Aus den Betrieben24. Oktober 2026

Entretien avec Andrea Spigarelli, secrétaire central adjoint de l’OGBL dans le secteur du nettoyage privé, au sujet des élections sociales chez Dussmann le 8 décembre 2026

«Ce n’est qu’ensemble que nous pourrons obtenir de meilleures conditions de travail et salariales !»

»Nur gemeinsam können wir bessere Arbeits- und Lohnbedingungen durchsetzen!«

von Ali Ruckert

Le 8 décembre auront lieu des élections sociales chez Dussmann, la plus grande entreprise du secteur du nettoyage des bâtiments. Les élections de 2024 avaient donné lieu à des irrégularités, ce qui avait conduit l’Inspection du travail à les annuler et à les reprogrammer.

À l’époque, une grande partie du personnel avait en outre subi de fortes pressions, si bien que seuls 400 des 3.000 salariés avaient voté et qu’aucune représentation du personnel véritablement représentative n’avait pu être mise en place.

Pour remédier à cette situation, l’OGBL se mobilise actuellement afin de garantir l’élection d’une représentation du personnel forte, capable de compter sur le soutien de la grande majorité des salariés et de s’attaquer résolument aux problèmes existants. Il s’agit de défendre sans relâche les droits des salariés et d’imposer des améliorations, même face à la résistance de la direction.

Malheureusement, le grand public ne prête guère attention au personnel de nettoyage et à ses revendications, car ces travailleurs sont souvent «invisibles» : ils effectuent généralement leur travail dans les entreprises et les bureaux très tôt le matin ou tard le soir.

Les élections syndicales chez Dussmann et les revendications des agents d’entretien ont été l’occasion pour le «Zeitung vum Lëtzebuerger Vollek» de réaliser une interview avec Andrea Spigarelli, secrétaire central adjoint de l’OGBL dans le secteur privé du nettoyage.

Zeitung: Dussmann n’est pas réputé pour offrir des cadeaux à ses salariés. Les conditions de travail sont difficiles, beaucoup ne travaillent qu’à temps partiel et les salaires sont bas.

Andrea Spigarelli : C’est tout à fait vrai. Chez Dussmann, comme dans l’ensemble du secteur du nettoyage privé des bâtiments, on peut parler d’un secteur à bas salaires.

Mais c’est précisément cela que nous voulons changer, sachant pertinemment que chaque amélioration, aussi minime soit-elle, où chaque augmentation salariale doit être âprement négociée et arrachée lors des négociations de conventions collectives.

«Nous encourageons les salariés à se défendre»

Les salariés, en grande majorité des femmes, dont beaucoup sont des mères célibataires, sont soumis à une forte pression en raison des horaires très serrés dans lesquels leur travail doit généralement être effectué. En conséquence, face à des conditions de travail difficiles et à de faibles salaires, ils n’osent pas se plaindre ni faire valoir leurs droits – même lorsqu’ils sont victimes de harcèlement ou que les dispositions de la convention collective ne sont pas respectées, par exemple lorsque les trajets entre deux lieux de nettoyage différents, qui sont considérés comme du temps de travail, ne sont pas rémunérés.

Souvent, lorsque les agents d’entretien osent s’exprimer et revendiquer leurs droits, ils doivent craindre des conséquences négatives, telles que des mutations qui rendraient encore plus difficile pour eux de concilier vie professionnelle et vie privée.

En tant qu’OGBL, nous encourageons non seulement les salariés à se défendre et à lutter ensemble pour leurs droits – de préférence, bien sûr, au sein de notre syndicat –, mais nous prenons également des initiatives pour obtenir de meilleures conditions de travail et salariales.

Zeitung: Peux-tu nous donner des exemples concrets de ce que fait l’OGBL ?

Andrea Spigarelli : Actuellement, nous menons une campagne pour la reconnaissance et la revalorisation du métier d’agent d’entretien.

Nous dénonçons le fait que les salariés de Dussmann, comme dans d’autres entreprises du secteur du nettoyage, se voient généralement encore verser, même après de longues années de service au cours desquelles ils sont devenus des travailleurs qualifiés, le salaire minimum légal réservé aux emplois non qualifiés – et ce, même après 10 ans –, alors qu’ils devraient en réalité percevoir le salaire minimum qualifié en raison des compétences acquises.

Salaire minimum qualifié et formation professionnelle structurée

La «Chambre des salariés» a transmis début juillet au ministre du Travail une proposition de loi en ce sens, sans que celui-ci n’y ait réagi à ce jour. L’OGBL a quant à lui sollicité un entretien avec le ministre du Travail afin d’évoquer les problèmes rencontrés dans le secteur privé du nettoyage et d’exposer ses revendications. Cet entretien devrait avoir lieu fin novembre.

