Konzerns Pfizer und den Schweizern fielen für Macron 2,8 Millionen Euro Kommission ab, dazu – über drei Jahre – ein Gehalt von 400.000 Euro.

    Als Macron im Frühjahr 2017 in den Präsidentenpalast Élysée einzog, schuldete er der französischen Hochfinanz und den Bossen der Großkonzerne mehr als etwas Geld und eine allgemein unternehmerfreundliche Politik. Grundideen seiner »Reformen« sind Steuergeschenke an die Reichen und die Privatisierung der Staatsbetriebe. Eine Politik, die den Sozialstaat ins Herz trifft und vorläufig nur von den »Gelbwesten« gehemmt wurde. Die Pinçon-Charlots beschreiben einen Staatschef des Systems, mit dem es die Franzosen schlechter nicht hätten treffen können.

    Hansgeorg Hermann

    Monique Pinçon-Charlot, Michel Pinçon
    Le président des ultra-riches
    Chronique du mépris de classe dans la politique d’Emmanuel Macron
    Zones
    Éditions La Découverte
    Paris, Januar 2019
    176 Seiten, 14 Euro (F)
    ISBN: 9782355221286

    Weiterlesen
  • Kultur21. Januar 2019

    Liverpool im Beatles-Rausch

    Jubiläumsfeiern auch 2019

    Sie sind die mit Abstand erfolgreichste Band der Geschichte: Auch Jahrzehnte nach ihren größten Hits faszinieren die Beatles die Massen. Liverpool feiert auch 2019 seine berühmten Söhne.

    Alles begann nach einem Auftritt bei einer Kirchenveranstaltung im englischen Liverpool. Damals stieg Paul McCartney in John Lennons Schülerband »The Quarrymen« ein. »Er sah aus wie Elvis, ich mochte ihn«, sagte Lennon einmal. Das Duo legte den Grundstein für eine Band der Superlative: die Beatles. Gemeinsam mit George Harrison und Ringo Starr lieferten sie Hits am Fließband, etwa vor 50 Jahren das Album »Sgt. Pepper’s Lonely Hearts Club Band«. Auch 2019 feiert Liverpool die Jubiläumserfolge der Pilzköpfe.
    Im kleinen Cavern Club hatten die Beatles fast 300 Auftritte. Es sei in dem Kellergewölbe dunkel gewesen und habe dort gestunken – »aber es war der großartigste Club der Welt«, so eine Zeitzeugin in der Ausstellung »The Beatles Story« in Liverpool. »Der Schweiß rann buchstäblich die Wände herunter.« Die Original-Spielstätte ist zwar längst durch eine Nachbildung ersetzt worden. Aber das scheint den eingefleischten Fans egal zu sein. Als der für seine 76 Jahre erstaunlich fitte Paul McCartney im vergangenen Juli dort ein »Geheimkonzert« gab, waren seine Anhänger außer Rand und Band.

    McCartney bot in der Rock’n’Roll-Location eine musikalische Zeitreise mit Hits wie »Drive My Car«, »Lady Madonna« oder »Back In The U.S.S.R.«. »Willkommen zu Hause!«, rief ein Fan McCartney entgegen. Und der Senior antwortete locker: »Nett, daß du das sagst« – und spielte etwa zwei Dutzend Songs in der überhitzten Kellerbar.

    Der Cavern Club und viele andere Erinnerungen an die Beatles sind ein Touristenmagnet in Liverpool: Einer Studie zufolge spülte das Beatles-Erbe bereits im Jahr 2014 netto etwa 82 Millionen Britische Pfund in die Kassen. Ausstellungen zu der Band, Festivals, spezielle Themen-Hotels, die den Beatles huldigen, Touren durch die Stadt: Mehr als 2.300 Arbeitsplätze hängen vom Beatles-Hype in Liverpool ab – Tendenz steigend, wie die Studie damals ergab.

    Die von zwei Hochschulen in Liverpool im Auftrag der Stadt erarbeitete Untersuchung ging von einem 15-prozentigen Wachstum pro Jahr aus. »Liverpool ist nicht nur der Geburtsort der Beatles, es ist auch ihre Wiege«, sagt Mike Jones vom Institut für Popmusik der Universität Liverpool. Was die Beatles als Liverpud­lians – so heißen die Einwohner der Hafenstadt – gelernt hatten, nahmen sie laut Jones mit in die weite Welt: Selbstbewußtsein und kulturelle Einflüsse.

    Inzwischen kommen Menschen aus aller Welt nach Liverpool, um die Wiege der Star-Band zu bestaunen. »Vor allem die Kreuzfahrtschiffe bringen eine Menge Menschen hierher, die meisten sind Amerikaner«, berichtet Ian Doyle, der Touren zu Beatles-Stätten in der Stadt anbietet. Auch Australier, Briten aus London und anderen Städten, Iren, Deutsche oder Italiener gehören zu den Touristen. Sein Fahrzeug nennt Doyle ein »psychedelisches Taxi in John-Lennon-Farben«.

