• Kultur09. November 2021

    Am 11. November im Cube 521 in Marnach

    Jazz-Fusion mit den Yellowjackets

    Am Samstag, den 11. November um 20.00 Uhr sind die Yellowjackets im Cube 521 in Marnach zu Gast.

    Die Yellowjackets sind seit 1981 eine kreative Kraft in der internationalen Jazz-Fusion-Szene. In ihrer 40-jährigen Bandgeschichte haben sie 30 Alben aufgenommen, wurden für 17 Grammy Awards nominiert und konnten zwei davon gewinnen.

    Seit ihrem Debüt haben die Yellowjackets immer wieder mit innovativen künstlerischen Werken auf sich aufmerksam gemacht und haben sich seitdem als eine der einflussreichsten und weltweit beliebtesten Jazz Bands etabliert. Im Laufe der Jahre hat die Band zahlreiche Besetzungswechsel erlebt. Die Yellowjackets – Russell Ferrante (Klavier), William Kennedy (Schlagzeug), Bob Mintzer (Saxophonist und Chefdirigent der WDR Big Band) – zeichnen sich durch eine außerordentlich hohe musikalische Qualität im Spiel und ein vielfältiges musikalisches Schaffen aus.

    Der jüngste Neuzugang in der Band ist der australische Bassist Dane Alderson. Mit seinem außergewöhnlichen rhythmischen Feingefühl und seinem natürlichen Groove bringt Dane Alderson eine neue Energie in die Band und verleiht der Musik einen jugendlichen Ansatz.

    Eintrittspreise: Erwachsene 25 Euro, Cube Card 20 Euro, < 26 Jahre 12 Euro. Die Kartenreservierung ist obligatorisch. Tel: 521 521 / info@cube521.lu / www.cube521.lu

     

    Weiterlesen
  • Kultur06. November 2021

    L’art qui réunit les générations

    Mondercange donne un bel exemple

    Michel Schroeder

    Situé dans le centre névralgique de Mondercange, le site d’infrastructure de services sociaux et intergénérationnel de la Commune de Monderdange «A Bosselech» est l’un de ces endroits dont devraient bénéficier de plus grands nombres de Communes de notre pays.  Cette structure est d’hébergement, tout en proposant bien des activités événementielles, des ateliers culinaires, des repas sur roues, des ateliers sportifs

    «A Bosselech» les contacts humains sont au centre des priorités, à destination des plus de cinquante ans, avec des activités culturelles, des ateliers sportifs, des voyages, des excursions.

    A Bosselech propose un restaurant, des repas sur roues. L’équipe de GIM asbl (info@gim.lu) travaille en étroite collaboration avec l’acteur régional CIGL asbl.

    L’art, pour le plus grand plaisir de toutes et de tous

    Sur un grand mur, à l’extérieur du Centre à Bosselech, l’artiste luxembourgeoise Chantal Blasen, née à Esch-sur-Alzette en 1964, a réalisé une grande fresque en plusieurs parties, exprimant des scènes de la vie quotidienne : musiciens de rues, petit enfant donnant la main à une dame en rollator, jeune homme en skate-board…. Bref, la vie telle que l’artiste Chantal Blasen aime la représenter, intense et colorée. Et toute votre inspiration, très chère artiste, soyons sincère, est-elle vôtre ? Je connaissais la réponse : au fur et à mesure de son travail, des pensionnaires sont venus la guider, lui donner des conseils. Le résultat est une belle réussite. Merci Chantal.

           Un bel hommage à l’œuvre de Chantal Blasen, membre de l’ARC, est également rendu sur des panneaux qui donnent sur la rue où se situe le Centre. Et, cerise sur le gâteau, au premier étage, dans une grande salle, vous pourrez voir et apprécier une belle sélection de peintures de l’artiste. Chantal Blasen possède un monde à découvrir, le sien certes, mais qui deviendra bien vite le vôtre.

