«Anna Karenina» au Théâtre National du Luxembourg
Frank Hoffmann et son équipage ont réussi un chef-d’œuvre à tous les étages
Nous avons été époustouflés, par la mise en scène fougueuse et pleine d’entrain, de Frank Hoffmann de l’œuvre monumentale Anna Karenina de Léon Tolstoï. Deux heures d’un spectacle grandiose, la frontière entre cinéma et théâtre, ici, était finalement assez vague. Toute l’étoffe d’un chef d’œuvre de l’art théâtral était au rendez-vous !
On sait que Frank Hoffmann est très loin d’être un débutant et qu’au fil de sa longue carrière il, à son actif, de nombreuses prouesses et réussites. Mais, dans sa mise en scène d’Anna Karenina, à laquelle nous avons assisté au TNL (Théâtre National du Luxembourg), il s’est surpassé. Il avait choisi, au préalable, fort méticuleusement, actrices et acteurs qui allaient revêtir la peau des personnages de la pièce : Marc Baum dans le rôle de Lewin, Nickel Bösenberg dans celui de Karenin, Luc Feidt dans celui de Stiva, Carolin Freund dans celui d’Anna, Nora Koenig dans celui de Dolly, Luc Schiltz dans celui de Wronski et Christiani Wetter dans celui de Kitty.
Toute l’équipe a été formidable, que ce soit sur scène, en coulisses, au niveau de toutes celles et ceux qui ont eu une charge au niveau de cette pièce, afin qu’elle devienne ce qu’elle a été, un chef-d’œuvre. Chef-d’œuvre que vous aurez encore l’occasion d’applaudir lors des prochaines représentations.
Publié en 1877, Anna Karénine de Léon Tolstoï est souvent considéré comme l’un des plus grands romans de la littérature mondiale.
«Toutes les familles heureuses se ressemblent ; chaque famille malheureuse est malheureuse à sa manière».
Cette phrase célèbre qui ouvre ce roman touche directement au cœur du problème, et se décline ensuite comme une roulette russe à six balles. Cette adaptation du roman fleuve, à travers sept personnages hauts en couleur, une quête du bonheur, d’abord vouée à l’échec : celle d’une femme qui se rebelle contre le système social, et qui est brutalement exclue par la société pour cette rébellion, conformément aux conventions du 19ème siècle.
Les hommes et les femmes prennent chacun leur chemin, différent. De la famille à la liberté, de la vie à la mort, de l’orgueil au préjugé, de la honte à la culpabilité. Des illusions perdues, des visions utopiques de la vie et des rêves brisés en miettes. Des tigres blancs, des ours dansants condamnés à mort, des étoiles découvertes et des abîmes infranchissables. De la lumière et des ténèbres. Une histoire d’amour sur l’impossibilité de l’amour et la fugacité du bonheur : le bonheur est un papillon.
Sur la scène du Théâtre National du Luxembourg, cette œuvre grandiose (je me répète) il y avait des lumières et des ténèbres, mais aussi des papillons …
En conclusion, Anna Karenine est bien plus qu’un simple roman d’amour : c’est une œuvre profonde et complexe qui explore les contradictions de l’être humain et de la société. À travers le destin tragique d’Anna, Tolstoï nous invite à réfléchir aux conséquences de nos choix, à la quête du bonheur et aux limites imposées par les conventions sociales.
Prochaines représentations : Cette co-production entre le Théâtre National du Luxembourg et le TAK Theater Liechtenstein auront lieu au TNL au 194, route de Longwy à Luxembourg, le mercredi 29 avril et jeudi 30 avril, à 19h30, le dimanche 3 mai, à 17 heures et le mardi 5 mai, à 19h30.