    Wer glaubt, die Beatles-Fans seien alle in die Jahre gekommen, der irrt. »Zwischen 16 und 68 Jahren ist alles dabei«, sagt Doyle und singt und summt immer wieder zu den Beatles-Songs im Hintergrund – passend zu den Sehenswürdigkeiten. Dazu gehört auch der Song »Eleanor Rigby«, der genauso heißt wie eine auf einem Friedhof der Stadt beerdigte Frau. »Das war der einzige Ort, an dem John Lennon und Paul McCartney als Schüler ungestört rauchen konnten«, berichtet Doyle.

    Nicht nur Liverpool lockt seit vielen Jahren Touristen auf die Spuren der Band, die ihren eigenen Beat kreierte. Spezielle Touren gibt es etwa auch in Hamburg: Dort hat die Band auf der Reeperbahn Anfang der 1960er Jahre nicht nur gespielt, sondern ist im Kiez der Seeleute, Bardamen und Huren erwachsen geworden, wie Lennon einmal sagte. Von dort kamen die Fab Four, von denen nur noch Paul McCartney und Ringo Starr leben, übrigens mit neuen Frisuren zurück, den Pilzköpfen.

    In Liverpool dürften die Kassen dank der Beatles auch 2019 kräftig klingeln. Ohnehin gibt es in jedem August ein Beatles-Festival, das Besucherscharen anlockt. »Im September wird das Album ‚Abbey Road’ 50 Jahre alt – ich hoffe, das wird so richtig gefeiert«, sagt Doyle. Die Liverpooler Philharmoniker planen gemeinsam mit der Band The Bootleg Beatles dazu sogar eine Tournee in Britannien.

    Eine Ausstellung über John Lennon und ein »weitläufiger Friedensgarten« würden im kommenden Frühjahr auf dem Areal von Strawberry Field eröffnet, sagt Jones von der Uni Liverpool. Dort gab es früher ein Waisenhaus, in dessen Nähe Lennon aufwuchs. Seine Erinnerungen daran verarbeitete er im melancholischen Song »Strawberry Fields Forever«.

    Und was ist 2020? 50 Jahre zuvor – also 1970 – trennten sich die Wege der Beatles. Wettbewerb untereinander und angeblich auch der Einfluß von Lennons Frau Yoko Ono, die noch heute viele Projekte in Liverpool fördert, sollen daran mit Schuld haben. »Die Auflösung ist kein Ereignis, das man feiern, sondern bedauern und beklagen sollte«, meint Jones. Aber einen anderen Anlaß zum Feiern sieht der Musikexperte dann doch: 1970 veröffentlichte George Harrison mit »All Things Must Paß« sein erstes Solo-Album. »Es ist bis heute das am besten verkaufte Solo-Album eines Ex-Beatles«, betont Jones.
    Silvia Kusidlo,

    Liverpool (dpa)

    Die vier Beatles-Figuren in der Nähe des Flusses Mersey gehören zu den beliebtesten Fotomotiven der Touristen
    (Fotos: Silvia Kusidlo/dpa)

    Weiterlesen
  • Kultur11. Januar 2019

    Schwaarz Konscht, l’art des taques !

    Question d’achever dans le gris presque noir cette grise fin de journée d’hiver à peine égayée par un finissage d’expo chez Nosbaum & Reding, au cœur de la vieille ville, je décidai de faire un saut à deux pas de là, au Lëtzebuerg City Musée, rue du Saint-Esprit. En fait, l’invitation à l’expo Schwaarz Konscht, à laquelle j’avais agrafé un communiqué y relatif dans notre «Zeitung» du 21 novembre, pâlissait depuis presque 4 mois sur ma table travail. Témoins: deux traces de café et une brûlure de cigarette. Eh oui, personne n’est parfait. Les termes de l’invitation, que vous pouvez d’ailleurs retrouver sur le net, étaient par contre charmants. Jugez-en vous-mêmes! «Vous connaissez les taques depuis votre enfance? Peut-être en avez-vous même à la maison. Venez découvrir le monde des taques avec vos amis et clôturez cette visite nostalgique autour d’une tasse de café et d’un morceau de gâteau au musée».