     

    Weiterlesen
  • Kultur06. November 2021

    Margot Reding Schroeder

    Brûler à l’aide de mille feux

    de Michel Schroeder

    L’artiste Margot Reding Schroeder est saisie par une abondance créatrice qui entaille avec subtilité et savoir-faire le moindre centimètre carré de ses chairs, afin d’y exprimer à la fois toute la grandeur, toute la candeur et toute sérénité du monde. Chaque trait, chaque ligne de Margot Reding Schroeder est une invitation vers non pas une lumière, mais vers la lumière, cette lumière qu’elle nous offre en partage.

    Margot Reding Schroeder n’est pas artiste fatale, ni de la fatalité, ses langues artistiques usuelles qu’elle pratique avec tant d’aisance et de dextérité ont trouvé leurs lettre de noblesse dans les chairs vives et vivantes des mille est un accords qu’elle parvient à partager avec le monde qui l’entoure.

    Margot Reding Schroeder possède cette force rare, unique, mais pas du tout passagère, tiens pourquoi ne pas écrire délicieuse et délicate pour entrer en osmose avec vous, avec nous. Elle grave à l’aide d’un stylet de toute finesse un chemin qui va parcourir les moindres veines de votre organisme.

    Chacune de ses œuvres nous renvoie à un ultime échange personnel, raison pour laquelle on ne peut que l’adorer. Joie de vivre et joie d’aimer prennent d’assaut chacune de ses citadelles.

    La puissance de l’artiste est intimiste et elle nous lie à son cheminement personnel, le seul qui soit digne d’être nommé, celui qui germe en elle depuis une aube certaine.

    Merci Margot.  Votre incandescence est une et unique.

    Le principal atelier de l’artiste vous le trouverez à Lellingen, là où un mariage entre bien des formes artistiques s’est établi depuis plusieurs décennies. Tout en travaillant dans nos Ardennes, l’Artiste pose ses bagages là elle se sent à l’aise et où son cœur trouve ces forces extraordinaires qui sont siennes. (des forces dictées parfois par une sorte de surnaturel gracieux et sublime : au Château de Straichamps, à la Galerie Cercle des Beaux-Arts de Verviers, à la Roemische Villa Borg, à Mannheim, à la Galerie Beck Paul Célan à Saarbrücken …

    Partout et toujours cette force créatrice universelle

    A Saint-Dié des Vosges, à Maizière les Metz.

    A Rome, à Palerme, dans un nombre considérable de Galeries de chez nous, à Montreux, en Suisse. Quatre gigantesques projets culturels : Allemagne, Luxembourg, Turquie, puis à nouveau Luxembourg à L’Abbaye de Neimënster.

    Des participations à une dizaine de messes internationales. Le Grand prix d’Art Contemporain au -ème Salon des Grands Prix d’Arts Contemporains, le Prix Minerva de la Ville de Maizières-les-Metz, le Prix Premio Internationale Massenzio Arte de Rome (Italie).

    Margot Reding Schoeder a publié plusieurs livres et brochures qui se doivent de se retrouver dans toute bibliothèque d’amateur d’art. Je ne vais en citer qu’une, celle dans le livre anniversaire des soixante ans de l’ARC.

    Pour finir deux mois ou trois : je ne sais plus quoi dire, parce que Margot Reding Schroeder c’est une âme en perpétuel échange.

     

    Weiterlesen
  • Kultur05. November 2021

    Rotterdam hat erstes öffentliches Depot

    Kunst im Spiegel-Becher

    Museen zeigen höchstens zehn Prozent ihrer Sammlung. Das meiste lagert unsichtbar für den Besucher. Doch das Museum Boijmans Van Beuningen zeigt alles – und wie. Das Depot ist ein Gebäude mit Wow-Effekt.

    Die niederländische Hafenmetropole Rotterdam hat einen neuen Blickfang: Das Depot des Kunstmuseums Boijmans Van Beuningen ist der neueste Teil der spektakulären Skyline. Das vollverspiegelte runde Gebäude soll auch das weltweit erste Museumsdepot sein, das für Besucher voll zugänglich ist.

