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    Philippe Noiret, John Lennon et bien d’autres : livres

    Après des débuts au théâtre, Philippe Noiret s’est consacré au cinéma. Sa forte personnalité lui a permis de mettre en valeur des personnages tour à tour débonnaires, ambigus, émouvants. J’étais tout juste âgé de 19 ans, lorsque j’ai assisté à une projection du film « Le Vieux Fusil » avec Noiret, initié depuis mon plus jeune âge, au cinéma, par mon père. Ce film m’a profondément marqué et je n’ai pas raté un seul film dans lequel Philippe Noiret a joué, depuis cette époque. Vous avez probablement vu et apprécier « Alexandre le Bienheureux » ; « Cinéma Paradiso », « Le facteur », « Le vieux fusil », « Père et fils », « L’horloger de Saint-Paul », « Les Ripoux », « La vie et rien d’autre », « Masques », « Coup de torchon » et j’en passe. Aujourd’hui, la fille et la petite-fille de l’acteur racontent le personnage étonnant et détonnant, homme hors du commun, tout de soie et de colères. Le livre de Frédérique Noiret et Deborah Grall-Noiret Philippe Noiret, de père en filles a été publié aux Editions Michel Lafon. (www. michel-lafon.com). Le même Editeur a consacré d’autres ouvrages à des personnages extraordinaires, émouvants ou magiques, dans la collection « Beaux Livres » : Johnny Hallyday, le livre officiel avec les photos de Daniel Angeli. Le photographe nous offre une belle palette de clichés saisis au vol, dans les moments les plus fous, les plus drôles, les plus vrais ; Les trésors de Michael Jackson, souvenirs et photos du roi de la pop de Jason King est un inoubliable livre-objet truffé de documents collector ; Albert Camus, solitaire et solidaire de Catherine Camus, un vibrant hommage à Albert Camus par sa fille, cinquante ans après sa disparition ; Frédéric Dard, mon père San Antonio de Joséphine Dard. Dix après sa disparition, Joséphine Dard lance un véritable cri d’amour à son père.

    Mémona Hinterman et son mari Lutz Krusche publient un ouvrage fascinant aux Editions Jean-Claude Lattès (www.editions-jclattes.fr ). Les auteurs racontent les histoires d’individus qui sont partis du mauvais pied. Il s’agit de véritables enquêtes sur l’instant où une vie peut basculer, et surtout sur l’instant où la vie reprend ses droits. L’histoire de Georges Charpak, déporté à Dachau en 1943, prix Nobel de Physique en 1992 ; celle de Dominique Loiseau, veuve d’un des plus grands chefs cuisiniers français disparu en 2003, aujourd’hui à la tête de son empire ; celle de Nora, une Algérienne qui, jeune fille, a échappé à un mariage forcé et qui s’est battue pour obtenir la nationalité française ; celle de Corinne, petite héroïne du quotidien, sans le sou, arrachant jour après jour le droit de subsister encore un peu, elle et ses deux enfants. Il s’agit là d’un livre exceptionnel. Chez le même Editeur, nous recommandons : 59 secondes pour prendre les bonnes décisions de Richard Wiseman ; Le ciel ne nous tombera par sur la tête de Sylvie Brunel et Jean-Robert Pitte.

    Pierre Brossolette fut un combattant qui a payé de sa vie ses engagements, mais la gloire attachée à son nom, son instrumentalisation au service de la mémoire résistante et de la gauche socialiste ont occulté l’homme et son parcours. Eric Roussel, grâce aux documents confiés par la famille et à des sources inédites trouvées en Angleterre comme en Russie, a écrit ce que l’on peut tenir pour la première biographie objective du personnage. Eric Roussel suit les pérégrinations de ce résistant de la première heure, du « Musée de l’Homme » à l’OCM et à Libération-Nord jusqu’à Londres où il va s’acharner à réunir autour du Général toutes les familles spirituelles et politiques. On mesure ainsi que sa disparition tragique, en 1944, a coûté à la France de la « Reconstruction ». Le livre Pierre Brossolette d’Eric Roussel est une co-édition entre les Editions Fayard (www.editions-fayard.fr) et les Editions Perrin (www.editions-perrin.fr). Parmi les récentes publications des Editions Fayard, nous recommandons : François Mauriac, biographie intime 1940 – 1970 de Jean-Luc Barré ; Guy Georges, la traque de Patricia Tourancheau ; Guerres secrètes en Afrique de Pierre Péan ; Notre humanité de Francis Wolff ; Nos ancêtres les Gaulois et autres fadaises de François Reynaert ; Nouveau dictionnaire d’histoire universelle de Dominique Vallaud ; Dans le cœur des hommes de Serge Hefez.

    Depuis toujours Johnny Halliday a rêvé d’être acteur. Bien avant la chanson, c’était sa première passion et cela reste, encore aujourd’hui, l’une de ses principales distractions. Cinéphile averti, boulimique insatiable, il connaît bien des aspects du cinéma mondial. Après des débuts précoces, il se lança dans une carrière en quatre temps : les films mettant en valeur sa popularité d’idole des jeunes, des participations amicales à des œuvres de plus ou moins grande envergure, des rôles sérieux dans des registres très divers et un retour en force à la fin des années 90. Le livre Johnny cinéma de Philippe Durant, publié aux Editions Favre (www.editionsfavre.com) offre un tour complet sur cette facette méconnue du plus célèbre des chanteurs actuels : sa carrière d’acteur. Découvrez sans plus tarder la collection « Biographies » publiée chez Favre.