    Saviez-vous que Le mot taque remonte au XVIe siècle? Adopté surtout dans les régions à lange d’oïl (France centre et nord, Belgique, Luxembourg), ce terme provient du bas allemand tâk (morceau de fer). Dans les régions à langue d’oc (France du centre et du sud) on emploie plutôt le terme plus explicite et moins élégant de plaque de cheminée (qui en garnit le contrecoeur). Il s‘agit ici évidemment de taques ou plaques de cheminée et de poêle et, plus précisément, de la collection d’Édouard Metz (1831–1895), directeur de l’usine d’Eich, qui avait rassemblé quelque 300 taques de cheminée et plaques de poêle datant des XVIe au XIXe siècles, en provenance de l’ancien duché de Luxembourg et des territoires voisins. De plus et outre d’intéressantes notes et illustrations explicatives, le musée expose aussi quelques autres taques, notamment commémoratives, du XXe siècle.
    Aussi, poussé par la curiosité et par mon amour de l’histoire, au lieu de me rendre à l’arrêt du bus avenue Monterey direction home-sweet-home je traversai le Fëschmaart, frôlai le Konschthaus beim Engel, embouchai la rue de l’Eau et ensuite cette rue du St.-Esprit, où je visite souvent des expos de la galerie Clairefontaine.
    Embarqué enfin au rez-de-chaussée du musée dans un lift qui m’ «annonça» pourtant être déjà au 3e étage et me propulsa jusqu’au 5e, je me retrouvai au beau milieu de l’extraordinaire imagerie de ces taques, témoins d’autres siècles, mais dont la tradition s’est perpétuée, contrairement à ce que l’on entend ou lit parfois, encore ci ou là à travers l’Europe. Le moment est cependant venu de laisser la parole au City Musée, que je cite pour vous, amis lecteurs:

    « En 1996, le Musée d’Histoire de la Ville de Luxembourg avait reçu en dépôt une partie de cette collection de la part de la Fondation Veuve Émile Metz-Tesch. En 2016, ces objets ont retrouvé leur splendeur originelle grâce à une campagne de restauration. Depuis le XIXe siècle et jusqu’aux années 1980, les taques nourrissaient la passion des collectionneurs et jouissaient d’une grande popularité auprès d’un public amateur de choses anciennes. Par la suite, l’intérêt du public s’en est détourné et beaucoup de musées ont relégué ce genre d’objets aux oubliettes. (Et cela, au lieu d’étudier et d’analyser les contextes historiques et sociétaux de leur création, ainsi que de valoriser leurs témoignages parfois rares, voire uniques.)
    Pourtant, les taques permettent d’explorer tout à la fois les mentalités et la vie matérielle d’autrefois. À travers ces plaques en fonte, de nombreux thèmes tels que l’industrie du fer, l’habitat et les techniques de chauffage, l’iconographie et les références artistiques des motifs (religion, héraldique, mythologie, événements historiques) ou encore la convivialité autour de la cheminée (contes, folklore) sont abordés. L’exposition s’attache particulièrement à promouvoir l’accessibilité du musée à tous les publics. Les taques étant des objets peu fragiles, les visiteurs peuvent toucher certaines pièces. La visite devient ainsi une expérience multi-sensorielle, accessible également à des personnes ayant une déficience visuelle. Différents outils de médiation spécialement conçus pour l’exposition facilitent une lecture ludique des motifs représentés sur les taques.»

    Ces motifs sont en effet aussi variés qu’instructifs et embrassent aussi bien les genres héraldiques que mythologiques, allégoriques, populaires, sociétaux, commémoratifs, bibliques et religieux. Suite à un millénaire d’endoctrinement catholique des populations de la région Ardennes-Luxembourg-Lorraine par les princes-évêques, puis sous l’égide des comtes et ducs qui y trouvaient leur compte, les motifs religieux dominent, bien que souvent mâtinés de superstitions, de mythologie et d’allégories païennes. Un bel exemple nous est offert par cette splendide Vierge au croissant de lune du XVIIe siècle, qui n’est autre qu’une christianisation de la déesse archaïque latine Jana (1). Préfiguration de la Diana/Diane romaine, déesse de la chasse et de la nature sauvage, mais aussi figure féminine de Janus, souvent représentée coiffée d’un croissant(2), son double catholique se tient ici debout sur un croissant de lune. Si vous êtes attentifs, vous noterez en outre, que le bas de la robe et les pieds de «Marie» forment un visage, dont le nez, prolongé sous la lune, semble se parer de cette espèce de bec porté par les fossoyeurs de la peste. En fait, sous les apparences complaisant aux dictats catholiques de l’époque, percent les véritables croyances populaires ancestrales dans les forces (divinités), tant bienveillantes que mauvaises, de la nature.

