Cinéma : «Les Misérables»
L’œuvre de Victor Hugo est un plaidoyer pour plus de justice sociale
«Les Misérables», film de Fred Cavayé, vient de sortir en salle. Il cartonne, attire un public nombreux. Ce qui est bon signe ! Remettre Victor Hugo au goût de jour, par les temps qui courent, des temps de plus en plus orientés vers les «vaches maigres», surtout pour les petites gens, est une très bonne chance.
Les rôles principaux sont interprétés par : Vincent Lindon qui incarne Jean Valjean, l’ancien bagnard qui tente de reconstruire sa vie et de se racheter par ses actes ; Tahar Rahim, dans le rôle du policier implacable lancé à la poursuitede Jean Valjean ; Noémie Marlant, dans celui de Fantine ; Camille Cottin, dans celui de Madame Thénardier ; Benjamin Lavernhe, dans celui du père Thénardier ; Megan Northam qui interprète la fille de Fantine que Jean Valjean promet de protéger …
Si bon nombre de critiques de cinéma ont émis des avis sévères au sujet de ce film, le public lui est fort favorable. Comme déjà écrit plus haut, le plus important n’est-il pas que ce film contribue fortement à crier à la face du monde que les injustices sociales sont encore le lot quotidien de nombreux humains. À travers le destin de Jean Valjean, Victor Hugo a laissé en héritage un plaidoyer en faveur de la justice, de la dignité humaine et de la fraternité.
Bien des spectateurs disent que le rôle de Jean Valjean a été taillé sur mesure pour Vincent Lindon. Après Jean Gabin, Lino Ventura, Jean-Paul Belmondo et Gérard Depardieu qui ont tous été des Valjean convaincants, Lindon procure au personnage de la force, de l’énergie, de la chair …
Dans son roman, Victor Hugo laisse entendre que Javert serait né en prison. Fred Cavayé creuse cette piste. Son Javert n’est plus une machine qui applique la loi, mais un homme qui cherche à enterrer ses origines sous son identité de policier.
Si dans le roman de Victor Hugo, la Thénardier est robuste et soumise, suivant son mari dans le mal, le réalisateur renverse le rapport de force dans ce couple : la Thénardier devient la véritable maitresse des lieux, tandis que son mari se montre lâche et guette les regards de sa femme, avant d’agir …
Victor Hugo montre que la pauvreté peut détruire des vies et pousser des êtres humains au désespoir. L’écrivain dénonce une société qui condamne les pauvres au lieu de les aider. Pour lui, la misère n’est pas seulement un malheur individuel : elle révèle une injustice collective.
Tout au long du roman, ainsi que du film, les actes de solidarité s’opposent à l’égoïsme, à la cruauté et à l’indifférence. Jean Valjean protège Cosette, Marius découvre l’amour.
Pour Hugo, une société véritablement civilisée ne se mesure pas uniquement à sa richesse ou à sa puissance, mais à la manière dont elle traite les plus vulnérables.
«Les Misérables», le roman, tout comme le film défend l’idée que les hommes peuvent construire un monde meilleur. Il s’oppose à une société qui laisse perdurer l’ignorance, l’exclusion et la pauvreté alors qu’elle possède les moyens de les combattre.