    Après une enfance terrible, une plongée précoce dans l’immense célébrité, sa rencontre décisive avec Yoko Ono, des années d’errance et de drogue, John Lennon a décidé d’interrompre sa carrière en 1975, à l’âge de 35 ans, pour s’occuper de son fils Sean. Pendant cinq années, à New York, il s’est retiré de la vie médiatique et n’a pas sorti d’album. C’est au cours de cette période qu’il a pris le temps de réfléchir à la folie de son parcours. Jusqu’à ce que le cours de son existence soit brutalement interrompu, le 8 décembre 1980, jour de son assassinat par un déséquilibré. Imaginant les confessions fictives du créateur des Beatles pendant cette période méconnue de sa vie, fouillant dans ses souvenirs enfouis et devinant ses rêves les plus fulgurants, David Foenkinos dresse un portrait complet, intime et inédit de John Lennon. Le roman Lennon de David Foenkinos a été publié aux Editions Plon (www.plon.fr). D’autres incontournables nouveautés chez le même Editeur : Mémoire intime de Claude Chabrol ; Dictionnaire amoureux du rock d’Antoine De Caunes ; 183 jours dans la barbarie ordinaire de Marion Bergeron ; Dépasser Darwin de Didier Raoult ; Dictionnaire des provocateurs de Thierry Ardisson, Cyril Drouhet et Joseph Vebret ; Petit traité de vie intérieure, la philosophie pour mieux vivre de Frédéric Lenoir ; J’ai épousé un français d’Aïcha Kessler.

    Michel Schroeder

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    Mokhtar El Amraoui : Arpèges sur les ailes de mes ans

    221 poèmes d’amour et... une chanson désespérée ?

    Fallait-il vraiment que je paraphrase ici le grand Pablo Neruda en présentant Mokhtar El Amraoui ? Et pourquoi pas ? Compte tenu de leurs espaces culturels très différents, leur parenté est indéniable et leurs styles parfois assez proches. Coïncidence, ou influence du vieux poète chilien sur le jeune barde tunisien ? ¿Quién sabe ? Quoiqu’il en soit, chez El Amraoui comme chez Neruda, l’amour est partout, l’espoir fréquent, la colère aussi, le découragement sporadique et, à bien chercher, on leur trouve à tous deux au moins une « canción desesperada ».

    Professeur de français à Bizerte, Mokhtar El Amraoui est né en 1955 à Mateur d’un père algérien et d’une mère tunisienne, qui, chacun à sa façon, ont contribué à son épanouissement poétique. (1) La source jaillit vers 1970 ; fille d’Erato, rivière aux flots passionnés, elle s’élança à la fois joyeuse et grondante, ici torrent sans frein, là vortex sans fond. Toute chutes, gerbes d’écume, espoir et clameurs, elle se fraya un passage entre les falaises et à travers les gouffres où Mnémosyne l’attendait pour l’enrichir de l’esprit de ses autres filles : Calliope, Melpomène et Thalie. (2) Adulée, caressée, tourmentée, parfois maltraitée par son chantre durant dix années de maturation, d’engagement et de colère, Erato, la muse des poètes, l’accompagna dès lors, à la fois stimulante et indulgente, au cours de ce qui allait devenir son premier recueil : « Élans d’espoir (1070-1980) ».

    Son troisième poème, intitulé, justement, « Espoir », qui en représente le principe, sinon la quintessence, annonce clairement la couleur par « Je me tais, / Vous m’avez bâillonné / Mais l’enfant qui a faim / N’a pas cessé de pleurer... », passe par « L’homme qui combat » et culmine dans « Des chants d’espoir, / Des chansons de victoire. ». À 11.430 Km de là, « Victor Jara », lui, s’est élevé plein ciel sur les ailes de Mokhtar avec les « Oiseaux libres, / Oiseaux fiers du Chili... » auxquels Mokhtar crie : « Volez plus haut que le deuil, / plus loin que les larmes et les tristesses / Car son sang répandu, / Car ses chansons / Sont un bouquet d’espoir, sont un appel au combat ! »

    Mais à la montagne avec ses Roncevaux rêvés finissent par succéder plaines et collines, aux cascades les marais, aux lacs sans fond les étangs glauques, aux jeunes roches cristallines les sables mouvants, aux épaisses forêts de trop rares oasis. Le blanc n’est plus tout à fait blanc, ni le noir toujours noir et les falaises usées devenues plages de sable bordant les méandres nonchalants invitent davantage à la réflexion qu’au combat, plutôt à l’amour qu’à la vindicte, à la raison qu’aux impulsions. Le rythme se ralentit, la poésie s’apaise. Mais elle grandit, s’étend sur trois décades et forme un second recueil qui s’intitule « Rayons de lune pour funambule absent (1981-2010) »
    C’est surtout dans cette deuxième partie, à la fois moins dense et plus apaisée, que la poésie de Mokhtar El Amraoui s’épanouit pour ainsi dire poétiquement. Moins engagée, plus contemplative et jouissive, mais non dépourvue de lucidité et de sens critique, elle cède part de sa fièvre à ce que d’aucuns appellent sagesse et d’autres maturité. Résignation ? Non, sans doute pas, mais découvrant ses limites, le poète tend peut-être vers quelque forme de fatalisme. La lune du funambule absent éclaire désormais surtout l’amour. Erato y triomphe partout, même quand l’amour devient l’Amour ou, le plus souvent, emprunte des sinuosités sous-jacentes. Libérée de combats qu’elle ne peut gagner, la poésie de Mokhtar se livre davantage à son propre épanouissement, à sa poétique, à ses libertés surréalistes et au chant sempervirent de la vie, tout en se permettant quelques mordances et une continuelle partance.

    « Je vole, en frémissant, » clame-t-il, page 210, « Les dernières gerbes du soleil. // Derrière la vitre trempée, / Ta main tremble, / En tenant le même verre vide. » Et, douze pages plus loin, « Sans valises, / Sans mémoire, / Il décide de la portée de son clavier / Et ouvre, seul, / Les veines de la ville / Et ses cieux. ». Et plus haut, plus loin encore, au-delà des mille et une nuits, Mokhtar se réjouit que « La rose, jaillie des sables à dos de parfums, / Egaye, sorcière, du sein de la belle captive, la pointe. Son amour au long cours a scellé le destin / De l’amant aux aguets / qui se verse l’incendiaire vin. » Vers somptueux à l’érotisme délicat, que n’eussent renié ni Khayam ni Ronsard !

