Kultur09. August 2023

Le moulin à papier de Levelange, près de Beckerich

de Michel Schroeder

Nous avons visité, afin de vous le faire découvrir, chères amies lectrices et chers amis lecteurs, le moulin à papier de Levelange, lors d’une visite organisée par la Commune de Beckerich. Ce moulin est en cours de rénovation. Il contiendra un petit musée, des animations, ainsi que des visites spécifiques y seront organisées, destinées à toutes sor­tes de publics. Il a été classé par le Service des Sites et Monuments nationaux. Ce moulin est situé au Biekerecherwee à Levelange.

Lors de notre visite, des membres de la famille du dernier propriétaire du moulin furent présents. Ils expliquèrent que dans le canal du moulin ils avaient l’habitude de pêcher. On pouvait, en ces temps-là, y pêcher toutes sortes de poissons.

Ils descendaient également, en hiver, à traîneau de la colline et, arrivés en bas, ils traversaient la rivière, la Pall.

En plus de l’eau du ruisseau qui chute vers les palmes du moulin, l’eau d’une fontaine arrivait également sur les cylindres par des canaux souterrains qui traversaient les propriétés de différents particuliers.

Cette usine, lorsqu’elle était en pleine activité, n’avait aucune difficulté pour se pourvoir en chiffons dont elle n’a jamais manqué.

Quelques repères historiques

Au XVème siècle, le moulin de Levelange, appelé «die loemulen à Lefflingen » est, comme son nom l’indique, un moulin à tan. Il était exploité par Peter Vepples Eydem, qui, lui dépendait du seigneur de Guirsch. En 1555, la situation n’avait guère changé, car le meunier devait toujours des rentes, ou locations, au seigneur Wirich.

En 1782, le moulin à tan fût transformé en moulin à papier. Il était exploité par Dominique Labranche, maître-papetier, tout en appartenant toujours au Seigneur. La fabrication du papier était confiée à des maîtres papetiers.

Dans notre pays, la première papeterie date de 1689. Elle fut fondée par un immigré français et se trouvait aux portes de la ville de Luxembourg.

En 1811, la papeterie de Levelange était en tête des treize moulins à papier du pays. Elle utilisait plus de 44 tonnes de chiffons. La fabrique ou usine, comme on disait à l’époque, compta jusqu’à 23 ouvriers qui recevaient un maigre salaire et qui avaient l’usage gratuit d’une habitation. En 1824, le moulin changea de propriétaire et arriva entre les mains de Nicolas-François Michon d’Arlon.

En 1867, le nouveau propriétaire fut Mathias Schouweiler. Il demanda l’autorisation de pouvoir construire deux grandes roues à eau. En 1875, le moulin fut la proie des flammes. Reconstruit un an plus tard, on lui ajouta une boulangerie.

En 1896, le nouveau propriétaire d’alors Henri Beck, introduisit auprès du Conseil communal l’autorisation de construire une usine de tissage de coton. Mais la concurrence de la Fabrique de textiles Lazard, située à Oberpallen.

Félix Franck, après avoir acheté les bâtiments, y ajouta une scierie et en fit un moulin à farine moderne qui utilisera progressivement des appareils à cylindres pour moudre les grains. L’avantage de ces appareils était que le parcours du grain était moins long, ce qui accroissait la qualité de la farine qui était plus blanche. Puis, les époux Frank, propriétaires du moulin depuis l’année 1898, y ajoutèrent un commerce d’épicerie en 1921.

Au début du XXème siècle, on remplaça peu à peu les roues à eau par des turbines dont le rendement était bien meilleur. Le mouvement des turbines n’était pas utilisé directement pour actionner les meules, mais il était converti en électricité à travers un générateur.

Pendant la deuxième guerre mondiale, l’activité meunière reprit pour prendre fin vers 1952, date du mariage entre Florence Frank, fille du moulin et Théophile Brauch de Lellig.

Si le cœur vous en dit, il vous sera également possible de visiter le moulin d’Oberpallen, situé dans un beau bâtiment imposant, de couleur orange.