Kultur

SHOWDOWN à Esch avec « Monique Feltgen », la Reine luxembourgeoise du Crime

La présence de Monique Feltgen sur la scène de crimes, d’enquêtes qui paraissent souvent inextricables, d’affaires criminelles effrayantes, douteuses, s’est inscrite au fil de ces dernières années, comme incontournable. Elle inspecte, dissèque, fourre son nez partout, ramène des preuves des tréfonds de l’âme humaine et de son imagination sans limites.

Le coloris local ne manque dans aucun roman de l’auteur. L’action se déroule en des lieux qui nous sont connus. Ainsi, le lecteur participe encore plus intensément aux enquêtes, des enquêtes bien de chez nous, écrites avec les qualités que l’on exigerait d’un auteur international. Ce n’est pas pour rien que dès la publication de son cinquième polar, Monique Feltgen est à considérer, de façon tout à fait incontestable, comme Reine luxembourgeoise du Crime.

Oui, Monique Feltgen, à l’instar d’Agatha Christie, est la Reine du Crime de notre pays. Elle mérite assurément ce surnom, dont je me dois de la gratifier, tant ses romans policiers regorgent de suspense, d’énigmes et de mystères. Des milliers de fans et de lecteurs/lectrices fidèles attendent avec impatience la publication d’un nouveau roman policier de l’auteur, dont le cinquième titre vient de sortir de presse, sous le titre Showdown in Esch, Tom Becker ermittelt wieder, (ISBN : 978 – 2 – 87963 – 791 – 4) publié comme tous les polars précédents de l’auteur, aux Editions Saint-Paul (www.editions.lu).

Si depuis belle lurette, Monique Feltgen est l’auteur luxembourgeois de romans policiers qui connaît le plus grand succès, avec la publication de Showdown in Esch, Tom Becker ermittelt wieder elle apporte la preuve définitive de son immense talent. Elle maîtrise à la perfection les énigmes, le suspense. Un suspense riche, solide et permanent.

Le commissaire Tom Becker coule des vacances idylliques à Sylt. S’il n’avait pas couru la plage ce jour là, il n’aurait pas découvert, par le plus pur des hasards, un doigt… Le coup d’envoi est donné, le coup d’envoi d’un scénario diabolique, d’une enquête menée tambour battant, avec ses imbroglios labyrinthiques. Les proches de Becker subissent des menaces, sont en danger, certains meurent. Becker doit accepter de l’aide. C’est sa seule chance, sans doute. Car il est devenu la proie d’un psychopathe. Becker atteint les frontières du supportable. Le contre la montre avec le temps, il doit, à tout prix, le gagner. L’enquête le mène du Nord à Esch-sur-Alzette, notre fière capitale du Bassin Minier. Etonnante Monique Feltgen, elle a réussi, alors que j’ai lu plusieurs thrillers et polars d’auteurs internationaux ces derniers mois, à les surpasser, tous, au niveau du suspense. Je vous invite à lire le Monique Feltgen « nouveau », tout frais débarqué dans les bonnes librairies, ainsi que tous ses polars précédents.

A ce jour Monique Feltgen a publié cinq polars, ainsi qu’un Cd audio comportant treize brèves histoires policières, l’ensemble de son œuvre publiée aux Editions Saint-Paul.

Das Rousegäertchen-Komplot : un polar extravagant, au cœur de la capitale, exportant ses ramifications dans l’espace prodigieux d’un auteur à la florissante imagination.

Tatort Rollengergronn (ISBN 978-2-87963-704-4) : le commissaire Sven Faber ne sait plus où donner de la tête ! Pourquoi cette jeune et jolie femme a-t-elle était écrasée par un criminel ou un chauffard, devant le magasin bio du Rollengergronn ? Elle était appréciée et aimée de tous et de toutes, on ne lui connaissait aucun ennemi. Sven Faber est confronté à de nombreuses contradictions, mais aucune preuve n’émerge de son inlassable travail d’enquêteur hors pair. Soudain, un témoin décède, de manière naturelle ou non… l’enquête, de difficile, devient ardue. Autour du commissaire, règne l’impatience, celle du juge d’instruction, du père de l’enquêteur. Et ne voilà-t-il pas que son assistant semble perdre pied à son tour, ébréché par ces pistes multiples qui ne semblent mener à rien. En état de véritable détresse morale et intellectuelle, ses convictions sapées par un imminent échec, Sven Faber reçoit une aide inattendue, celle d’un disciple inconditionnel de l’informatique, une femme surdouée en la matière. Mais cette technologie moderne saura-t-elle venir à bout de l’énigme insurmontable, permettra-t-elle d’épingler le coupable ? Rien n’est moins sûr, enfin Faber n’y croit guère. Les lecteurs qui chercheront à trouver le coupable avant que le commissaire ne lui passe les menottes, ne seront vraiment pas nombreux. La Reine luxembourgeoise du Crime a frappé fort, très fort même. Nos félicitations Monique Feltgen.

Endstation Steeseler Plateau (IBN 2-87963-656-6) : le commissaire principal Simon Veil est victime d’un attentat. Sa vie, son destin, sa carrière, tout semble s’effondrer. Il est indispensable qu’il disparaisse, du moins pour quelques temps. Il vient s’installer au Luxembourg, accompagné de sa fille Ana. La fuite a failli très mal tourné, à un cheveu près. Père et fille tentent de rassembler les pièces d’un puzzle gigantesque. Ils recueillent patiemment toutes les informations qui seraient en mesure d’expliquer le pourquoi du comment. Plus facile à dire qu’à réaliser, surtout que les malandrins qui en veulent à ce point à Simon Veil sont des criminels d’envergure, des intellos du crime. Peu à peu, les pièces commencent à former un tout, mais lorsque l’enquête aura dégagé l’iceberg, Simon Veil et sa fille, seront sacrément secoués. Non, vraiment, ils ne s’attendaient pas à cela ! Le lecteur est très surpris ! Monique Feltgen a concocté un polar qui colle à la peau des lecteurs, comportant des revirements de situations inattendus, un charme incontestable, des caractères peints avec justesse.

Le Cd audio Mord héich 13, 13 kuerkrimien geschwat vum Yolande Roller contient treize histoires policières étonnantes, détonnantes, avec des intrigues surprenantes. Une agréable réussite.

Todesfalle Knuedler (ISBN 978-2-87963-725-9) : cette fois, Monique Feltgen nous convie dans les milieux artistiques de notre pays. Une scène particulière, en tout cas très dangereuse. Deux jeunes galeristes, Eva May et Sarah Peters semblent bénéficier d’un destin doré. Mais ne voilà-t-il pas qu’une mystérieuse Comtesse parisienne a choisi d’exposer des œuvres de grande valeur, de feu son père, à la Galerie d’art « Galerie um Knuedler ». D’aubaine, la situation se transforme bien vite en malédiction ! Une dame est liquidée, le meurtrier fait en permanence un bras d’honneur au commissaire. Dure, dure, cette nouvelle enquête à la sauce Monique Feltgen ! Il s’agit d’un polar de haute volée, un roman que l’on ne lâche pas avant que toutes les énigmes soient résolues. Brillant.

Michel Schroeder