    Certes, aucun poète n’est toujours égal à lui-même et sur 222 poèmes de Hölderlin, Rilke, Apollinaire ou Darwich, il est difficile de trouver 222 chef-d’oeuvres. Peut-être qu’ici, pour les puristes, une sélection plus sévère se fût imposée et une centaine de ses sommets poétiques eussent suffi à assurer le renom de « notre » poète sans risquer de lasser le lecteur. Cependant, le lecteur, eh bien, parlons-en du lecteur, boulimique, curieux, enthousiaste et aventureux, poète lui-même pas sa lecture interactive, autant que l’auteur l’est par l’écriture, ce lecteur donc, refusera ce régime minceur. Et il a bien raison. Car les huit lustres qu’embrasse sa rhapsodie « Arpèges sur les ailes de mes ans » (3), où Mokhtar sous-entend à tout bout de champ (ou chant) ces vers de Neruda : « Je ne suis rien venu résoudre. / Je suis venu ici chanter. / Je suis venu / Afin que tu chantes avec moi. », ces quarante années donc, forment un tout.

    Sans être nécessairement un chant général, « Arpèges sur les ailes de mes ans » est la musique d’une vie, et ses deux recueils forment un binôme magnifique : deux orogenèses somptueuses avec leurs sommets, cols, vallées, crêtes, torrents, chutes, forêts, rochers, dryades, naïades, nymphes, tempêtes et étoiles calcinées. Mais ce couple de chaînes enchaînées sans véritable discontinuité au seuil de la 9ème décade du 20ème siècle n’en font en réalité qu’une seule autour d’une fracture/soudure unique aux reflets protéiformes. Et ceux-ci de provoquer de nouvelles diffractions communes à quasiment tous les cheminements poétiques : jeunesse–maturité, protestation–critique, espoir–lassitude, impulsivité–sagesse, amour–mort, sérénité–passion et j’en passe et des meilleurs.

    L’une des principales caractéristiques de la poésie de Mokhtar, est que l’interaction auteur–lecteur peut s’y développer et s’y épanouir librement. Ainsi que je l’esquissai plus haut et le formulai dans d’autres articles, l’authentique poésie est telle autant par son écriture que par sa lecture, qui peut même diverger de l’intention de l’auteur. En effet, le vrai poète est celui qui n’impose pas ses choix, n’écrit pas du tout cuit, ne fournit pas du prémâché. Il permet à son lecteur d’appréhender le texte à sa manière, à s’y retrouver, au moins en partie, lui-même, ce dernier pouvant même y introduire des éléments créatifs nouveaux, insoupçonnés : en fait ses propres sentiments et visions. La poésie est un dialogue entre poètes.

    Qu’on me permette à présent de conclure en vous recommandant chaleureusement la lecture de ce double recueil d’une grande richesse linguistique – les créations de mots, phrases et tournures y pullulent – et d’une harmonie poétique presque toujours réussie. Mais, de grâce, amis lecteurs, n’essayez pas de le dévorer en quelques heures. Vous passeriez à côté des subtilités qui distinguent les grands crus. Et si de courts poèmes, comme croqués en quelques trait de sanguine, peuvent y être saisis d’un coup d’oeil, d’autres, plus complexes, permettent parfois – n’allons pas jusqu’à dire : exigent – plusieurs combinaisons, recombinaisons et lectures. Ailleurs se forment des micro–romans surréalistes. D’autres pages encore vous nouent la gorge, ne vous bouleversent pas nécessairement, non, mais vous émeuvent à coup sûr. N’hésitez donc pas à ouvrir cette fenêtre sur notre ailleurs profond qu’est « Arpèges sur les ailes de mes ans ». Et, ne craignez rien : non ĕ vietato sporgersi !

    ***

    1) Mokhtar El Amraoui évoque aussi son défunt oncle maternel Belhassen Ben Chaabane, barde et poète, dont la générosité poétique se perdit trop souvent en oralité et en feuillets servant plus tard au fruitier ou à l’épicier. Nombre de ses poèmes ont toutefois échappé à ce dévoiement alimentaire grâce aux journaux de l’époque, à un livre de Mohamed Boudhina et au travail de Habib Ben F’dhila (Belhassen Ben Chaabane : Recueil de poèmes écrits entre 1930 et 1960 - Présentation et établissement de texte par Habib Ben F’dhila, 208 p. – 2001), info. CNCC@ Email.ati.tn

    2) Les neuf muses sont, selon la mythologie grecque, les filles de Zeus et de Mnémosyne, déesse de la mémoire. Parmi elles Érato préside à la poésie lyrique, Calliope à l’éloquence, Melpomène à la tragédie, Thalie à la poésie bucolique.

    3) Mokhtar El Amraoui : « Arpèges sur les ailes de mes ans » 288 pages, ISBN 978-9973-05-892-8, peut être commandé à Monsieur Noureddine Limam, Librairie Science et Culture, 24 avenue Taïeb Mehiri, Bizerte, 7000 Tunisie. Fax : +216.72431372.

    Giulio-Enrico Pisani

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    Mais quel problème avons-nous avec la mort ?

    Avant d’essayer de répondre à cette joyeuse question par quelques réflexions, il faut que je vous avoue, amis lecteurs, que l’idée de cette page m’a été suggérée par le splendide article de Jacques Wirion dans d’Land-Feuilleton du 5 de ce mois : « O Tod, reich mir deinen Stachel ! » (1). Très réceptif à la subtile philosophie wirionesque, que je connais par les nombreux articles, essais et recueils d’aphorismes de Jacques (2), mais divergeant sur certains points de son pseudo-appel à la mort, j’eus deux réactions. La première fut d’écrire au Lëtzebuerger Land sous « droit de réponse » ; mais je me suis dit « à quoi bon ? », puisque je ne conteste guère ce mini-essai dans son ensemble. La seconde, qui me parut plus constructive, fut de vous faire part dans notre bon vieux canard de mes propres réflexions sur le sujet.

