Kultur10. Februar 2024

Exposition Emile Kirscht au Musée FERRUM jusqu’au 18 février

Le magicien des couleurs

de Michel Schroeder

Kayl-Tétange rend hommage à un peintre qui a marqué les mouvements artistiques de notre pays, Emile Kirscht (1913-1994), qui s’est forgé une solide réputation, grâce à son immense talent.

Vous pourrez découvrir un important florilège de ses œuvres (35 au total) exposées jusqu’au 18 février au Musée FERRUM au 14, rue Pierre Schiltz à Tétange. L’exposition est visible du jeudi au dimanche, de 14 à 18h, dans l’Espace Emile Kirscht, ainsi nommé en hommage à cet artiste incontournable.

Aux cimaises du Musée FERRUM, vous allez apprécier les huiles, gouaches, techniques mixtes diverses, linogravures, collages, acryliques, dessins et aquarelles, des œuvres réalisées entre 1947 et 1994.

L’exposition actuelle a été réalisée à l’aide d’œuvres de l’artiste issues des collections de la Commune de Kayl-Tétange (donation de Jean et Martha Haan-Duval), d’Anouk Kirscht, et de Léonce et Christiane Koehnen-Boeres.

Le dimanche 18 février, de 15h30 à 16h30, aura lieu une visite guidée de l’exposition par le curateur Paul Bertemes. Je ne peux que vous conseiller d’y assister, tant les connaissances de Monsieur Bertemes sur l’artiste sont immenses.

L’œuvre d’un fils du Bassin Minier

Un public fort nombreux a assisté au vernissage de cette brillante exposition. Paul Bertemes fit une introduction fort intéressante. Les personnes présentes furent très attentives à cet hommage vibrant et sensible, d’un fin connaisseur, qui a bien connu l’artiste.

L’œuvre d’Emile Kirscht est polyphonique.

Kirscht fut un très proche de l’artiste de Rumelange, Albert Hames. A l’aide de toute sa sensibilité, il a mis en scène le Bassin Minier, avec des scènes du quotidien des petites gens. Mais aussi des œuvres où le fantastique croise un réalisme à travers lequel on reconnaît immédiatement sa marque.

L’être humain est représenté dans de multiples mises en scène: femme à la cruche, femme aux fleurs, garçon au cerf-volant, garçon aux poissons rouges, un jongleur, une promenade à Rumelange, tante Emma… Ou des œuvres possédant une richesse de fantaisie et de fantastique, comme l’enfant au corbeau, le troll, les jumeaux... Kirscht a décomposé ses peintures pour, ensuite, les recomposer. Lorsque l’on regarde ses œuvres, on découvre toujours de nouveaux éléments, tellement elle est riche.

Celles et ceux qui ont eu la chance de connaître l’artiste se souviennent probablement qu’il aimait dire : «Peindre exige de la sensibilité, ainsi que de la créativité». «L’œu­vre d’Emile Kirscht possède une âme» a encore dit Paul Bertemes.

Dès la première exposition d’Emile Kirscht, Joseph-Emile Muller a dit de lui qu’il était un grand artiste qui évoluait avec constance, mais sans précipitation. Lucien Kayser a très vite reconnu en Kirscht un artiste authentique, un artiste qui a ouvert, balisé le chemin aux artistes contemporains.

Kirscht a connu un succès qui a largement dépassé les frontières nationales. Lorsque son père est décédé, il était encore enfant.

Plus tard, il a possédé un atelier dans une maison située non loin du Musée FERRUM. Dans les années quarante il a pratiqué la peinture figurative, éternisant notamment des coins de Rumelange. Ensuite, il est passé à l’expressionisme. Il a toujours eu un très bon contact avec l’Ecole de Paris. Emile Kirscht nous a laissé un héritage considérable, une œuvre forte, originale.

Il a toujours eu une relation intense avec les autres artistes. Toute sa vie il a gardé un contact étroit avec le Bassin Minier.

Prix Grand-Duc Adolphe, étapes de sa vie privée…

Emile Kirscht est né le 11 juin 1913 à Rumelange. Il nous a quitté le 26 octobre 1994. En 1927, âgé de 14 ans seulement, il réalise ses premiers travaux de peinture en parfait autodidacte. De son union avec Lisa Kayser, Anouk Kirscht est venue agrandir la famille.

En 1959, il a obtenu le Prix Grand-Duc Adolphe.

Ses œuvres font partie de collections du Musée national d'Histoire et d'Art de Luxembourg, de musées de l’Etat belge, de la Ville d’Esch-sur-Alzette, de la Ville de Rumelange, ainsi que de nombreuses collections privées au Luxembourg, et à l’étranger.

De nombreux écrits et analyses lui ont été consacrés, publiés dans des revues, des magazines, ainsi que des livres. Parmi les auteurs, citons Joseph-Emile Muller, Michel Raus, Paul Lanners, Danièle Wagener, Lucien Kayser, Paul Bertemes, Elisabeth Vermast, Guy Wagner…

Expositions personnelles et collectives

Ses principales expositions personnelles ont eu lieu à la Galerie d’Art municipale d’Esch-sur-Alzette, à l’Hôtel de Ville de Rumelange, au Centre Noppeney à Differdange-Oberkorn, au Lycée technique Mathias Adam de Pétange, et à la Galerie La Cité de Luxembourg, où il a exposé avec Jeannot Bewig. C’est à l’Escher Theater, en 1988, qu’a eu lieu une grande exposition de l’artiste. Ses expositions individuelles l’ont également conduit à Redu à la galerie Le Bâteau Ivre. Au Musée national d’Histoire et d’Art de Luxembourg eut lieu une exposition rétrospective à l’occasion de son 60ème anniversaire. Paul Bertemes fut le curateur, avec Léonce Koehnen, de l’exposition rétrospective qui a eu lieu à l’Escher Theater en commémoration du dixiè­me anniversaire de sa disparition.

Il a participé à de nombreuses expositions collectives, notamment au Salon du Cercle artistique de Luxembourg, à Namur, à Lyon, à Ostende, à La Haye, au Musée de Trèves, à Mondorf-les-Bains, à Liège, à Bruxelles, à Arlon, à Gand, au Grand-Palais à Paris, à Diekirch, à Grenade, à l’Espace H2O à Differdange...