    Une autre taque particulièrement intéressante est celle qui représente Flora, la déesse romaine de la nature, du printemps et des fleurs. Outre la remarquable richesse de son décor et la finesse de l’iconographie, elle porte l’inscription QUINT.E, qui désigne le lieu de fabrication. Aujourd’hui arrondissement de Trèves, Quint est tout-la fois le nom et la location d’une des plus anciennes fonderies-aciéries d’Europe, érigée en 1683 au bord du Quintbach (ruisseau de Quint). Quant à la lettre E., je suppose qu’elle signifie Ehrang, ancienne commune (aujourd’hui Trier-Ehrang/Quint) tréviro-romaine près de Quint, déjà citée en 973.

    Poursuivons avec cette magnifique taque héraldique de 1595 aux armes d’Espagne portant l’inscription DOMINUS MIHI ADIVTOR, (Dieu est mon aide, Vulgate, Mathieu 6:13, adopté comme devise par Philippe II d’Espagne). Et je pourrais vous en citer encore tant d’autres comme, par exemple, celle des Frères ennemis, fondue sans doute à Arenberg (désormais un quartier de Coblence), ainsi qu’en témoigne le blason) au XVIIe siècle, mais également son antithèse, la PAX AUREA (paix d’or) de 1644. Si la première pourrait évoquer les affrontements fratricides opposant catholiques et protestants durant la guerre de 30 ans, la seconde, elle, pourrait illustrer le commencement des pourparlers de paix, conclus par le «Westfälischer Frieden» (Paix de Westphalie) (3) qui y mit fin le 2 octobre 1648. Et c’est sur cette magnifique taque de réconciliation que je vous encourage à poursuivre sur place cette fascinante exploration.

    Giulio-Enrico Pisani

    ***
    1) Selon l’Encyclopédie (de Diderot) le nom de Jana fut changé en celui de Diana, par l’addition du D, que le J consonne entraîne dans plusieurs langues. Varron appelle la lune dans ses différentes phases, Jane croissante et décroissante. D’autres prétendent que Diana a été fait de diva,(divine) Jana, ou dia (du jour) Jana; le soleil s’est appelé aussi divos Janos, dieu Janus.

    2) Thème repris par George Melliès dans son micro-métrage de 1902, «Voyage dans la lune», où il représente le côté visible de la lune par une jeune femme tout à la fois installée sur un croissant de lune et coiffée d’un croissant de Lune.

    3) Mieux connue en français en tant que Traités de Westphalie, 1644 marqua la date initiale des pourparlers se tiennent à Münster à partir de décembre 1644 puis à Osnabrück à partir de 1645 et exprime davantage un voeu que sa conclusion en 1648. En effet, il s’agit de 3 traités de paix distincts:

    Paix de Münster du 30 janvier 1648 entre l’Empire espagnol et les Provinces-Unies ;
    Traité de Münster (Instrumentum Pacis Monasteriensis) du 24 octobre 1648, entre l’Empereur du Saint-Empire romain germanique et la France (et leurs alliés respectifs) ;

    Traité d’Osnabrück (Instrumentum Pacis Osnabrugensis) du 24 octobre 1648 également, entre l’Empereur du Saint-Empire romain germanique et l’Empire suédois.

    Scène atelier taques (Musée gaumais, Virton)

    Weiterlesen
  • Kultur07. Dezember 2018

    Sylvie Ménager et Ann Vinck à la galerie Simoncini

    Place d’Armes le 1er décembre. Vive le Krëschtmaart, amis lecteurs! Mais au bout d’une demi-heure de foule, bousculades et tohu-bohu, une pause s’impose. Et, où mieux échapper dans tout Luxembourg centre à ce charivari, à l’odeur de friture ainsi qu’aux gaz d’échappement des files d’autos attendant leur tour de parking, que dans les musées ou galeries de la ville? Parfait, puisque j’avais prévu de toute façon une visite à la galerie Simoncini (1), qui nous présente aujourd’hui deux artistes dont j’ai encore tout à découvrir. Étonnantes! Un premier aperçu à travers les trois salles me montre d’emblée un large éventail d’oeuvres réunissant en un fol épanouissement de créativité la sobriété du contemporain à une grande richesse de couleurs, graphismes, formes et nuances. Un deuxième tour, plus consciencieux, me permet ensuite d’examiner attentivement, dans la salle du sous-sol, les sculptures de

    Sylvie Ménager.

    Diplômée de la célèbre École supérieure des arts appliqués Duperré (2), l’un des plus anciens (1 siècle et demi) bastions de l’émancipation féminine en France et aujourd’hui haut-lieu universitaire des arts, cette sculptrice parisienne nous enchante par son remarquable talent. C’est tout, pour ce qui est de son CV. Je n’ai rien trouvé d’autre. Aussi ne saurais-je pas vous dire quand, enfant ou déjà jeune fille, elle est tombée dans la glaise, la terre, l’argile, y a enfoncé les doigts, l’a saisie, puis pétrie, malaxée pour la première fois. Mais quelle importance!? Un beau jour s’est présentée l’occasion, lui a révélé son don et ouvert la voie à de longues années d’expérimentations, de recherches, puis d’études, de pratique et encore de recherches. Le résultat nous montre que ce fut une vague de fond vers la beauté, soulevée par le souffle du talent et de l’inventivité. Puis elle alla de l’avant, jusqu’aux premières réussites de l’Oeuvre. Trouver, agir, créer, former, sculpter et, alors seulement, en parler! Et elle en parle fort bien, de son travail, ne me laissant en fin de compte pas grand-chose à ajouter.

