Vu pour vous à l’Ariston
«La Voix humaine», cris et déchirements d’une femme délaissée
Chères amies lectrices et Chers amis lecteurs de notre bonne vieille Zeitung, c’est avec beaucoup d’émotion que nous avons assisté, afin de vous en parler, à la représentation de la Voix Humaine, à l’Ariston, à Esch-sur-Alzette. Nous avons éprouvé une profonde admiration pour Maria Devitzaki, chant, Rhiannon Morgan, chorégraphie et danse, Konstantinos Diminiakis, piano.
Cette œuvre bouleversante, signée par le compositeur français Francis Poulenc d’après la pièce de Jean Cocteau, près d’un siècle après sa création, continue à fasciner, par son intensité dramatique. Œuvre singulière du répertoire lyrique, La Voix humaine repose sur un dispositif minimaliste. Sur scène, une femme, au téléphone, confrontée à la rupture amoureuse. Son interlocuteur, invisible, n’existe que par les silences, les coupures de ligne et ses réponses que l’on devine. Il s’agit d’un défi immense pour l’interprète, qui doit porter la tension dramatique de la soirée. Dans la version que nous avons applaudie à l’Ariston, mise en scène par Maria Devitzaki et Rhiannon Morgan, un second personnage épaule en quelque sorte l’amoureuse éconduite. Dans notre cas la chorégraphe et danseuse Rhiannon Morgan.
Le drame est encore plus et mieux souligné dans cette admirable version. Dans la version Cocteau / Poulenc, la femme délaissée est le plus souvent représentée comme une simple amoureuse meurtrie, qui se rabaisse sans cesse pour un homme manifestement peu intéressé par elle. Maria et Rhiannon ont décidé d’inverser ce regard. La voix de la soprano et le corps de la danseuse se conjuguent pour révéler le combat intérieur d’une femme vulnérable, mais résiliente.
Dès les premières minutes, le public a été saisi par la fragilité du personnage. Tour à tour fébrile, suppliante, ironique, désespérée, la femme tente de maintenir un lien déjà rompu. Dès les premières minutes, le public a été saisi par la fragilité du personnage, mais également par une sorte de force qui en émanait.
La dépendance affective, la difficulté de dire adieu, la tentation de s’humilier pour retenir l’autre : autant de thèmes universels qui trouvent un écho immédiat auprès du spectateur. Le temps d’une soirée, le public a retenu son souffle, suspendu aux mots d’un amour qui s’effondre, preuve que, lorsque la musique et le théâtre se rejoignent avec justesse, l’émotion demeure souveraine.
Le public, attentif et silencieux tout au long de la représentation, a réservé une ovation chaleureuse, à la fin du spectacle.
La Voix humaine est une coproduction entre l’Escher Theater, le Centre des Arts Pluriels d’Ettelbruck, avec le soutien du TROIS-C-L.
Prochains spectacles :
Jeudi 26 février, 15 heures et vendredi 27 février, 19 heures : Pas bête, philosophie canine, spectacle de cirque avec la Compagnie Les Plumes. (tout public à partir de six ans) – à l’Ariston au 9, rue Pierre Claude à Esch-sur-Alzette).
Samedi 28 février, 20 heures : Pupo, spectacle de danse de Komoco et Sofia Nappi (Italie) – (à partir de dix ans) à l’Escher Theater au 122, rue de l’Alzette L- 4010 Esch-sur-Azette ).
Samedi 7 mars, 20 heures et dimanche 8 mars, 17 heures : 12 hommes en colère, théâtre. Charles Tordjman adapte la pièce 12 hommes en colère de Reginald Rose pour le théâtre. L’œuvre a été immortalisée par le film culte de Sydney Lumet en 1957. À l’Escher Theater.

