Kultur31. März 2026

Vu pour vous au Théâtre des Capucins, Alias Anastasius

L’histoire réelle de la première femme condamnée pour homosexualité

von Michel Schroeder

Dans une mise en scène de Fritzi Wartenberg, avec les acteurs Via Jikeli et Max Gindorff, d’origine luxembourgeoise, la pièce «Alias Anastasius» déborde et décoiffe le public a plus d’un titre. Nous avons, à juste titre, apprécié la représentation à laquelle nous avons eu le plaisir d’assister au Théâtre des Capucins. Ce spectacle a été créé par le Berliner Ensemble.

Cette pièce s’inspire de la figure historique de Catharina Margaretha Linck, une personne dont la vie est à la fois fascinante et tragique. Née vers 1687, en Prusse, dans l’actuelle Allemagne. Elle est née fille, mais a adopté très tôt une identité masculine. Au cours de sa vie, elle a utilisé plusieurs identités, dont celle d’Anastasius Lagrantinus Roenstengel. Elle a réussi à vivre comme un homme pendant plusieurs années. Elle a même réussi à se faire engager dans l’armée, ce qui est tout à fait exceptionnel pour l’époque.

L’histoire de Catharina Margaretha Linck a pris un tournant décisif lorsqu’elle a épousé une femme, une femme qui l’a considérée ou accepter de la considérer comme homme. Leur relation a fini par être dénoncée. Le scandale a fait beaucoup de remous.

Catharina a été arrêtée et jugée. Elle a été condamnée pour avoir eu des relations sexuelles considérées contre nature, selon les normes morales et religieuses de l’époque.

En 1721, elle a été exécutée par décapitation.

Sur la scène du Théâtre des Capucins cette histoire a bénéficié d’une mise en scène contemporaine, d’un jeu d’acteurs qui a suscité l’enthousiasme du public. Les principaux éléments de la vie ont été évoqués, souvent de manière forte, sans tabous, avec des mots et des gestes souvent limites. Raison pour laquelle la pièce avait été déconseillée à un public trop jeune ou encore à des personnes trop sensibles.

«Anastasia Anastasius» ne se contente donc pas de raconter une histoire fictive. Elle s’appuie sur une réalité historique pour interroger des thèmes profonds comme l’identité de genre, les normes sociales rigides et la répression juridique et religieuse. Elle propose ainsi une relecture contemporaine de la vie d’une personne réelle, dont l’existence a été brisée par les contraintes de son époque.

L’acteur Max Gindorff est né à Belvaux en 1994. Il fait partie de cette nouvelle génération d’acteurs luxembourgeois très mobiles, actifs entre le Luxembourg, l’Allemagne et l’Autriche. Après ses études au prestigieux Max Reinhardt Seminar à Vienne, il a déjà joué dans de nombreux films, téléfilms et pièces de théâtre.

Prochain spectacle de théâtre au Grand Théâtre

«Ivanov», d’Anton Tchékov, dans une adaptation et une mise en scène de Myriam Muller, avec Mathieu Besnard, Denis Jousselin, Nicole Max, Jorge De Moura, Sophie Mousel, Valéry Plancke, Manon Raffaelli, Raoul Schlechter, Pitt Simon, Anouk Wagener et Jules Werner. Au Grand Théâtre, le mercredi 15, le vendredi 17, le mercredi 22, le jeudi 23 et le vendredi 24 avril, 19h30, ainsi que le dimanche 19 avril, 17 heures. Il s’agit d’une production des Théâtres de la Ville de Luxembourg.