    «Je travaille essentiellement mes sculptures autour d’une écriture qui m’est propre et à partir de laquelle j’aie envie de raconter des histoires», écrit-elle à l’occasion du Salon des Beaux-arts de Garches 2016 (3). «Je creuse la terre encore et encore, je trace des sillons, des ondulations qui parfois dialoguent avec le vide. J’aime dialoguer avec les courbes en les laissant «partir», puis en les structurant tout à coup (...) J’ai aussi l’obsession de la lumière, je souhaite faire entrer le spectateur dans mes sculptures afin qu’il lise en profondeur à l’intérieur de la matière «terre». Je veux que mes sculptures vivent et soient mouvantes! Mes patines cherchent à accentuer les reliefs de mes formes et à créer des jeux d’opacité et de brillance. Elles me permettent d’affirmer mes sculptures et de leur donner une identité.». Et elle écrit ailleurs «... Mes sculptures en grés chamotté (4) se parent d’une patine,faite à partir de pigments, que je «monte» très progressivement par une succession de superpositions de couleurs allant d’une gamme de noirs colorés, gris et verts».

    Mais ces lignes, aussi personnelles et senties que pertinentes, sont loin de vous révéler, à quel point ses oeuvres, discrètes, fines, sobres et, malgré un dessin ferme, tout en nuances et feeling, pure esthétique, donc abstraction, peuvent être ce que vous désirez qu’elles soient. Prenez, par exemple, la «Ballade graphique» et ses écritures gravées sur un mystérieux artéfact semble-t-il porteur d’au-delà du temps et des océans du mystère de quelque pensée primaire! Devant ce qui m’évoque un grand fragment de pavillon d’un coquillage antique, je m’imagine lire dans ses étranges graphes des mots disant les métamorphoses de Nérée, ou même les entendre jaillir de ce woofer antédiluvien. Ce n’est certes que mon ressenti à moi; à vous de découvrir le vôtre. Le monde connut d’ailleurs autant d’écritures qu’il y eut de peuples, de cultures, de légendes, de langues, d’écoles, de styles et j’en passe... Aussi, près de là, Sylvie Ménager nous en présente tout un lot, des écritures, dans son élégant triptyque «Histoires graphiques», dont je vous abandonne et la beauté et un déchiffrage innécessaire, mais pouvant laisser rêveur. Sans même parler de ses «Puits de lumière», où de raffinés moucharabiehs ceints de mystères serpentins vous empêchent d’en sonder ce vide qui se flatte du passage de la lumière ambiante. Et je pourrais poursuivre encore longtemps l’exploration de ce jardin peuplé de fûts de grés, mais il est temps de vous présenter

    Ann Vinck,

    cette autre talentueuse artiste exposée aujourd’hui chez Simoncini. Surprise! Étonnement! Quasiment de l’embarras, voilà ce que j’ai ressenti, en m’entretenant avec elle, après un premier coup d’oeil sur ses vastes tableaux abstraits au rez-de-chaussée et au 1er étage de la galerie. Je pensais en effet savoir à ce jour, ce qu’est la peinture abstraite, c’est-à-dire non figurative, jusqu’à ce que je lui demande, devant l’un de ses tableaux de la série «Heureux qui comme Ulysse», la signification de l’oeuvre et qu’elle, l’air fort étonné, (c’est qui, cet amateur?) me répondit, après une brève hésitation: «Aucune!». Ceci dit, je vous cite tout de même la présentation d’André Simoncini, qui n’est pas tout à fait de mon avis, mais dont, justement, l’avis vous permettra de faire la part des choses et de mieux vous faire, sur place, votre propre opinion.

    «L’artiste ici partage, aux deux sens du mot: elle fait don, mais elle divise aussi, confronte et oppose, auscultant, disséquant les éléments de ce bestiaire en gravitation sur l’espace de la toile, de la microparticule à l’infini cosmique», écrit-il. «De la naissance à la mort, grand écart métaphysique, c’est tout le cheminement de la condition humaine qui est, in fine, signifié. Les oeuvres récentes participent du même talent protéiforme dont Ann Vinck fait preuve depuis longtemps. Peintures, aquarelles et gravures pleines d’expression(nisme), avec aujourd’hui un redéploiement insoupçonné de couleurs et des incursions marquées vers le noir et le blanc». En fait, à part quelques statuettes réellement expressionnistes, comme «Il dirige», inspirée de notre Philharmonie, ou quelques autres, que l’artiste présente au rez-de-chaussée, en plus de son oeuvre picturale, Ann Vinck elle-même ne se reconnaît pas (du moins en peinture) dans l’expressionnisme.