    Notez, le fait que la mort, selon Jacques Wirion, puisse être équipée d’un aiguillon plutôt que de sa traditionnelle faux à blé, ne m’a pas troublé outre mesure. Je compris en effet très vite qu’il ne parlait point de la mort elle-même, mais de la grotesque perception qu’en ont, toutes croyances confondues, les membres de l’espèce « homo sapiens religiosus » (3). Je ne retiendrai toutefois ici ni l’un ni l’autre de ces redoutables instruments, dont il n’est guère souhaitable détourner l’usage premier : défense/agression chez les insectes et fauchage chez l’homme. Encore que, au 21e siècle, une mort religieuse moderne devrait préférer une moissonneuse-lieuse-batteuse-trieuse Fendt, Massey Ferguson ou autres John Deere dernier cri. Dieu ferait ainsi l’économie du purgatoire, les patients (pour l’éternité – ils ont intérêt à l’être, patients) de Satan seraient déjà mis en condition, sans compter les économies de main-d’oeuvre et de logistique célestes. Quant à George Clooney, il pourrait peut-être renoncer à corrompre St. John Malkovich (St. Pierre a été recalé au casting) à coups de capsules d’un certain espresso.

    Mais cessons donc de parler de cette perversion de l’esprit, qui est de croire que la mort serait l’état de l’être vivant quitté par la vie, ou, pis encore, maquiller cet état de non-être des bipèdes déraisonnables que nous sommes avec un fantaisiste placebo appelé vie éternelle. Celle-ci n’existe pas plus que la mort en tant que état. Ce que nous pouvons réellement redouter, ce n’est pas d’avoir quitté la vie – on ne craint plus rien à ce moment là, c’est la manière dont nous la quittons. Ce n’est donc pas la mort qui terrifie consciemment ou subconsciemment la plupart des gens. On craint le fait de mourir, c’est-à-dire le chemin vers le moment où l’on meurt, avec toutes les souffrances tant physiques que morales, plus ou moins grandes, plus ou moins longues, qui l’accompagnent. Car le fait d’être mort n’a en soi jamais dérangé personne, pas plus que de ne pas être né. Ou bien auriez-vous déjà entendu quelqu’un n’existant pas se plain-dre d’être mort, ou de ne pas être né ?

    La vie n’est en effet qu’un minuscule fragment, agité, désordonné, accidentel du temps. La vie n’est qu’une parenthèse dans l’éternité, une brève apparition entre deux néants. « La vie n’est qu’une ombre qui passe, un pauvre acteur qui se pavane et s’agite durant son heure sur la scène et que, ensuite, on n’entend plus… », écrivit il y a plus de quatre siècles William Shakespeare. À quoi on peut ajouter que, tout en étant partie prenante au sein du phénomène de la vie, l’être humain n’en est à son tour qu’une manifestation infinitésimalement minuscule. C’est une belle prétention et une aberration abyssale, de croire que des extrapolations imaginaires de cette brève apparition, donc conjecturées durant une microscopique parenthèse, puissent se réaliser de quelque façon. Et comment croire que le néant entourant ce quasi-rien coincé entre deux infinis (4), – l’avant et l’après –, soit peuplé de nos avatars se réincarnant à la chaîne, ou de nos âmes chantant sans fin les louanges d’un créateur, quand elles ne rôtiraient pas sur d’immenses barbecues ?

    En fait, ce qui nous touche, qui parfois nous fait peur, et ce, que nous ayons foi en quelque divinité ou non, ce n’est pas la mort, qui est le Rien et dont il n’est d’aucune importance que nous y croyons ou moins. Ce qui tourmente réellement la majorité d’entre nous, c’est donc le mourir en soi, qui est rarement indolore ou instantané et s’accompagne souvent d’une plus ou moins longue déchéance physique. Aussi, ne puis-je que m’étonner chaque jour qui me rapproche davantage de l’inévitable fin, comment et pourquoi des milliards de personnes se laissent fourvoyer par quelques millions de bonimenteurs de salut éternel. On comprendrait tout au plus que les masses s’en amusent, comme devant une tragicomédie horrifique, deus ex machina et autres effets spéciaux compris. Les producteurs, metteurs en scène et acteurs de ce grand cirque universel ne lésinent en effet pas sur les moyens et emploient des méthodes aussi hilarantes que surréalistes. Et ça marche. Et ça rapporte, car ils savent se moderniser, s’adapter. Leurs méthodes peuvent aussi bien tenir du magicien–illusionniste que du vendeur de potions universelles ou de lotissements sur Saturne. Et ne parlons même pas de leurs bons de réduction de peine de purgatoire (indulgences), voire même des acquittements ou non-lieux qui vous éviteraient l’enfer (absolution).

    Face à ces éléments, n’importe quelle personne sensée et disposant de son libre arbitre, c’est-à-dire affranchie de tout endoctrinement et préjugé, se demandera pourquoi tout ce beau monde croit (ou fait semblant de croire) à une vie après la mort. Lucide, l’écrivain hongrois Imre Kertész, cité par Jacques Wirion (tiens, encore lui !) dans son article « Glaubensverweigerung » (Kulturissimo 9.7.2009), affirmerait que « cela n’a aucune importance (de savoir) s’il (dieu) existe ou non (5), mais uniquement (de savoir) pourquoi nous croyons qu’il existe ou n’existe pas ». Et le philosophe Jean Quillen de rappeler que Wilhelm von Humboldt (6) avait déjà répondu à la question « Pourquoi croyons-nous en Dieu ? ». Parce que nous croyons qu’il existe ? Mais non, il a répondu : « Parce que, sans cela, notre vertu serait sans but ». Ajoutez-y le désir de voir les méchants punis, au moins après leur mort, donc dans une autre vie, et voilà réunis tous les ingrédients de la plus grande arnaque de tous les temps.

