Kultur16. Juli 2022

Jusqu’au 23 juillet à la Galerie de l’Escher Theater

Les nombreux messages de Massimo Beni dans ses peintures à l’huile

de Michel Schroeder

Avec sa dégaine décontractée, ses cheveux en catogan, un sourire permanent affiché avec sincérité et sérénité, c’est lui l’artiste ! Un vrai artiste, un mec qui, à travers son art, dit, dénonce, revendique, crie, hurle même ces choses et ces faits qui ne vont pas, qui ne vont plus dans notre société, ces faits qui déchirent et qui font mal.

Allez voir son exposition à la Galerie de l’Escher Theater, vous comprendrez, vous découvrirez à quel point Massimo assume, assure, ne reste pas dans son coin à ronronner gentiment lorsque la société déconne.

Massimo Beni, son nom dénonce sa nationalité. Massimo est rital, un rital au sang qui coule à toute vitesse dans ses veines, un sang qui lui monte à la tête lorsqu’il voit et observe certaines choses.

Merci Massimo de nous montrer et de nous dire tant de choses à l’aide de tes peintures à l’huile.

L’artiste nous a dit lorsque nous l’avons rencontré à l’Escher Theater : « Ech huele kee Blat virun de Mond ». Je vais essayer de traduire « Je n’hésite pas à dire ce que j’ai à dire ».

Naïf, mais pas dupe notre artiste !

Massimo Beni est né en 1971. D’origine italienne, il est de nationalité luxembourgeoise. S’il est né à Differdange où il a passé une partie de son enfance et de sa jeunesse, aujourd’hui il vit et travaille à Esch-sur-Alzette.

Les responsabilités de son travail l’ont amené à séjourner à de nombreuses reprises au Brésil. C’est de là que lui vient l’expression naïve de son art. Naïf, mais pas dupe !

Car c’est à l’aide de cet art d’expression naïve qu’il parvient à illustrer le mal-être de notre société. De quoi parlent ses peintures à l’huile ?

De racisme, de religion, de guerre, de violence, d’addiction, de solitude, de dépression, d’illusion, ainsi que du défi de grandir dans un monde toujours plus exigeant et brutal.

En plus des messages pertinents de l’artiste, son actuelle exposition est un voyage à travers les mouvements artistiques du siècle dernier, puisque ses peintures possèdent également quelque chose du cubisme, du futurisme, de l’art abstrait, du dadaïsme, du surréalisme, du pop’art, du minimalisme.

Tout en surfant sur ces diverses influences, Massimo est avant tout lui-même, tel que vous allez le découvrir, l’apprécier et l’aimer.

À la Galerie de l’Escher Theater, Massimo Beni donne à voir également un aperçu de ses esquisses et de ses études de nus raffinés.

Quelques explications de Massimo lui-même

Ci-après je voudrais vous livrer quelques explications de l’artiste au sujet de quelques-unes de ses œuvres.

La rentrée des classes : Qui n’a pas entendu parler de la dernière fusillade dans une école aux Etats-Unis ?  Si ce n’est pas le cas, il suffit de naviguer sur internet pour constater que la dernière ne date pas de si longtemps. Cela pourrait être arrivé hier ou, même, il y a une heure de cela. Ma peinture représente un garçon qui se rend à l’école. Il porte un tutu par-dessus son short, ses genoux sont blessés et il joue avec un yoyo qui fait penser à une cible. Une arme automatique dans sa main gauche ! Son tutu est un signe de différence, ses genoux blessés sont la preuve qu’il est régulièrement harcelé pour sa différence. Dans ce cas, le tireur est aussi victime.

Jeux de guerre : Dans cette peinture je veux donner une interprétation différente de la guerre, ici elle est semblable à un jeu, mais quel jeu ! Nous sommes dans une salle de jeux. Un enfant nu tenant une épée et un bouclier, chevauche un cochon. Une affiche sur le mur montre deux avions de chasse qui se livrent combat. Vous voyez également dans cette peinture un ours en peluche qui est attaché, les yeux bandés. Veuillez observer que j’ai utilisé pour peindre l’enfant, ainsi que pour peindre le cochon, la couleur rose. Grâce à cette utilisation l’enfant et le cochon se confondent, se fondent l’un dans l’autre. Je dis à travers cette œuvre l’absurdité et l’atrocité de la guerre.

Le danseur blessé : Il y a des jours comme çà, on se sent blessé, brisé, mais il faut faire semblant de rien. Mon danseur a un genou blessé et il porte un éventail cassé. Le singe assis à sa droite représente tous ces gens qui voient le danseur, mais qui ne savent rien de lui, qui ne sont pas au courant de ses blessures. Tout le monde a déjà, je présume, ressenti cela : ne pas se sentir bien mais jouer la comédie, faire semblant…. faire semblant jusqu’à la fin.

Chinoiseries : Cette peinture est inspirée par des figurines de grosses dames et de l’insipide guerre fiscale de l’administration Trump avec la Chine.

Je montre également, dans des vitrines, mon travail avec des modèles. Oui, toutes mes œuvres ont pour base des croquis que je réalise avec des modèles.

Pour terminer, je voudrais encore dire qu’il vous sera possible, à la demande, de visiter l’atelier de l’artiste.