«Kammerata Luxembourg» entame une nouvelle saison
Un étonnant clair-obscur pour célébrer les mois de fin d'année
Plus que toute autre discipline musicale, la formation chambriste souffre de porter l'idée d'enfermement jusque dans son nom. Raison suffisante pour l'équipe de «Kammerata» de clamer haut et fort, autour de sa sémillante présidente, Sandrine Cantoreggi, de se mouvoir de préférence sur les crêtes des confins d'un espace ouvert aux contacts, aux innovations, aux expériences inattendues et au monde dans ce qu'il peut receler d'imprévisible. Bien loin en tout cas de l'entre-soi convenu et compassé d'une poignée de connaisseurs étrangers à l'esprit de notre temps!
Nous nous en tiendrons dans ce premier volet aux seuls événements de l'année en cours qui débutera assez loin de chez nous, sur les bords de l'Elbe à Dannenberg précisément, pour y tisser une carte musicale inédite de «chefs d'oeuvres européens» sur laquelle Darius Milhaud et Francis Poulenc se permettront de tutoyer Mozart et Schubert.
(Vendredi 9 octobre dans le cadre du Wendländischer Musik-Herbst)
C'est sous le signe des «Jeux de timbres», enrichis par la guitare de Hany Heshmat, la flûte de Markus Brönnimann et le hautbois de Philippe Gonzalez, qu'une formation élargie gravira les remparts du château de Bourglinster à la recherche d'un abri dont la vocation chambriste n'est certes plus à démontrer mais où les timbres sont appelés à faire dialoguer des auteurs prétendument familiers (Mozart, Boccherini) avec les audaces de la modernité (Castelnuovo-Tedesco, Kurtàg).
(Dimanche 25 octobre, 17 h, château de Bourglinster)
Si vous doutez de votre goût pour les «Musiques funèbres», courez à Vianden pour vivre le cheminement qui mène de la sobriété recueillie de Schütz à la grandeur cérémonielle propre au faste britannique (Thomas Morley, Henry Purcell)! La rencontre prendra une ampleur supplémentaire avec l'«Ensemble Vocal du Luxembourg» et le concours de l'organiste Paul Kayser.
(Vendredi 30 octobre à 20 h, Eglise des Trinitaires)
Changement radical de décor (mais non de sujet) le lendemain: vous sortirez du registre funèbre pour vous mettre au diapason désormais obligé des torpeurs «Halloween» et de son apparence gothique, jusque dans votre habillement, si le coeur et la garde-robe vous en disent. Vous ferez par ailleurs connaissance d'un instrument qui ne court pas les salles de concert mais dont on nous promet des sonorités aptes à conjurer la magie du lieu: le thérémine (du nom de son inventeur, le Russe Léon Thérémine). Carolina Eyck lui soutirera des sonorités susceptibles de «rendre audible l'invisible».
(Samedi 31 octobre à 19h30, château de Vianden)
Toujours à Vianden, Laurent Peckels (basse), Julien Cuvelier (saxophone) et Maxime Magotteaux (batterie) épauleront la guitariste Veda Bartringer pour former un quatuor qui se propose de résonner à l'unisson de musiques de film.
(Vendredi 6 novembre à 20 h, Ale Kino de Vianden)
Retour au Château pour répondre à l'invitation de la Princesse «Jacquetta vu Lëtzebuerg», élève de la «Kinnekskannerschoul». Si vous appartenez à la catégorie d'âge «6 à 11 ans», vous pourrez assister à cette «Ecole d'une femme» qui posera des questions atypiques pour se préparer au dur métier de souveraine.
(Dimanche 8 novembre, 9h30 et 11h15, Château)
Toujours au Château, Béatrice Rauchs concourra à couler le quatuor à cordes dans la fluidité pianistique, à la faveur de Schubert bien sûr mais autant dans celle de Louise Farrenc qu'on n'arrête plus de découvrir et de mettre à un honneur trop longtemps refusé.
(Dimanche 8 novembre, 17 h, Château)
Après les ténébreuses escapades à Vianden, il est temps de sonder les «Lumières de Noël» dans une atmosphère susceptible de réveiller les capacités poétiques d'un chacun, loin de la mièvrerie et du sentimentalisme musical ambiant. Telemann, Stenhammar, Berlioz, Jolivet et Corelli ouvrent les portes à l'émerveillement si vous y tenez, mais aussi à la sobriété de la contemplation pure.
(Dimanche 20 décembre, 11 h, Lëtzebuerg City Museum)