    Alors, tout comme dans les romans policiers, où l’on voit des flics corrompus chicaner ou tenter d’éliminer la nouvelle recrue honnête, qui compromet leur système de pots de vin, l’établissement théo-capitaliste condamne ceux qui, athées, font le bien sans exiger de ticket d’entrée au paradis. Les victimes de leur harcèlement sont donc ceux qui affirment tout haut que le roi est nu. Ceux que furent naguère, par exemple, pour l’église catholique, les sorcières et les savants hérétiques, sont aujourd’hui ces personnes qui affrontent l’opinion dominante pour clamer leur liberté de penser, ainsi que le droit à disposer de leur corps et de leur vie. (7) Encore heureux que chez nous les moyens de « persuasion » catholiques aient changé ; ce qui n’empêche pas que dans d’autres religions on massacre encore quotidiennement du mécréant présumé. Mais restons vigilants, car rien n’est jamais acquis. Après tout, la dernière guerre, sinon de religion, du moins envenimée par la religion, opposa en Europe orthodoxes, musulmans et catholiques jusqu’en 2001. Quant à imaginer des dignitaires catholiques comme l’Archevêque André Léonard, pourtant à peine intronisés par Rome, détenir quelque pouvoir, ça donne froid dans le dos. (8)

    ***

    1) En français : « Oh Mort, tends-moi ton aiguillon ! ». Wirion s’inspire ici de la première épître aux Corinthiens, ou l’on peut lire la question-invocation « Mort, où est ta victoire ? Mort, où est ton aiguillon ? »

    2) Notamment « Sätzlinge », Phi 1993, « Der Augenblick schwebt über dem Fluss », Phi 1999, « Sporen », Op der Lay 2005, « Unglaubensgespräch » C.H.Beck, München, 2006 et « Hirnflöhe », Phi 2006, présenté le 16.2.2006 dans ces colonnes.

    3) Appellation inexistante, bien sûr. Mais ne dirait-on pas des fois, que chez la majorité des primates humains (homo sapiens sapiens), certains chromosomes déterminant la raison et la sagesse (sapientia) ont été remplacés par ceux de la religion et de la superstition (religio) ?

    4) Et encore, exclusivement chez l’homme, du moins selon la plupart des religions, car il y en a qui accordent une âme aux animaux, voire aux végétaux et même au monde minéral.

    5) … avec tout ce qui l’accompagne, je suppose.

    6) Wilhelm von Humboldt (1767-1835), linguiste, diplomate et philosophe allemand, frère du célèbre naturaliste Alexander von Humboldt. Novateur et anticonformiste, il peut être considéré dans une certaine mesure comme étant le précurseur de Heidegger, Habermas et Noam Chomsky. Quoique croyant, Humboldt reconnaît ici implicitement que la religion est une institution destinée à maintenir dans la « vertu », donc dans l’obéissance, les subalternes, les femmes et les « petites gens ».

    7) D’authentiques démocrates – athées, libres penseurs, marxistes ou autres – ne voudraient jamais limiter le droit d’une femme à ne pas avorter, ou le droit d’une victime de maux insupportables de continuer à les endurer, ou celui d’un mouton à se faire tondre et réconforter par le berger de son choix.

    8) Lire « Gegenwind für erzkatholischen Hardliner » > Zeitung vum Lëtzebuerger Vollek du 13 novembre, page 4 (aussi sur www.zlv.lu).

    Giulio-Enrico Pisani

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    Minorités, psychanalyses, esthétisme… : livres

    Pourquoi les minorités réclament-elles des mémoires et non de l’histoire ? Est-ce parce que les mémoires cimentent les groupes, les minorités, et que l’histoire les universalise et les dissout ? Qu’elle risque d’effacer l’identité minoritaire elle-même et par là même de la plonger dans un oubli irrévocable ? Les mémoires tissées de souffrance sont vivaces et actives. Toutes les minorités ont-elles droit à la même portion d’histoire ? Sont-elles vouées à ne bénéficier que d’une histoire marginale ? Et si la marginalité, justement, réconfortait les identités de groupe et par la même occasion les replis sur ce que le groupe imagine intransmissible par l’histoire ?

    A travers une approche critique des Sciences Humaines, l’ouvrage L’histoire des minorités est-elle une histoire marginale ? publié sous la direction de Stéphanie Laithier et Vincent Vilmain, aux Presses de l’Université de Paris Sorbonne ( PUPS, Maison de la Recherche Université Paris-Sorbonne pups@paris-sorbonne.fr / www.presses-sorbonne.info ), pose les enjeux épistémologiques et méthodologiques des études consacrées au fait minoritaire. Parmi les contributions publiées dans ce livre, citons : Non réconciliées, Mémoire et Histoire d’Andrea Brazzoduro ; Définitions et méthodes d’approche des minorités sexuelles d’Erez Levon ; Notables juifs et noblesse urbaine chrétienne à Marseille au XIVème siècle de Juliette Sibon ; Juifs rapatriés d’Algérie, une minorité dans une minorité ? de Jacques Magen ; L’histoire des femmes, une histoire marginale de Glenda Gambus ; Etude comparative sur l’intégration des populations d’origine turque en France et en Australie d’Ekin Sentay ; Récits minoritaires et enseignement de l’histoire de l’esclavage de Sebastien Ledoux ; Sociohistoire contemporaine des musulmans des sociétés occidentales, mémoires, frontières, identités plurielles et communes de Rachid Id Yassine.

    Le Manuel de l’intervention sociale et éducative au Grand-Duché de Luxembourg, publié par les Editions Saint Paul ( www.editions.lu ) apporte une vue d’ensemble sur les multiples champs d’action du secteur social, sur les conceptions, théories et méthodes qui sous-tendent en général et de façon spécifique le travail socio-éducatif dans les domaines majeurs et divers de l’intervention au Luxembourg, ainsi que les sur influences internationales qui s’y manifestent. Cette publication comporte des contributions en langue française, ainsi qu’en langue allemande.

