Polars et thrillers de chez nous et d’ailleurs...
Je n’ai jamais considéré le roman policier, le thriller, le roman noir, comme un genre littéraire mineur. D’excellents titres sont publiés dans ces domaines. Mais jamais je n’ai éprouvé autant de plaisir en lisant un roman policier, écrit par un auteur luxembourgeois, qu’avec le nouveau polar de Monique Feltgen, publié sous le titre Todesfalle Knuedler aux Editions Saint Paul. Monique Feltgen possède un indéniable talent de conteuse et surtout elle maîtrise l’art du suspense avec efficacité. Avec son nouveau roman, l’auteur crée un univers dramatique, lance une enquête dans des lieux bien de chez nous. Deux jeunes galeristes sont aux anges. Une Comtesse française a décidé de leur confier l’organisation d’une exposition d’œuvres de feu son père, Antoine De Lacroix. Ce qui semblait être une bénédiction du destin s’avérera bien vite comme une malédiction, car il y aura meurtre. Le commissaire aura fort à faire pour découvrir le coupable. Todesfalle Knuedler est un polar haut en couleurs, en émotions, en rebondissements, en actions. Tous les romans de Monique Feltgen se déroulent au Grand-Duché, ce qui les rend encore plus attachants : Endstation Steeseler Plateau ; Tatort Rollengergronn. On aurait souvent envie d’accompagner les enquêteurs à la recherche du ou des coupables.
Restons en compagnie de Monique Feltgen et partons à la découverte du Cd Mord héich 13 (www.krimi.lu). Ce Cd propose treize histoires policières courtes, dites par Yolande Roller : Den Doudegriewer ; Mord am Supermarché ; Assuranceskandal ; Geféierlecht Geméis ; Falsch Gespenster ; De leschten Tour ; Doud am Spiggellabyrinth ; Dee leschten Tour ; Mord am TGV ; Sport ass Mord ; Domm gaang ; Déck Loft ; Verréideresch Posch. Des histoires aux touches et couleurs locales bien de chez nous. Je suis allé de surprise en surprise et de bonheur en bonheur en écoutant intégralement ce Cd. Monique Feltgen sait créer des atmosphères, des ambiances.
Aux amateurs éclairés de littérature policière et curieux je conseille la lecture du livre Le roman policier et ses personnages d’Yves Reuter, publié aux Presses Universitaires de Vincennes. (www.puv-univ-pari8.fr). Si les polars sont victimes de préjugés, ce livre remet les pendules à l’heure. L’analyse est juste, claire, intelligente. Le polar est un art à part entière. Il faut juste savoir quels éditeurs publient des textes de qualité et quels éditeurs publient n’importe quoi.
En 1888, un groupe de six intrépides a réussi à détruire Dracula aux portes de son château de Transylvanie. Vingt-cinq ans plus tard, ils sont dispersés mais le souvenir de cette périlleuse aventure où l’un deux a laissé sa vie les poursuit. Une mort inexpliquée devant un théâtre parisien et un deuxième assassinat d’une effroyable cruauté au cœur de Londres vont réveiller la peur. Du Quartier latin à Piccadilly, l’ombre de Dracula semble à nouveau planer…Les héros d’autrefois devront faire face à un ennemi insaisissable aux attaques sournoises ou d’une violence inouïe, mais aussi à leurs propres démons. De quoi brouiller les pistes et troubler les esprits, dans une intrigue menée avec maestria qui ressuscite la fantasme et la malédiction de l’immortalité. Dracula l’immortel de Dacre Stoker – l’arrière petit neveu de Bram Stoker – et Ian Holt a été publié aux Editions Michel Lafon (www.michel-lafon.com).
« Avec la vitesse, Paris avait des allures de fête foraine. Des lumières blanches, jaunes, bleues et rouges zébraient les quais, campant un autre monde : celui de la ville. Car sur la Seine, les policiers de la Brigade fluviale appartenaient à un royaume à part. Un royaume flottant. Quand ils remontaient le fleuve la nuit, ces hommes se savaient explorateurs modernes, chanceux de jeter sur la ville un regard vierge. Ils connaissaient Paris comme personne – dans ses profondeurs – et scrutaient son sang. Plus secret que les ruelles insoupçonnées, plus intime que le vagin des immeubles. La Seine emportait les histoires les plus tues, les plus sordides, charriait le tourisme et…la mort. Les policiers, penchés sur ses pulsations, ressentaient son rythme, son humeur. Pour l’instant, tous communiaient en un vœu : ne pas avoir à plonger. L’eau était à 6° C. Ok, Ok, mais lorsqu’il y a disparition, noyade suspecte, alors on ne passe pas à côté ses obligations, mais aussi sa passion de la vérité. » Ingrid Astier, brillant auteur du roman noir Quai des enfers, publié aux Editions Gallimard (www.gallimard.fr) dans la collection « Série Noire » vit à Paris, face à la Seine, où elle soigne ses obsessions, comme les animaux de compagnie. Elle aime l’anatomie, le chocolat et le vin, sans discrimination de couleur, Faith No More, Rob Zombie, Trent Reznor et Schubert. Et traîner partout, où elle ne devrait pas être.
Avec sa série mettant en scène le commissaire Van In, Pieter Aspe est devenu le héraut de la ville de Bruges, dont il s’attache, à chaque nouvelle intrigue, à dépeindre les charmes, mais aussi les vices. Le collectionneur d’armes est le cinquième polar de Pieter Aspe, publié aux Editions Albin Michel (www.albin-michel.fr). Les enquêtes de Pieter Aspe sont toujours passionnantes par leur atmosphère flamande. Psychologie parfaite, dialogues piquants, personnages bien dessinés : de bons polars bien mijotés, servis chauds, livrant leurs secrets au fil de pages menées de main de maître. Super-grand.
Michel Schroeder

