Kultur10. November 2023

Jusqu’au 12 novembre à la Konschthal, Esch

Une très visuelle exposition de Tina Gillen

de Michel Schroeder

Actuellement et jusqu’au 12 novembre inclus, vous avez la possibilité de voir, l’exposition «Flying Mercury» de Tina Gillen qui se tient à la Konschthal au 29-30, boulevard Prince Henri à Esch-sur-Alzette.

Cette artiste peintre luxembourgeoise développe depuis les années 1990 un langage visuel avec lequel elle examine la relation de l’individu au monde qui l’entoure, à travers les thèmes majeurs du paysage et de l’habitat.

Entre abstraction et figuration

Les travaux de Tina Gillen naviguent entre l’abstraction et la figuration, entre le monde construit et l’environnement naturel, entre l’espace intérieur et l’espace extérieur, entre le geste pictural et la rigueur du dessin, entre le traitement de la toile et la mise en volume du sujet.

L’artiste plonge ses sujets dans des univers sous tension et invite les visiteurs dans des atmosphères principalement figées, propices à l’observation et au questionnement.

En collaboration avec la curatrice Charlotte Masse, Tina Gillen a été invitée à concevoir une exposition en relation avec son œuvre et à prendre en charge la mise en forme scénographique de ce projet.

Cette exposition a été conçue dans la continuité de l’œuvre de l’artiste, avec une scénographie épurée. « Flying Mercury » se présente, après la participation de Tina à la 59ème Biennale de Venise, comme un lieu spécifique de rencontre entre l’artiste et son œuvre, rendant visible l’étendue de la recherche picturale.

Expériences avec le quotidien, avec nos quotidiens

Je reprends ici, partiellement, l’entretien que Christophe Gallois a eu avec l’artiste, ainsi que de ses confidences faites à nous:

Dans l’installation que je montre à la Konschthall il y a une résonance évidente avec l’expérience contemporaine de l’espace domestique : nous sommes à la maison, les écrans de nos télévisions, de nos ordinateurs ou de nos téléphones s’allument, et l’on découvre les foules à l’aéroport de Kaboul qui cherchent à fuir l’Afghanistan, les morts aux portes de l’Europe, les incendies ou les inondations provoqués par le changement climatique...

Comme beaucoup de personnes, je suis submergée par tout cela. Mon installation parle de ces images qui s’immiscent dans notre environnement domestique, de ces univers qui s’accumulent, se croisent et se superposent. Notre quotidien est désormais constitué en grande partie de ces images omniprésentes. Il faut bien-sûr y porter attention, la plus grande attention, mais il faut aussi pouvoir s’en extraire. La première qualité du refuge est qu’il est vide. Tout le monde devrait avoir son refuge...

Tina essaie de traduire le monde

Tina Gillen essaie simplement de faire partie du monde et de le traduire. Elle veut parler de son temps. En prenant un peu de recul, elle remarque qu’elle a essayé de rester fidèle à son parcours artistique, de parler du temps et de l’espace dans lequel elle se trouvait à chaque fois.

Elle explique qu’il y a sûrement une part de biographie dans son travail. Cette part n’est peut-être pas directement visible, mais pour elle, bien sûr, elle est là.

La peinture accompagne l’artiste. Elle a conscience que la peinture est une expérience qui se déploie dans le temps et dans l’espace, qu’il s’agit d’un cheminement.

Informations pratiques

Cette exposition a été réalisée sous la direction artistique de Christian Mosar, la curatrice est Charlotte Masse. Les remerciements de l’artiste vont également à la Galerie Nosbaum et Reding.

L’entrée est libre. L’exposition peut encore être visitée ce vendredi, samedi et diman­che, de 11 à 18 heures.

Il vous sera également possible d’acquérir le très bel ouvrage «Faraway, so close», publié par le MUDAM, dans le cadre duquel l’œuvre de l’artiste est largement présentée. Un authentique livre de collection.