    Eh oui, contrairement à ce que tendent parfois à me faire croire leurs œuvres, certains artistes se veulent abstraits, mais ne coupent pas tout lien au réel, ni même à quelque forme représentative, même onirique, imaginaire. Ann Vinck, elle, m’a appris ce qu’est l’abstrait. Mais cela démontre aussi combien l’interaction artiste-oeuvre-spectateur est importante. Libre à chacun de voir dans une toile abstraite quelque figuration poétique. L’abstrait en soi ne signifie rien. Il y a tout au plus une recherche d’esthétique, d’équilibre, d’harmonie. Cependant, indulgente, Ann Vinck, que je voyais pour la première fois, quoique je l’eusse citée en l 2014 lors de l’expo d’estampes «Fifty/Fifty» au Centre Culturel Neumünster (5), m’accompagna pour un nouveau tour des oeuvres exposées, me permettant de mieux en saisir l’essentiel. J’ai essayé. Ai-je réussi ? Il y a de quoi en douter, comme le démontre l’anecdote suivante. Plongé en effet dans la contemplation d’un grand diptyque (160x360cm), étrangement intitulé «Comics»,qui m’évoquait portant les Nymphéas de Monet, je lui en fais part. Mais elle nie y avoir songé, avoue par contre qu’un autre visiteur lui a fait la même remarque. Pur hasard, ou involontaires geysers du subconscient? Va savoir!?

    Principalement graveur, sculptrice et peintre, Ann Vinck est née en 1953 à Anvers. Elle vit et travaille à Bous, près de Remich, a effectué de 1973 à 1977 des études d’arts graphiques à la Sint-Lucas school of arts, Anvers, puis de céramique au Lycée Technique Joseph Bech, Grevenmacher de 1984 à 1987. En 1988 elle fait un stage de deux mois en Inde dans les milieux artistiques de New Delhi, grâce à une bourse du «Creative Fund» (créé par Amar Nath Sehgal) et, en 1990 un séjour à la Cité Internationale des Arts à Paris. En 1999 elle a participé au Symposium graphique de Göteborg et en 2006 au «Print workshop Mahatma Gandhi Institute à Moka (Maurice)». Elle est membre de l’Atelier (de gravure) «Empreinte» (6), Luxembourg.

    Giulio-Enrico Pisani

    ***

    1) Galerie Simoncini, 6, rue Notre-Dame, L-2240 Luxembourg, ouvert mardi à vendredi de 12 à 18 h. et samedi de 10 à 12 h. et de 14 à 17 h, ou sur rendez-vous. (Tél. 475515), jusqu’au 13 janvier 2019.

    2) Fondée en 1864 : https://fr.wikipedia.org/wiki/%C3%89cole_Duperr%C3%A9

    3) http://lesbeauxartsdegarches.com/32-artistes-m/179-sylvie-menager.html

    4) La chamotte, ou tesson broyé, est une argile brute cuite à une température de 1300 à 1 400 °C, broyée et tamisée pour contrôler la granulométrie des grains obtenus (Wikipedia).- Le grès chamotté est une argile contenant un certain pourcentage de chamotte (par ex. 20, 30, ou 40%)

    5) www.zlv.lu/spip/spip. php?article11733

    6) … groupe dont je vous ai déjà parlé à plusieurs reprises en présentant le photographe et graveur Serge Koch.

    Tableaux d’Ann Vinck

    Weiterlesen
  • Kultur19. November 2018

    Filip Markiewicz’ Celebration Factory

    «Scherzo au vitriol sur une Europe qui avance à cloche-pied et façon Echternacher Springprozession», aurais-je envie de sous-titrer ce papier sur la dernière expo-installation de Filip Markiewicz. Je m’en garderai bien toutefois, laissant ce plaisir à mes lecteurs, qui ne risquent pas, eux ou elles, les foudres des organisateurs et de l’artiste. En fait, ma première rencontre avec le travail de Filip remonte à janvier 2009, la suivante à 2010 et la dernière en 2011, ce qui fait déjà une trotte. Quel plaisir par conséquent de retrouver enfin ce brillant rejeton d’une famille d’artistes (1) que la Pologne a cédé au Grand-duché (2), Filip donc, avec son imagination débordante et sa critique mordante servies par des qualités graphiques exceptionnelles! Mais cette fois, pas question de coincer son installation dans une galerie; et le Casino de Luxembourg, Forum d’art contemporain (3) n’aura pas trop de tout son 1er étage et ses diverses salles pour l’accueillir avec ses réalisations, son ironie, ses satires, sous-entendus, allusions et illustrations au 1er, 2ème ou énième degré.