    Les psychanalystes ont toujours été soucieux de comprendre les ressorts inconscients de la réalité sociale et politique. Pour les premiers disciples de Freud, les névroses résultaient d’une société répressive dont il fallait modifier autant la morale que le système économique. Cette démarche obéissait, du temps de Freud, à un souci prophylactique. Il importait de transformer le monde et non plus de l’interpréter. Une telle conviction les a conduits, pour certains, à militer au sein d’organisations sociales ou politiques. Après l’avoir déserté, les psychanalystes réinvestissent aujourd’hui ce domaine dans le souci non pas de modifier les aspects du champ social considérés comme responsables du malaise psychique, mais de militer pour une conception du monde dont Freud avait pris soin de préciser que la psychanalyse devait se tenir éloignée. Le livre La psychanalyse française captive de la politique de Jacquy Chemouni a été publié dans la collection « Prétentaine » chez Beauchesne Editeur. (www.editions-beauchesne.com). Chez le même Editeur ont été publiés récemment : Faust, homme Renaissance de Jacques Le Rider et Bernard Pouderon ; Gabrielle Bossis, portrait, documents et témoignages de Lucia Barocchi ; Les châteaux du social de Samuel Boussion et Mathias Gardet ; Filles de Justice de Françoise Tetard et Claire Dumas.

    « Il n’y a pas de sujets. Il n’y a qu’un sujet : celui qui écrit », disait Léon-Paul Fargue. Cette ambiguïté fonde, bien au-delà de la littérature, l’idée d’une « expérience esthétique ». Elle ouvre toutes les questions relatives au sujet (et aux sujets) de l’art. Envisagées tant du point de vue de l’œuvre que du point de vue de l’artiste, ces questions nous rejettent aux limites de la pensée esthétique, sur ces marges où se font et se défont aussi bien la stabilité de l’œuvre que l’individuation du créateur. Or il est remarquable que ces marges soient les lieux qu’explorent par prédilection les artistes. C’est dans la collection « Esthétiques hors cadre », dirigée par Christian Doumet, Michèle Lagny et Pierre Sorlin, que vient d’être publié l’ouvrage L’art sans sujet aux Presses Universitaires de Vincennes (www.puv-univ-paris8.fr). Les contributions publiées dans cet ouvrage sont : L’œuvre a-t-elle un sujet ? de Pierre Sorlin ; L’art, l’esthétique, la manière de Gérard Dessons ; L’œuf et la poule. Remarques sur le supposé hypokeimenon de l’expérience esthétique de Thierry de Duve ; Proust aux limites de la philosophie de Mauro Carbone ; Le sujet de l’art chez Deleuze de Réda Bensmaïa ; Un sujet sans images ? de Michel Costantini ; Précarité du sujet poétique de Jérôme Game ; Hors sujet ou, d’un objet enfin sans sujet de Marie-Claire Ropars. Chez le même Editeur : Déesses et paillassons, les grands nus de Picasso de Jacques Terrasa ; Baroque cinématographique, essai sur le cinéma de Raoul Ruiz de Richard Bégin ; Le temps d’une pensée, du montage à l’esthétique plurielle de Marie-Claire Ropars ; Des images dans l’Histoire de Marie-France Auzépy et Joël Cornette.

    Michel Schroeder

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  • Kultur

    Lidderuucht Lëtzebuerg

    Au service du patrimoine folklorique et des chansons luxembourgeoises

    Le 11 avril 1984, des amis, amateurs et professionnels de la chanson luxembourgeoise, se sont réunis au Café Zeutzius au Fetschenhaff, afin de fonder une chorale folklorique dédiée à la chanson luxembourgeoise. La chanson traditionnelle et la chanson folklorique de notre pays étaient en perte de vitesse. Il était nécessaire de raviver la passion pour ce genre, de le situer au devant de la scène culturelle de notre pays, afin que les générations futures puissent toujours bénéficier et profiter d’un héritage culturel faisant partie de notre patrimoine.

    L’autre facette de ce vaste et intéressant projet était de faire renaître des traditions et coutumes bien de chez nous, avec des costumes traditionnels qui ont fait des époques, des lieux, héritage aux multiples facettes colorées et souvent extraordinaires. Lidderuucht Lëtzebuerg était né.

    Vingt six années après sa fondation, Lidderuucht Lëtzebuerg est devenu un groupe vivant et vivifiant, perpétuant des traditions inestimables.

    Lors des prestations, le public est toujours invité à chanter. Une ambiance chaleureuse et colorée est garantie. Chansons populaires, chansons de Dicks, chansons à boire et à jouer, créations originales, le tout dans une mise en scène d’époque, avec des costumes du bon vieux temps, que faut-il de plus pour passer quelques heures particulièrement agréables.

    Depuis sa fondation, cette association folklorique se produit un peu partout dans notre pays, ainsi que lors de manifestations à l’étranger : Fête des Nations à Stuttgart, Thummersbach en Autriche, Areler Land a Sprooch à Messancy, à Bonn, Festival Folklorique de Horsens au Danemark, à Karlsruhe, Festival Folklorique à Anvers.

    En moyenne, chaque année, l’Ensemble se produit à une trentaine de reprises, mettant à chaque fois à l’honneur le patrimoine folklorique de notre pays.

    Lidderuucht Lëtzebuerg a connu un immense succès lors de sa participation à l’émission Kein Schöner Land avec Günther Wewel et Camillo Feltgen et lors de son émission auprès du Saarländischer Rundfunk.