    Die kostbare Sammlung des Museums Boijmans umfaßt rund 151.000 Werke aus sieben Jahrhunderten. Gemälde, Fotos, Objekte, Keramik, Design, Zeichnungen und Drucke werden in dem Depot gelagert, konserviert und restauriert – vor den Augen der Besucher. »Das Depot ist der Maschinenraum des Museums«, sagte Direktor Sjarel Ex bei der Präsentation des Gebäudes. Besucher können hinter die Kulissen schauen und zugleich einen Eindruck von der Sammlung bekommen.

    Die bisherigen Depots waren unzureichend und vor allem nicht mehr sicher für die Sammlung, deren Wert auf mehr als acht Milliarden Euro geschätzt wird. Das Museumsgebäude war mehrmals von Hochwasser getroffen worden. Es wird zwar zurzeit umfassend renoviert, doch angesichts der zunehmenden Hochwassergefahr durch den Klimawandel war die Unterbringung in Kellerräumen keine Option.

    Direktor Ex wollte ein öffentlich zugängliches Depot. Normalerweise zeigten Museen nur sechs bis zehn Prozent ihrer Sammlung den Besuchern, sagte er. »Wir wollen die ganze Sammlung teilen mit allen.« Die Kunstwerke sind nicht wie im Museum selbst ausgestellt. Sie hängen an großen verschiebbaren Metallgittern, liegen in Schubladen oder auf Regalen.

    Das Gebäude im Museumspark Rotterdam wurde von dem international renommierten Architektenbüro MVRDV entworfen. Architekt Winy Maas wählte die runde Form. »Das Depot soll von allen Seiten offen und einladend sein.« Der Fuß ist unten deutlich kleiner als oben – wie eine Tasse oder ein Eierbecher. Der Architekt ließ sich auch von einer Obstschale aus Chrom aus einem Billig-Möbelhaus inspirieren, wie er zugab. In der Fassade spiegeln sich die Skyline Rotterdams und die Bäume des Parks. »Das Gebäude verschmilzt mit der Umgebung«, sagte Winy Maas. Auch auf der 35 Meter hohen Dachterrasse wurden Bäume gepflanzt.

    Zentral im Innenraum sind die breiten Treppen. Sie führen kreuzweise durch das Atrium, sechs Stockwerke hoch. Von den Treppen aus hat man einen Blick auf 13 schwebende Glasvitrinen, in denen Kunstwerke zu sehen sind. Darunter sind ein Gemälde von Carel Fabritius (1622-1654) und eine Büste von Auguste Rodin (1840-1917).

    Besucher dürfen aus Sicherheitsgründen nicht selbst in Regalen stöbern oder Schubladen öffnen. Sie werden in Gruppen durch die Räume geführt. Besonders empfindliche Objekte wie Fotos oder Zeichnungen sind auf Anfrage zu sehen.

    Die Objekte werden in fünf verschiedenen Klimazonen aufbewahrt, je nach Material und Größe. Im Depot können sie auch restauriert werden, wie derzeit ein Gemälde von Vincent van Gogh.

    dpa/ZLV

     

    Weiterlesen
  • Kultur04. November 2021

    Neues Abba-Album nach 40 Jahren

    von Steffen Trumpf, Stockholm

    Es ist das Comeback des Jahres: Abba liefern ein neues Album ab und versprechen den altbewährten Klang der 70er, der auch 2021 noch so funktionieren soll wie vor vier Jahrzehnten. Knüpfen Agnetha, Björn, Benny und Anni-Frid damit an ihre glorreiche Zeit an?

    Erst zwei jahrelang ersehnte neue Songs, dann gleich noch ein weiteres Lied, jetzt ein ganzes Album: Abba-Fans erleben momentan reine Festwochen. Die erneut entfachte Euphorie um die Popgruppe aus dem hohen Norden erreicht nun ihren vorläufigen Höhepunkt: Nach fast vier Jahrzehnten ohne frische Musik bringt die schwedische Kultband ihr neuntes Studioalbum »Voyage« heraus.