    Avant de me lancer dans une présentation nécessairement sommaire de l’expo, tant elle est riche en création, je rappelle tout de même que Celebration Factory a été produite en collaboration avec Contemporary Art Northampton et a profité de la curatelle des commissaires d’expo Catherine Hemelryk et Kevin Muhlen. Ceci dit, dès votre entrée au Casino, on vous tendra, à la réception, un journal spécial en 16 pages, à peu près du format de notre Zeitung et intitulé «Celebration News», où l’affiche est mystérieusement tenue par un personnage genre prestidigitateur-chic-belle-époque que vous retrouver plusieurs fois à travers l’expo. Premier paradoxe-quiproquo-contre-pied-non-sens pour un personnage plus que séculaire: près de ses deux oreilles on lit respectivement FURO (et) DANCE. Quel rap(port)? Mystère! Et ça ne fait que commencer.

    Ce journal s’ouvre sur une «Interview avec Lech Wałęsa», en anglais, intitulée “We are in the era of the world” et sous-titrée “Interview conducted on June 14 2018 at the office of Lech Wałęsa at the Center of European Solidarity in Gdansk” (4). Il y est question d’Europe avec tous ses problèmes présents bien connus, ainsi que de mondialisation. Suivent une présentation trilingue (français, allemand, anglais) de l’idée, de la raison et du but de l’artiste, ainsi qu’un raccourci sur sa biographie et d’autres textes. Une fois ce papier en main, pourvus donc de quoi compléter chez vous votre connaissance de la Celebration Factory, il est temps de prendre la direction du premier étage, où vous attend l’exposition-installation de Filip Markiewicz qui, lui, n’attend pas et vous y introduit dès la première volée de marches.

    Là, bien en vue sur la paroi haute du grand escalier, pend une vaste affiche d’environ 1x2m, format billet de banque géant, du genre que Filip affectionne, où figure en tête Hashtag Dépression et, en médaillon, EUROPA. L’ensemble est rempli de symboles et allégories, comme vous en découvrirez tout au long de votre visi­te. Dans le hall du premier étage vous serez réceptionnés par une installation ferroviaire miniature truffée de toutes sortes d’allusions, notamment à la société de consommation, à la science, à la religion... Sans entrer dans le détail de tout ce qui vous attend, je vous signale encore, toujours dans le hall, un grand dessin (plus de 2x3m), où le célèbre lièvre d’Albrecht Dürer survole la cité-oasis de Palmyre, 3 autres dessins de têtes christiques accompagnées de cannettes (de Pepsi?) usagées et, au mur du fond, encore le fameux mage de cabaret-belle-époque.

    Mais j’en passe, amis lecteurs, tout comme je passe, faute d’espace, sur le poster aux «cent» paquets de cigarettes, sur le coureur s’esquintant devant l’illustration d’une foule de spectateurs assis, passifs, intitulée «We are the World», sur les séries de Trump, ainsi que sur la petite salle, où l’on projette en boucle un film en langue anglaise. Vous voilà enfin dans la grande salle, où les monstres abondent. Elle est équipée pour concert d’une scène avec tribune, mais aussi d’un grand escalier + échafaudage mobiles. Certes, on est loin du bruit, de la vie et des lumières de l’ouverture. En tout cas, lors de mon passage, tout était silencieux: idéal pour bien voir et mieux profiter de l’essentiel, de cet essentiel que les mondanités occultent. À part les splendides dessins de Filip inscrits dans des énormes billets de banque avec plein de Trump et autres effigies, vous y découvrirez des Beethoven, des statues de la liberté et autres allusions à ces monstres dont Wałęsa dit a Filip qu’ils surgissaient dans le gouffre se creusant entre la fin du vieux monde bipolaire et le nouveau, mondialisé, tardant à se trouver.

