Hygiène en milieu hospitalier
Et pourquoi pas de règles nationales ?
Au Luxembourg, chaque établissement hospitalier possède ses propres règles d’hygiène. Etant établies sur base de lignes de conduite émanant du ministère de la Santé, ces règles ne varient vraisemblablement que très peu d’un établissement à l’autre. Cependant, le fait d’avoir des règles identiques en matière d’hygiène dans tous les hôpitaux et cliniques du pays, favoriserait certainement la prévention des maladies et infections nosocomiales et renforcerait l’hygiène en milieu hospitalier.
C’est la thèse que défend le député Marc Spautz, qui a demandé au ministre de la Santé, Mars Di Bartolomeo, s’il ne partage pas son avis à ce sujet et, si c’était le cas, s’il est disposé à faire en sorte que ces règles nationales d’hygiène soient appliquées à court ou moyen terme ?
Le ministre explique que c’est sous la direction du directeur de la Santé, que le Groupe national de guidance en matière de prévention de l’infection nosocomiale, qui a vu le jour en 1997, s’est attelé à cette tâche. Il a, dès le départ, émit des recommandations au niveau des normes organisationnelles de prévention contre les infections nosocomiales. C’est pourquoi, chaque hôpital compte une équipe composée généralement d’un ou plusieurs infirmiers-hygiénistes, et d’un médecin désigné, chargé de les aider et de les conseiller en la matière. Il précise que la fonction d’infirmier-hygiéniste a été intégrée par l’assurance - maladie dans sa liste des fonctions indispensables à financer dans le cadre du budget hospitalier
Selon la loi relative aux établissements hospitaliers, l’ensemble des hôpitaux et cliniques, et aux établissements hospitaliers spécialisés ont l’obligation de faire fonctionner un comité hospitalier, qui a pou(r missions de développer et contribuer à la mise en place, sous la responsabilité de l’organisme gestionnaire, d’un programme de prévention et de lutte contre les infections nosocomiales. Il est également chargé de présenter un rapport annuel sur la qualité des prestations hospitalières en matière d’infections nosocomiales et sur le fonctionnement du dispositif de prévention et de lutte, en faisant, si nécessaire, des propositions d’amélioration.
Un système national de surveillance des infections nosocomiales a été installé avec la collaboration du Groupe national de guidance Ce programme national auquel participent volontairement tous les hôpitaux a pour objectif de surveiller la venue de pneumonies, de bactéries-septicémies et d’infections urinaires chez les patients hospitalisés en service de réanimation. Depuis 2000, la participation au programme national de surveillance est considérée par l’assurance maladie, en concertation avec les hôpitaux, comme un des critères du programme d’incitants-qualité.
Le ministre annonce que tous les hôpitaux luxembourgeois participeront, en 2011, à une enquête européenne sur la prévalence des infections nosocomiales réalisée selon une méthodologie harmonisée.
Il fait savoir que tous les établissements hospitaliers participent aux campagnes de sensibilisation-formation nationales, comme se fut le cas en 2009-2010 pour l’hygiène des mains dans le cadre des soins et santé, une campagne conduite sur des recommandations de l’OMS, qui a permis d’accentuer les efforts déjà réalisés précédemment dans des établissements.
Pour le ministre l’élaboration de plans d’hygiène, la communication sur les bonnes pratiques d’hygiène et l’analyse régulière des pratiques sont indispensables pour lutter contre ces infections. Il souligne l’importance d’une collaboration nationale, notamment avec les praticiens de l’hygiène hospitalière en vue d’analyses communes, afin de fixer des priorités, d’adopter des plans d’action communs, de chercher des solutions, soutenir des efforts ou pour amplifier l’effet d’initiatives.
Enfin il conclu en informant que pour réduire les risques d’infections nosocomiales, ses services vérifient, avec les utilisateurs hospitaliers et les bureaux d’ingénieurs, les critères d’hygiène applicables aux installations techniques des établissements hospitaliers lors de la planification et de la mise en œuvre de nouvelles installations.
Mais le silence total à propos des règles nationales d’hygiène montre bien qu’elles ne sont pas pour demain...
I.P.I

