Jeannot Roller à Walferdange jusqu’au 1er octobre
Celui qui parvient à dompter le métal
Jeannot Roller vit et crée à Helmdange, dans la région de Mersch. Il vous sera possible de voir des œuvres de cet artiste encore aujourd’hui samedi et demain dimanche de 14 à 18 heures à l’Espace-Galerie CAW à Walferdange, sis au 5, route de Diekirch.
Cette belle exposition retrace le parcours créatif de cet artiste qui n’est jamais en manque d’inspiration. Le métal est sa muse, il lui associe volontiers du bois. Ses créations intéressantes, sont surtout plaisantes et agréables, et ce à plus d’un titre.
Si vous lui demandez comment il parvient à sculpter des œuvres aussi diverses, la réponse phare de Jeannot Roller est : «Le métal, il faut apprendre à le dompter.» Et cela, il le fait à merveille, car il aime le métal sous toutes ses formes.
Jeannot Roller a enseigné la serrurerie et la ferronnerie d’art pendant plus de deux décennies au Lycée technique du Centre. Depuis qu’il a pris sa retraite, il consacre la majeure partie de son temps à la sculpture artistique.
Au tournant du millénaire, en l’an deux mille très exactement, a eu lieu sa première exposition qui portait le nom «Métal emol anescht - Le métal différemment».
On disait que l’avenir, ce serait le fer
Dès l’enfance, Jeannot Roller a ressenti un penchant créatif. «Enfant», nous a expliqué l’artiste, «je m’intéressais beaucoup au dessin, à la peinture et à l’art en général. Mon père était serrurier. C’est de là, probablement, qu’est venue l’étincelle. Adolescent, j’ai voulu devenir menuisier. Mais, à l’époque, on disait que cette discipline n’avait pas vraiment d’avenir. L’avenir, c’était et ce serait l’acier. J’ai alors fait un Certificat d'aptitude technique professionnelle (CATP) d’outilleur à l’école des Arts et Métiers, puis un brevet de maîtrise en qualité de mécanicien-ajusteur.»
Après avoir travaillé une dizaine d’années dans des entreprises de parachèvement de métaux, Jeannot Roller a entamé, en 1978, une carrière dans l’enseignement. «Pendant que j’enseignais au Lycée technique du Centre, j’ai éprouvé le sentiment qu’il existait d’autres pistes à explorer que celles des formes classiques de la ferronnerie d’art.»
Plus de 500 œuvres sont nées sous ses doigts
Jeannot Roller a réalisé ses premières sculptures en 1990. Il a fallu très peu de temps pour que le façonnage du métal se transforme en véritable passion. Je voudrais vous poser une question. Depuis qu’il fait des sculptures, combien en a-t-il réalisées jusqu’à présent?
Plus de 500 œuvres sont nées sous ses doigts, qui parviennent à créer des œuvres surprenantes, des œuvres originales et agréables à regarder.
Presque toutes ont changé de propriétaire. On s’arrache en effet les œuvres de cet artiste.
Jeannot Roller travaille l’acier, un peu le bronze, un peu le laiton, mais également le cuivre et l’étain.
Ecoutons l’artiste dans ses explications: «Pour réaliser les objets en métal, il est indispensable de maîtriser toutes les techniques, et de déployer un effort physique intense. Il s’agit d’une activité qui n’est pas sans danger. Une seconde d’inattention et on a vite fait de se blesser, de se brûler. Dans mon atelier, je suis également exposé au bruit et à la poussière. Pour la tôle, il faut, à l’aide de ciseaux spéciaux, couper le métal suivant une technique savante, l’oxycoupage. Ensuite, on chauffe le métal à plus de 1000°C, afin de le ramollir et avoir ainsi la possibilité de le modeler.»
«Au début, j’attaquais les pièces à l’instinct, suivant mon inspiration. Parfois j’avais des surprises, car le métal, lui, a envie d’aller là où bon lui semble!
Il faut vraiment apprendre à le dompter. Avec le temps et l’expérience, j’ai compris qu’il est préférable de réfléchir, de dessiner un concept, avant de se lancer dans une réalisation. Le nombre d’heures qu’exige la réalisation d’une sculpture est très élevé: de 20 heures pour une pièce de petite taille, à 200 et même 250 heures pour les œuvres plus grandes.
Vous venez de me demander d’où me vient l’inspiration. Voici la réponse: de la nature en général, de Salvador Dali. Je préfère les formes fluides aux formes rigides. Je préfère également l’art figuratif à l’art abstrait. J’aime beaucoup les formes rondes et féminines, les figures félines, les animaux préhistoriques, les masques primitifs. Je cherche également à composer des regards forts et des esquisses de mouvements.
J’associe régulièrement le métal à d’autres matériaux, comme le bois et le verre. Chacune de mes pièces est unique, je déteste répéter ce que j’ai déjà réalisé.»
Expositions et sculptures dans l’espace public
Depuis 25 ans, Jeannot Roller participe aux week-ends culturels organisés à Helmdange-Lorentzweiler. Chaque année, depuis l’an 2000, il participe à Lissewege-Bruges.
Il a participé à de très nombreuses expositions collectives, mais a également rencontré beaucoup de succès avec ses expositions personnelles à Rollingen, à Diekirch, à Steinsel, à Walferdange, à Bettembourg, à Esch-sur-Alzette…
On peut voir de nombreuses sculptures de l’artiste dans l’espace public: à l’Ecole des Rêves; à Heisdorf-Steinsel, devant l’école maternelle; Le hibou Grand-Duc, sculpture offerte au jeune couple grand-ducal par la population de Colmar-Berg en 2002; la grande sculpture dans le parc de Colmar-Berg, en honneur à Jean Diederich, dit «Bim»; Meeting au Parc Laval à Steinsel...