Zeitung: Quelles sont les revendications concrètes de l’OGBL ?

Andrea Spigarelli : Nous avons trois revendications principales qui, si elles étaient satisfaites, conduiraient à une nette amélioration des conditions de travail et de rémunération des salariés chez Dussmann ainsi que dans l’ensemble du secteur privé du nettoyage.

La première concerne la mise en place légale d’une formation professionnelle structurée pour les agents d’entretien, sanctionnée par un «Certificat de capacité professionnelle», ce qui permettrait la reconnaissance légale des compétences acquises.

La deuxième revendication vise à garantir, par voie législative, que le salaire minimum qualifié soit automatiquement accordé après dix ans d’expérience professionnelle dans le secteur du nettoyage, afin que les salariés ne soient pas à la merci de l’arbitraire de leurs supérieurs hiérarchiques ou du propriétaire de l’entreprise.

La troisième exigence vise à prévenir d'éventuelles conséquences négatives pour les salariés lorsqu'une entreprise perd des marchés existants à la suite d'appels d'offres.

L'entreprise qui remporte l'appel d'offres est certes tenue de reprendre le personnel de nettoyage précédemment employé dans les mêmes conditions, mais si, pour une raison quelconque, un salarié ayant plusieurs contrats de travail perd par exemple dix heures de travail et est licencié avec un préavis, il n'a pas droit aux allocations chômage pour ces dix heures.

C’est précisément chez les agents d’entretien ayant plusieurs contrats de travail que le risque est grand de subir des pertes de salaire liées à la modification des conditions de travail à la suite d’appels d’offres et d’être menacés de précarité.

Les salariés doivent donc être mieux protégés et ces injustices doivent être éliminées, ce pour quoi l’OGBL s’engage de toutes ses forces.

Interview : Ali Ruckert

Gespräch mit Andrea Spigarelli, beigeordneter Zentralsekretär des OGBL im privaten Reinigungsbereich zu den Sozialwahlen bei Dussmann am 8. Dezember 2026

»Nur gemeinsam können wir bessere Arbeits- und Lohnbedingungen durchsetzen!«

Am 8. Dezember finden bei Dussmann, dem größten Unternehmen im Bereich der Gebäudereinigung, Sozialwahlen statt. Bei den Wahlen 2024 hatte es Irregularitäten gegeben, so dass sie von der Gewerbeinspektion annulliert wurden und neu angesetzt wurden.

Damals hatten zudem große Teile der Belegschaft stark unter Druck gestanden, so dass lediglich 400 der 3.000 Beschäftigten ihre Stimme abgaben und es nicht zu einer wirklich repräsentativen Personalvertretung kam.

Um das zu ändern, mobilisiert der OGBL gegenwärtig, um zu erreichen, dass eine starke Personalvertretung gewählt wird, die auf die Unterstützung der großen Mehrheit der Beschäftigten zählen und die bestehenden Probleme konsequent anpacken kann. Es geht darum, die Rechte der Beschäftigten konsequent zu verteidigen und Verbesserungen auch gegen den Widerstand des Patronats durchzusetzen.

Die Öffentlichkeit nimmt das Reinigungspersonal und dessen Anliegen leider viel zu wenig zur Kenntnis, da die Reinigungskräfte oft »unsichtbar« sind, weil sie ihre Arbeit in den Betrieben und Büros meist sehr früh morgens oder spät abends verrichten.

Die Sozialwahlen bei Dussmann und die Anliegen der Reinigungskräfte waren der »Zeitung vum Lëtzebuerger Vollek« Anlass für ein Interview mit Andrea Spigarelli, beigeordneter Zentralsekretär des OGBL im privaten Reinigungsbereich.

Zeitung: Dussmann ist nicht dafür bekannt, den Beschäftigten Geschenke zu machen. Die Arbeitsbedingungen sind hart, viele sind nur teilzeitbeschäftigt und die Löhne sind niedrig.

Andrea Spigarelli: Das stimmt absolut. Bei Dussmann wie im gesamten Bereich der privaten Gebäudereinigung müssen wir von einem Niedriglohnsektor sprechen.

Aber genau das wollen wir ändern, wohlwissend, dass jede auch noch so minime Verbesserung oder Lohnerhöhung bei Kollektivvertragsverhandlungen hart verhandelt und erkämpft werden muss.

