Centre pénitentiaire de Luxembourg
Où en est la lutte contre la drogue ?
Le médiateur Marc Fischbach assume, depuis le mois d’avril de l’année dernière, la fonction de contrôleur externe des... « lieux privatifs de liberté ». Dans son rapport intitulé « Rapport relatif à l’entrée du détenu en milieu carcéral et à la santé en milieu carcéral » établi après une mission de trois semaines dans les centres de Schrassig et Givenich en automne dernier, il remet sur la table le phénomène de la présence de drogue en prison. S’il considère qu’il n’existera jamais de prison sans drogue, il souligne néanmoins le fait que 40% des personnes qui y arrivent sont considérées comme toxicomanes. Estimant que les autorités responsables pourraient faire mieux en matière de contrôle, il leur suggère notamment d’avoir recours à des chiens de dépistage de drogue propres aux établissements pénitentiares, considérant que des contrôles réguliers effectués non seulement au niveau du milieu carcéral, mais également sur les personnes qui y ont accès et les marchandises livrées, devraient avoir, selon lui, un effet dissuasif.
Après avoir pris connaissance de ce rapport, le député Xavier Bettel a interrogé le ministre de la Justice, François Biltgen, afin de connaître la quantité de drogue qui avait été saisie durant les derniers mois, les mesures qu’il envisageait de prendre afin de renforcer les contrôles et savoir s’il avait l’intension d’avoir recours aux chiens de dépistage, comme le lui a conseillé Marc Fischbach ?
Le ministre fait savoir qu’il n’y a pas eu ces derniers mois de variation au niveau des quantités saisies, soulignant au passage que la lutte contre les drogues en prison mérite une attention permanente, du fait que les drogues, leurs quantités, les voies et moyens pour les faire circuler changent continuellement.
Il rappelle que la lutte contre la drogue au Centre pénitentiaire de Luxembourg (CPL) est menée à trois niveaux :
réduction de la demande au travers d’actions de sensibilisation et de prévention, de la prise en charge et du suivi des toxicomanes, du traitement de substitution (une centaine de prisonniers concernés) ; etc.
réduction de l’offre, en procédant à des fouilles corporelles et des locaux, des tests d’urine, des interventions régulières des brigades canines de la police et des douanes, et au travail du CPL mené conjointement avec la police judiciaire. Toute découverte de drogue donne lieu à une dénonciation aux autorités judiciaires
réduction des risques, en sensibilisant et informant les détenus sur les risques et les comportements responsables, par la prise en charge médicale et psychologique des patients séropositifs et en mettant à disposition des produits d’hygiène ainsi qu’un service d’échange de seringues.
Il ajoute qu’au niveau de la réduction de l’offre, une réflexion sur le renforcement des contrôles est en cours dans le cadre de la réforme carcérale, en particulier au niveau de la base légale. S’il déclare qu’il s’agit d’améliorer la situation par « un usage proportionnel et adéquat des ressources humaines, matérielles et financières disponibles », il reconnaît cependant qu’il est difficile de renforcer les contrôles sans une augmention, même minime, du personnel qui y est affecté. Il considère que l’usage futur des chiens de dépistage, comme l’a proposé Marc Fischbach, n’est pas à exclure.
I.P.I