    Parmi les créations les plus emblématiques de Lidderuucht Lëtzebuerg : les pièces folkloriques et musicales, Dicks ; Land a Leit ; Mir fléien op de Mound ; E Nomëtteg bei der Bomi ; Kannergedanken ; Eng Rees an d’Schlaraffeland ; d’Joer op dem Karussel ; Samschdes, Sonndes, Méindes op der Pafendaller Kirmes ; Um Buer ; l’opérette Pafendaller Owend ; la M.C An der Uucht ; le CD Gutt gelaunt ; le CD Kommt an d’Uucht bei d’Lidderuucht ; le CD Lëtzebuerger Allerlee.

    L’Ensemble a souvent permis à des chorales d’enfants de participer à ses pièces folkloriques et musicales.

    Au sein de Lidderuucht Lëtzebuerg, René Hornick a été l’un des membres les plus extraordinaires, avec son talent aux multiples facettes : chanteur, compositeur, interprète, pédagogue. Il a composé de nombreuses chansons destinées aux enfants : Léif Mammi ; Oh Pappa, wat hues du nees gesticht ; Fir Mammendag ; Wann d’Mamma botzt ; O Pappa ; d’Moritat vum Räibermëchel ; d’Schwengskätty ; Eng kleng Rees mat der aller Eisebunn ; Dem Popi seng Kap, Di Fraleit ; Wat huet deen eng Glatz ; Muerges fréi ; Dem Giertner säi Päerdchen ; Zirkus um Baurenhaff ; Den himmelbloe Fiis’chen ; E butzegt Däreldéier ; d’Schielmess ; Un d’Blimmchen ; d’Kiermes am Bësch ; EE Frang, zwee Frang ; d’Krazen ; Mir bauen e Schnéimännchen ; de Sandmännchen ; Wou ass mäi Brëll ; Chreschtmaart ; de Nikela mat der Harmonika ; E Rollmops, een Hierk an e Beckerléck ; Eng Schossel Gequellter ; Ha-Ha Hatschi ; Eng léif kleng Benk ; An der Schnéifabrik ; Den Hieschen an de Schleck ; Men Kätzchen ; Mäi Petzi ; Mir bauen en Automobil ; Ons Déieren ; Zwee liddreg Mippercher ; Eng Schmier ; Doheem bei ons…. sur des textes de Josy Christen, Misch Gros, Alice Fisch et Rudy Ludes.

    René Hornick, ce fût également un nombre impressionnant de chansons tout public, mises en scènes, chantées, dans le cadre de pièces musicales et folkloriques, ou encore de veillées.

    Lidderuucht Lëtzebuerg vient de publier le CD Lëtzebuerg Allerlee. Il est possible de commander ce CD en contactant l’Association. Ce CD comporte les chansons suivantes : Nu loost mer eent sangen (Texte Putty Stein, musique Jo Faber) ; Doft vum Greechen (Texte J.P. Dieschbourg, musique Charel Günther) ; D’Lëtzebuerger Land (Texte et musique Dicks) ; Lidd vun de Biergmänner (Texte E. Kauth sur un air populaire) ; D’Rousen (Texte et musique Dicks) ; Margréitchen (Texte Michel Lentz, musique Laurent Menager) ; Sit e Giertner (Texte Dicks, musique Laurent Menager) ; Eng Rees mat der Eisebunn (Texte Misch Gros, musique F.P. Holler) ; Hierzegt Kand am Liichteschäin (Texte Batty Weber, musique Fernand Mertens) ; Déi Fraleit (Text Misch Gros, musique René Hornick) ; De léiwe Männchen (Texte Fritz Weimerskirch) ; Lëtzebuerger Spézialitéiten (Texte P. Kremer, musique J-P. Kremer) ; Krunnemécken (Texte Franz Seimetz, musique Nik Entringer) ; Ech sinn e groussen Hexemeeschter (Texte et musique Dicks) ; De Feierwon (Texte et musique Michel Lentz) ; Ons Heemecht (Texte Michel Lentz, musique J.A. Zinnen).

    Lidderuucht Lëtzebuerg est toujours heureux à participer et à animer des soirées, des matinées, que ce soit dans des salles ou en plein air. Il est possible de contacter l’Association afin de connaître les possibilités de program-me : comédies musicales et folkloriques, pot-pourri de chansons luxembourgeoises mises en scène dans un décor traditionnel. Les textes des chansons sont toujours mis à la disposition des spectateurs et des spectatrices, afin qu’ils et elles puissent participer activement au spectacle, atmosphère chaleureuse garantie.

    Tous ceux et celles qui souhaiteraient faire partie de Lidderuucht Lëtzebuerg sont également invités à contacter l’Association : Lidderuucht Lëtzebuerg, 52, Ginzestroos L-1621 Luxembourg Tél. 480363. (www.lidderuucht. com)

    Michel Schroeder

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  • Kultur

    SHOWDOWN à Esch avec « Monique Feltgen », la Reine luxembourgeoise du Crime

    La présence de Monique Feltgen sur la scène de crimes, d’enquêtes qui paraissent souvent inextricables, d’affaires criminelles effrayantes, douteuses, s’est inscrite au fil de ces dernières années, comme incontournable. Elle inspecte, dissèque, fourre son nez partout, ramène des preuves des tréfonds de l’âme humaine et de son imagination sans limites.

    Le coloris local ne manque dans aucun roman de l’auteur. L’action se déroule en des lieux qui nous sont connus. Ainsi, le lecteur participe encore plus intensément aux enquêtes, des enquêtes bien de chez nous, écrites avec les qualités que l’on exigerait d’un auteur international. Ce n’est pas pour rien que dès la publication de son cinquième polar, Monique Feltgen est à considérer, de façon tout à fait incontestable, comme Reine luxembourgeoise du Crime.

    Oui, Monique Feltgen, à l’instar d’Agatha Christie, est la Reine du Crime de notre pays. Elle mérite assurément ce surnom, dont je me dois de la gratifier, tant ses romans policiers regorgent de suspense, d’énigmes et de mystères. Des milliers de fans et de lecteurs/lectrices fidèles attendent avec impatience la publication d’un nouveau roman policier de l’auteur, dont le cinquième titre vient de sortir de presse, sous le titre Showdown in Esch, Tom Becker ermittelt wieder, (ISBN : 978 – 2 – 87963 – 791 – 4) publié comme tous les polars précédents de l’auteur, aux Editions Saint-Paul (www.editions.lu).