    «Le vieux monde se meurt, le nouveau monde tarde à apparaître et dans ce clair-obscur surgissent les monstres», écrivit Antonio Gramsci il y a déjà près d’un siècle. Lech Wałęsa en était-il conscient? Y faisait-il peut-être allusion? Ah, cette histoire, cet éternel recommencement! En fait, c’est bien ainsi – je pense –, qu’il faut comprendre le travail de Filip Markiewicz. C’est un appel à réflexion, une mise en garde contre l’abîme et les monstres qui y somnolent, ceux des nationalismes, du fascisme, du racisme, de la xénophobie, de tous ces renfermements sur soi et égoïsmes mesquins, monstres sempervirents dans le terreau de la médiocrité et de l’ignorance, monstres pouvant ressurgir en tous temps. N’est-ce pas plus ou moins ce dont parle le musée (5) dans sa présentation? Je cite: «Celebration Factory de Filip Markiewicz est le produit d’une Europe en mutation et marquée par de profondes crises, mais aussi une réponse artistique à ce nouveau paradigme sociopolitique. La fête et la célébration deviennent ici les véhicules d’une prise de conscience, d’un questionnement du système qui nous entoure ou encore d’une résistance au règne de la peur...»

    Et encore un mot sur l’artiste! Vous aurez déjà compris qu’il n’est pas homme à traverser l’existence sans poser de questions et chercher, à sa manière polyvalent, comment tenter d’y trouver des réponses. Né ici au pays en 1980, il a bu l’art avec le lait maternel (6), a grandi en musique, maîtrise la guitare, a obtenu un master en arts visuels et histoire de l’art à l’Université Marc Bloch de Strasbourg et a fondé le projet musical Raftside. Il vit et travaille à Luxembourg, Berlin ou ailleurs. Auteur, compositeur, musicien, dessinateur et plasticien, il a autoproduit depuis 1999 plusieurs albums situés entre post-rock et électro. En 2003 il fonde avec Karolina Markiewicz le «SALZINSEL Contemporary Art Magazine» et met en oeuvre de nombreuses installations visuelles et performances musicales. Quant à Raftside, il a intégré depuis 2007 six musiciens sur scène et s’est produit à de nombreux festivals. En 2008, Raftside a enregistré son album «Disco Guantanamo» incluant, outre les nouveautés, des morceaux réarrangés des précédents albums. Filip réalise aussi un clip pour le single «Naked» avec la danseuse butô (7) Yuko Kominami. Raftside se produit une dernière fois en solo sur scène à l’Exposition universelle de 2010 à Shanghai avant d’entamer une pause, puis de revenir sur scène en 2013 (8). En 2015, Filip a représenté le Grand-duché de Luxembourg à la 56e Biennale de Venise avec son projet Paradiso Lussemburgo. Aujourd’hui, découvrez sa Celebration Factory!

    Giulio-Enrico Pisani

    ***

    1) Sa mère, née en Pologne en 1949, est l’excellente artiste peintre Lidia Markiewicz, que je vous ai déjà souvent présentée dans ces colonnes. Sa soeur Karolina Markiewicz, qui a déjà collaboré avec Filip, est culturellement très active à Dudelange, mais aussi au Luxembourg (notamment au Casino de Luxembourg) et très engagée dans le social.

    2) ... du moins en partie, car il est foncièrement international.

    3) Casino Luxembourg, 41, rue Notre-Dame et 7, boulevard F. Roosevelt, Luxembourg ville, ouvert lundi, mercredi, vendredi, samedi et dimanche de 11 à 19 heures, jeudi de 11 à 23 heures. Fermé le mardi et le 25.12. Expo Filip Markiewicz jusqu’au 9 décembre 2018

    4) En français: «nous sommes dans l’âge du monde. Interview du 14 juin 2018 au bureau de Lech Wałęsa au Centre de Solidarité Européenne à Gdansk»

    5) Je dis le Musée, donc le Casino de Luxembourg, parce que c’est écrit dans son communiqué. Mais en fait je n’en sais rien, puisque on y mentionne © Aeroplastics, qui est une galerie d’art bruxelloise dont la page Internet www.aeroplastics.net/ renvoie au Casino de Luxembourg Forum d’art contemporain et à sn site www.casino-luxembourg.lu/fr/Expositions/CELEBRATION-FACTORY, où vous pouvez (et devriez) le lire dans son intégralité.

    6) Sa mère, née en Pologne en 1949 n’est autre que l’excellente artiste peintre Lidia Markiewicz, que j’avais déjà remarquée en avril 2005 lors du 20ème anniversaire du LAC au Rahm, puis en novembre 2006 et novembre 2008 lors d’expos individuelles, trois évènements que j’ai présentés à l’époque dans ces colonnes

    7) Le butō est une danse née au Japon dans les années 1960. Cette « danse du corps obscur » s’inscrit en rupture avec les arts vivants traditionnels du nô et du kabuki, qui semblent impuissants à exprimer des problématiques nouvelles

    8) Extrait notamment de https://fr.wikipedia.org/wiki/Raftside et https://fr.wikipedia.org/wiki/Filip_Markiewicz

    Filip Markiewicz : Trump dans un énorme billet de banque

    Weiterlesen
1 | ... 48 | 49 | 50 | 51 | 52 | 53 | 54 | ... 333 |