Kultur29. Januar 2026

Cinéma : L’affaire Bojarski

L’histoire d’un éminent faussaire entré dans la légende

de Michel Schroeder

«L’affaire Bojarski» est un long métrage historique qui revient sur l’histoire d’un célèbre faussaire après la Seconde Guerre Mondiale.

Ceslaw Bojarski, appelé Jan Bojarski, né le 15 octobre 1912 à Lancut, en Pologne, est mort le 2 mai 2003 à Saint-Sauveur, France.

La complexité de Jan Bojarski comme son activité peu commune en font un héros de cinéma parfait qu’on suit sur une vingtaine d’années de sa vie. La fascination que l’on éprouve pour lui est l’un des moteurs de ce films. Ce portrait d’un homme surdoué dont le talent a été gâché propose à la fois un divertissement à l’intrigue omniprésente, ainsi qu’une réflexion sur l’art.

Le réalisateur du film, Jean-Paul Salomé, s’est passionné pour ce destin singulier. Il a pris des libertés avec la réalité, mais a traité «L’affaire Bojarski» comme il l’a fait, avec l’approbation de la famille de ce celui-ci. Salomé a décidé de se concentrer en grande partie sur l’intime, ce qui est très rare pour ce type de sujet. Il laisse de la place pour l’imaginaire du public en évoquant aussi ses rapports avec l’épouse de Ceslaw et son amitié étrange pour un individu un peu spécial. Il montre Bojarski à hauteur d’homme, ce qui contribue à apporter au film une profondeur fort appréciée.

Bojarski a été le Cézanne de la fausse monnaie. Quand, au début des années 1950, la Banque de France découvre la circulation de faux billets de 1000 francs, elle ne pense pas être face à un faussaire d’exception. Pendant plus de dix ans, Ceslaw Jan Bojarski est demeuré invisible, grâce à une méthode discrète et une minutie imparable, écoulant les faux billets à des endroits différents, sans jamais attirer l’attention, en voyageant de nuit en train à travers toute la France. Plus impressionnant encore, Bojarski s’est chargé de toutes les missions.

Alors que les autorités ont pensé au départ avoir affaire à une organisation composée de plusieurs faussaires, Bojarski a tout fait lui-même, de la fabrication de papier ( en utilisant du paper de cigarette spécifique ), à la gravure, ainsi qu’à l’impression.

Ingénieur et inventeur de génie, Ceslaw Jan Bojarski a développé et construit dans le sous-sol de sa maison, les machines lui permettant de reproduire les faux billets. Dans les années 1960, après dix ans passés à se perfectionner, il est parvenu à reproduire le billet de 100 nouveaux francs Bonaparte, pourtant réputé infalsifiable. C’est ainsi qu’il est entré dans la légende.

Bojarski n’avait rien d’un criminel. C’est la société qui l’a poussé à devenir faussaire.

Au départ il était un artisan. Il a inventé des choses incroyables, mais ses origines polonaises ont fait qu’il n’a pas pu déposer ses brevets et qu’il a été forcé de trouver une autre façon de survivre. Ayant créé la capsule pour cafetières et le stylo-bille sans pouvoir jouir de ses trouvailles, il s’est recyclé dans la fabrication de fausse monnaie, en cachette de sa femme, incarnée dans le film par l’actrice Sara Giraudeau.

Les capsules pour cafetières et les stylo-bille ont rapporté des millions à leurs fabricants. Ils ont tous commis des bénéfices faramineux sur le dos de Bojarski.

Jan était si doué dans son travail que la police a mis longtemps à comprendre qu’il s’agissait d’un homme seul. Aujourd’hui les faux billets confectionnés par Bojarski sont considérés comme des œuvres d’art qui s’arrachent à plusieurs milliers d’euros dans les ventes aux enchères.

L’acteur Reda Kated incarne le rôle de Jan Bojarski, Sara Giraudeau celui de son épouse et Bastien Bouillon celui de l’inspecteur qui livre une chasse à l’homme pleine de rebondissements.