    Si depuis belle lurette, Monique Feltgen est l’auteur luxembourgeois de romans policiers qui connaît le plus grand succès, avec la publication de Showdown in Esch, Tom Becker ermittelt wieder elle apporte la preuve définitive de son immense talent. Elle maîtrise à la perfection les énigmes, le suspense. Un suspense riche, solide et permanent.

    Le commissaire Tom Becker coule des vacances idylliques à Sylt. S’il n’avait pas couru la plage ce jour là, il n’aurait pas découvert, par le plus pur des hasards, un doigt… Le coup d’envoi est donné, le coup d’envoi d’un scénario diabolique, d’une enquête menée tambour battant, avec ses imbroglios labyrinthiques. Les proches de Becker subissent des menaces, sont en danger, certains meurent. Becker doit accepter de l’aide. C’est sa seule chance, sans doute. Car il est devenu la proie d’un psychopathe. Becker atteint les frontières du supportable. Le contre la montre avec le temps, il doit, à tout prix, le gagner. L’enquête le mène du Nord à Esch-sur-Alzette, notre fière capitale du Bassin Minier. Etonnante Monique Feltgen, elle a réussi, alors que j’ai lu plusieurs thrillers et polars d’auteurs internationaux ces derniers mois, à les surpasser, tous, au niveau du suspense. Je vous invite à lire le Monique Feltgen « nouveau », tout frais débarqué dans les bonnes librairies, ainsi que tous ses polars précédents.

    A ce jour Monique Feltgen a publié cinq polars, ainsi qu’un Cd audio comportant treize brèves histoires policières, l’ensemble de son œuvre publiée aux Editions Saint-Paul.

    Das Rousegäertchen-Komplot : un polar extravagant, au cœur de la capitale, exportant ses ramifications dans l’espace prodigieux d’un auteur à la florissante imagination.

    Tatort Rollengergronn (ISBN 978-2-87963-704-4) : le commissaire Sven Faber ne sait plus où donner de la tête ! Pourquoi cette jeune et jolie femme a-t-elle était écrasée par un criminel ou un chauffard, devant le magasin bio du Rollengergronn ? Elle était appréciée et aimée de tous et de toutes, on ne lui connaissait aucun ennemi. Sven Faber est confronté à de nombreuses contradictions, mais aucune preuve n’émerge de son inlassable travail d’enquêteur hors pair. Soudain, un témoin décède, de manière naturelle ou non… l’enquête, de difficile, devient ardue. Autour du commissaire, règne l’impatience, celle du juge d’instruction, du père de l’enquêteur. Et ne voilà-t-il pas que son assistant semble perdre pied à son tour, ébréché par ces pistes multiples qui ne semblent mener à rien. En état de véritable détresse morale et intellectuelle, ses convictions sapées par un imminent échec, Sven Faber reçoit une aide inattendue, celle d’un disciple inconditionnel de l’informatique, une femme surdouée en la matière. Mais cette technologie moderne saura-t-elle venir à bout de l’énigme insurmontable, permettra-t-elle d’épingler le coupable ? Rien n’est moins sûr, enfin Faber n’y croit guère. Les lecteurs qui chercheront à trouver le coupable avant que le commissaire ne lui passe les menottes, ne seront vraiment pas nombreux. La Reine luxembourgeoise du Crime a frappé fort, très fort même. Nos félicitations Monique Feltgen.

    Endstation Steeseler Plateau (IBN 2-87963-656-6) : le commissaire principal Simon Veil est victime d’un attentat. Sa vie, son destin, sa carrière, tout semble s’effondrer. Il est indispensable qu’il disparaisse, du moins pour quelques temps. Il vient s’installer au Luxembourg, accompagné de sa fille Ana. La fuite a failli très mal tourné, à un cheveu près. Père et fille tentent de rassembler les pièces d’un puzzle gigantesque. Ils recueillent patiemment toutes les informations qui seraient en mesure d’expliquer le pourquoi du comment. Plus facile à dire qu’à réaliser, surtout que les malandrins qui en veulent à ce point à Simon Veil sont des criminels d’envergure, des intellos du crime. Peu à peu, les pièces commencent à former un tout, mais lorsque l’enquête aura dégagé l’iceberg, Simon Veil et sa fille, seront sacrément secoués. Non, vraiment, ils ne s’attendaient pas à cela ! Le lecteur est très surpris ! Monique Feltgen a concocté un polar qui colle à la peau des lecteurs, comportant des revirements de situations inattendus, un charme incontestable, des caractères peints avec justesse.

    Le Cd audio Mord héich 13, 13 kuerkrimien geschwat vum Yolande Roller contient treize histoires policières étonnantes, détonnantes, avec des intrigues surprenantes. Une agréable réussite.

    Todesfalle Knuedler (ISBN 978-2-87963-725-9) : cette fois, Monique Feltgen nous convie dans les milieux artistiques de notre pays. Une scène particulière, en tout cas très dangereuse. Deux jeunes galeristes, Eva May et Sarah Peters semblent bénéficier d’un destin doré. Mais ne voilà-t-il pas qu’une mystérieuse Comtesse parisienne a choisi d’exposer des œuvres de grande valeur, de feu son père, à la Galerie d’art « Galerie um Knuedler ». D’aubaine, la situation se transforme bien vite en malédiction ! Une dame est liquidée, le meurtrier fait en permanence un bras d’honneur au commissaire. Dure, dure, cette nouvelle enquête à la sauce Monique Feltgen ! Il s’agit d’un polar de haute volée, un roman que l’on ne lâche pas avant que toutes les énigmes soient résolues. Brillant.

    Michel Schroeder

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