«Babyphone» au Théâtre National du Luxembourg
Sascha Ley jubilatoire dans un texte de Guy Rewenig
Ces dernières années, à combien de spectacles de et avec Sascha Ley avons-nous eu le plaisir de découvrir ? Je suis bien incapable de me souvenir, mais il y en a eu, vraisemblablement tout un paquet. Et à chaque fois l’immense talent de Sascha nous a marqué. Mais, finalement, de combien de facettes jouit le talent de cette infatigable actrice, musicienne à qui tout réussit ?
Nous sommes allés l’applaudir récemment au Théâtre National du Luxembourg où elle était seule en scène, jouant le rôle des trois personnages du récit de Guy Rewenig, «Babyphone». Je n’exagère en rien en prétendant que Sascha est une bête de scène. Imaginez les mimiques multiples qu’elle est à même d’orchestrer et d’enchaîner à grand rythme, afin d’incarner l’un après l’autre, sans discontinuer, le père, la mère, ma fille.
«Babyphone», sous la baguette magique de Sascha Ley, devient une comédie de mots, une comédie théâtrale, une comédie de gestes et, par moments, une comédie musicale. Au chant, l’actrice est superbe aussi, faut le dire, sa voix est percutante et entraînante. J’avais lu le texte né sous la plume talentueuse de Guy Rewenig, avant d’assister au spectacle, je l’ai relu deux jours plus tard. J’arrive à la conclusion que la comédienne est d’une fidélité absolue à l’esprit de l’œuvre et que cette impressionnante création souligne son propos.
L’interprétation du texte de Guy Rewenig par Sascha Ley est jubilatoire. Je ne puis que vous conseiller de réserver votre place pour la dernière représentation de «Babyphone». Vous adorerez le spectacle !
Talaya, âgée de 17 ans, est alertée par un bruit bizarre dans un chambre. Lorsqu’elle se rend compte que cette cacophonie de sons provient de l’antique babyphone qui se trouve toujours, relégué dans un coin obscur de sa chambre à coucher. Si, lorsqu’elle était petite, cet appareil était utilisé principalement par sa mère pour l’observer, l’espionner, aujourd’hui c’est l’inverse qui se passe. Talaya a la possibilité de surprendre ses parents dans d’intimes discussions qui vont rapidement dégénérer en dispute et en un flot ininterrompu de reproches.
Le public en prend en quelque sorte pour son grade ! Parce que finalement avec ce texte Guy Rewenig nous balance à la figure un miroir comportant nos propres erreurs comportementales, nos propres errances, nos propres contradictions. Tout comme avec nos abus de pouvoir, nos perversions cachées, secrètes…
On ne sort pas indemne d’un texte de Rewenig. L’auteur se veut souvent incisif, critique. Il décape le vernis sociétal et nous l’offre en pâture. Dans «Babyphone» un couple qui se délite, qui va à vau-l’eau, une adolescente rebelle, des sentiments et des ressentiments qui éclatent, des manipulations, parfois extrêmes…
Prochaine représentation de «Babyphone» : Mardi 28 octobre, à 19h30.
Théâtre National du Luxembourg 194, route de Longwy L- 1940 Luxembourg Réservations : 47 08 95 1 info@tnl.lu
Le nouveau livre de Guy Rewenig publié chez Binsfeld
Ce récit brillamment interprété sur scène par Sascha Ley a été publié dans le recueil d’histoires de Guy Rewenig, publié aux Editions Guy Binsfeld sous le titre «Babyphone». Ce recueil contient 5 autres récits :
«Schwaarz». Un journaliste séjourne en Forêt Noire, dans le but de rédiger un reportage sur cette belle et profonde région. Mais ce qu’il va découvrir le déstabilise.
«Cambrioleur» : Un gentleman cambrioleur s’introduit dans une villa cossue. Il séquestre la propriétaire. Que va-t-il se passer ?
«Sécher» : Depuis bien des années la destination de vacances de Marco Metz est Palma. Il y séjourne toujours accompagné de son épouse. Mais lors de ses récentes vacances à Palma, il ne parvient pas à se détendre. Il lui est impossible de prendre la distance nécessaire de son métier compliqué d’agent de sécurité.
«Broch» : Monsieur Kreff est mécontent de sa petite taille ! Il décide de se faire agrandir « médicalement ». Il va finir par se retrouver dans une impossible situation.
«Trois bonnes raisons d’emmener une machine à coudre en vacances» : Deux hommes solitaires se retrouvent, une fois par semaine, au Café Cathédrale dans la capitale. Quelles en est la raison ?