»Wir ermutigen die Beschäftigten, sich zu wehren«

Die Beschäftigten, in der großen Mehrheit Frauen und darunter viele Alleinerziehende, stehen aufgrund der sehr knapp bemessenen Zeiten, in denen zumeist ihre Arbeit verrichtet werden muss, stark unter Druck. Das hat zur Folge, dass sie sich nicht trauen, angesichts der schwierigen Arbeitsbedingungen und der kleinen Löhne zu reklamieren und ihre Rechte einzufordern – selbst dann nicht, wenn sie drangsaliert werden oder wenn gegen kollektivvertragliche Abmachungen verstoßen wird, etwa wenn die Fahrten zwischen zwei verschiedenen Reinigungsobjekten, die als Arbeitszeit gilt, nicht bezahlt werden.

Oft müssen Reinigungskräfte, wenn sie den Mund auftun und ihre Rechte einfordern, negative Folgen befürchten, etwa Versetzungen, die es ihnen noch komplizierter machen würden, das Arbeits- und das Privatleben auf die Reihe zu bekommen.

Als OGBL ermutigen wir die Beschäftigten nicht nur, sich zu wehren und sich gemeinsam für ihre Rechte einzusetzen, am besten natürlich zusammen in unserer Gewerkschaft, sondern wir ergreifen auch Initiativen, um bessere Arbeits- und Lohnbedingungen zu erreichen.

Zeitung: Kannst du uns Beispiele dafür nennen, was der OGBL konkret tut?

Andrea Spigarelli: Gegenwärtig führen wir eine Kampagne für die Anerkennung und Aufwertung des Berufs der Reinigungskraft.

Wie prangern an, dass die Beschäftigten bei Dussmann wie bei anderen Unternehmen im Reinigungsbereich selbst nach langen Dienstjahren, in denen sie sich zu qualifizierten Arbeitskräften entwickeln, in der Regel auch nach 10 Jahren noch immer mit dem unqualifizierten gesetzlichen Mindestlohn abgespeist werden – und das, obwohl sie aufgrund der erworbenen Kompetenzen eigentlich mit dem qualifizierten Mindestlohn bezahlt werden müssten.

Qualifizierter Mindestlohn und strukturierte Berufsausbildung

Die »Chambre des salariés« hat dem Arbeitsminister Anfang Juli einen entsprechenden Gesetzesvorschlag zugestellt, ohne dass dieser bis dato darauf reagierte. Und der OGBL ersuchte den Arbeitsminister um eine Unterredung, um über die Probleme im privaten Reinigungssektor zu reden und seine Forderungen zu erläutern. Dieses Gespräch soll Ende November stattfinden.

Zeitung: Was sind die konkreten Forderungen des OGBL?

Andrea Spigarelli: Wir haben drei Hauptforderungen, welche, wenn sie verwirklicht würden, zu einer deutlichen Verbesserung der Arbeits- und Lohnbedingungen der Beschäftigten bei Dussmann wie auch im gesamten privaten Reinigungsbereich führen würden.

Bei der ersten geht es um die gesetzliche Einführung einer strukturierten Berufsausbildung für Reinigungskräfte, die mit einem »Certificat de capacité professionnelle« abgeschlossen würde, womit die erlangten Kompetenzen per Gesetz anerkannt würden.

Bei der zweiten soll mit einem Gesetz sichergestellt werden, dass nach zehn Jahren Berufserfahrung in der Reinigungsbranche der qualifizierte Mindestlohn automatisch gewährt wird und die Beschäftigten nicht der Willkür ihrer Vorgesetzten oder des Besitzers des Unternehmens ausgeliefert sind.

Bei der dritten Forderung geht es darum, mögliche negative Folgen für die Beschäftigten zu verhindern, wenn ein Unternehmen bei Ausschreibungen bisherige Aufträge verliert.

Das Unternehmen, das die Ausschreibung gewinnt, ist zwar verpflichtet, das bisher dort eingesetzte Reinigungspersonal zu den gleichen Bedingungen zu übernehmen, aber wenn es durch irgendwelche Umstände dazu kommt, dass ein Beschäftigter mit mehreren Arbeitsverträgen zum Beispiel zehn Arbeitsstunden verliert und mit Kündigungsfrist entlassen wird, hat er kein Anrecht auf Arbeitslosenunterstützung für diese zehn Stunden.

Gerade bei Reinigungskräften mit mehreren Arbeitsverträgen ist das Risiko groß, dass sie in Zusammengang mit veränderten Bedingungen infolge von Ausschreibungen Lohneinbußen hinnehmen müssen und von Prekarität bedroht werden.

Die Beschäftigten müssen daher besser geschützt und solche Ungerechtigkeiten aus der Welt geschafft werden, wofür der OGBL sich mit aller Kraft einsetzt.

Das Interview führte
Ali Ruckert