Les voleurs d’amour au Théâtre National du Luxembourg
Une plongée dans les violences familiales, avec Nicolas Steil et Frank Hoffmann
En création mondiale au Théâtre National du Luxembourg, Nicolas Steil et Frank Hoffmann, avec «Les voleurs d’amour», livrent une pièce dure, nécessaire et profondément dérangeante, qui met en lumière les mécanismes de la violence au sein de la famille. Loin d’une vision idéalisée de l’amour familial, l’œuvre explore ce qui se joue lorsque l’amour est confisqué, dévoyé, voire utilisé comme instrument de domination et d’abus.
La pièce s’attaque frontalement à la question des violences intrafamiliales, tout en étant psychologiques, physiques et symboliques, en montrant comment elles s’installent dans le quotidien, sous couvert d’autorité, de protection ou de silence. L’abus n’est pas traité dans cette œuvre comme un événement isolé, mais comme un système, avec son enchevêtrement de peurs, de loyautés forcées et de non-dits qu’il qui emprisonnent les victimes et protègent les agresseurs.
Le titre «Les voleurs d’amour», prend ici tout son sens. Ici, la cellule familiale dysfonctionnelle dérobe aux enfants leur droit fondamental à une enfance sécurisée, à une parole libre, à un amour sans conditions ni violences. L’amour, censé être un refuge, devient un espace de contrôle, voire de destruction.
L’écriture de Nicolas Steil et de Frank Hoffmann se distingue par sa justesse et sa retenue. Le texte laisse apparaître la brutalité, ensuite la violence est montrée d’une façon tragique.
En donnant à voir et à entendre ces violences, la pièce remplit une fonction essentielle : celle de briser le silence. Elle interroge la responsabilité collective, le poids du secret et la difficulté, pour les victimes, de se construire lorsque les repères effectifs sont profondément altérés. Le théâtre devient alors un espace de révélation et de confrontation, invitant le spectateur à une réflexion éthique et humaine.
«Les voleurs d’amour» est une œuvre exigeante, qui ne cherche ni à rassurer ni à consoler. Elle confronte le public à une réalité douloureuse, mais indispensable à regarder en face. Par cette création, Nicolas Steil et Frank Hoffmann affirment un théâtre engagé, lucide et profondément humain, capable de faire entendre ce qui, trop souvent, reste-tu.
L’enfance maltraitée est un mal trop commun pour ne pas nous concerner. L’enfance maltraitée enchaîne des vies brisées. Cette pièce tente de montrer qu’il ne s’agit pas là d’une fatalité.
Dans les rôles : Colette Kieffer, la mère, François Camus, le père, Sophie Mousel, la fille aînée, Clara Hertz, la fille, Etienne Halsdorf, le fils, Hana Sofia Lopes, la femme, Mathieu Olinger, l’enfant.
Il s’agit d’une coproduction entre le Théâtre National du Luxembourg, le Théâtre Ouvert Luxembourg et FP Services.
Les prochaines représentations auront lieu les 7 et 13 février, à 19h30.
Prochain spectacle au Théâtre National du Luxembourg :
Big Mother, texte de Mélody Mourey, mise en scène de Véronique Fauconnet. Meloy Mourey, figure montante du théâtre contemporain confirme son talent pour interroger les enjeux brûlants de notre époque à travers un théâtre accessible et profondément humain et signe un thriller politico-journalistique haletant qui plonge le spectateur dans une enquête captivante, mêlant suspense, rebondissements et réflexions sur les dérives du Big Data. Véronique Fauconnet signe sa première mise en scène au TNL.
Cette pièce sera jouée au Théâtre National du Luxembourg le 27 février à 19h30, les 3, 5, 11 et 12 mars à 19h30 et le 8 mars à 17 heures.
Théâtre National du Luxembourg 194, route de Longwy L- 1940 Luxembourg Réservations : 47 08 95 1 info@tnl.lu