    39 Jahre, elf Monate und sechs Tage mußte die nicht kleiner gewordene internationale Abba-Fangemeinde darauf warten, daß Agnetha Fältskog, Benny Andersson, Björn Ulvaeus und Anni-Frid Lyngstad ein neues Studioalbum veröffentlichen. 1982 hatte das Quartett aus zwei Paaren sein Ende verkündet und dabei von einer Pause gesprochen – nach acht Alben, die Welthits wie »Waterloo«, »Mamma Mia«, »Fernando«, »SOS« und »Dancing Queen« enthielten. Insgesamt verkaufte die Gruppe nach Angaben des Abba-Museums in Stockholm weltweit mehr als 380 Millionen Alben, bis heute gilt sie als eine der erfolgreichsten der Musikgeschichte.

    Nun folgt nach langer Zeit also Album Nummer neun. Drei Lieder von »Voyage« kennen Musikfreunde bereits – die weiteren sieben, die in Anderssons Aufnahmestudio in Stockholm entstanden, werden in der Nacht zum Freitag erstmals zu hören sein. Viele werden sie direkt bei Spotify streamen, andere auf Youtube reinhören, manche auch auf das Hörerlebnis auf CD oder Vinyl warten.

    Das Album könnte ein Abba-Revival auslösen – in einer Zeit, in der Charts eher von Popmusikern wie Adele, Ed Sheeran und Justin Bieber angeführt werden und Musik längst nicht mehr auf Platte, sondern hauptsächlich online ihre Abnehmer findet. Das nordische Quartett dürfte seinen Fans dabei den altbewährten wie unverkennbaren Abba-Klang der 70er Jahre liefern – eingängige, ohrwurmverdächtige Melodien inklusive. Auch ein Weihnachtslied namens »Little Things« wird diesmal auf dem Album zu finden sein.

    Comebacks bergen immer auch ein Risiko, daß man nicht mehr an die alte Erfolge anknüpfen kann. Das scheint Abba nicht zu kratzen. »Wir haben nichts zu beweisen«, sagte Benny Andersson jüngst der schwedischen Zeitung »Dagens Nyheter«. »Was ist das Schlimmste, was passieren kann? Daß die Leute denken, daß wir früher besser waren? Was macht das!« Sein kongenialer Partner Björn Ulvaeus sagte in einem Interview der schwedischen Nachrichtenagentur TT aber auch: »Natürlich bin ich nervös, wie das aufgenommen wird.«

    Eines dürfte »Voyage« unter Fans trotz der riesigen Erwartungshaltung nicht auslösen: Enttäuschung. Zu groß ist dafür nach Jahrzehnten des Wartens die Sehnsucht nach neuer Abba-Musik. Zugleich sind Ulvaeus und Andersson als Perfektionisten bekannt, die Musik erst dann auf den Markt bringen, wenn sie auch wirklich rund ist. »Hätten wir im Studio gemerkt, daß das nicht gut genug und wir nicht frisch genug gewesen wären, dann wäre das nichts geworden«, sagte Andersson.

    Daß diese Perfektion ihre Zeit braucht, haben Abba-Fans seit April 2018 deutlich gespürt. Damals hatte die Band völlig aus dem Off zwei neue Lieder angekündigt. Immer wieder beteuerte Ulvaeus, daß »I Still Have Faith In You« und »Don't Shut Me Down« ganz bald kämen. Doch immer wieder wurde die Veröffentlichung verschoben.

    Bis zu diesem Spätsommer. Anfang September lieferten Abba gleich mehrere Neuigkeiten: Nicht nur wurden die beiden besagten Lieder veröffentlicht, zugleich wurde ein ganzes neues Album mit dem Titel »Voyage« angekündigt.

    Außerdem präsentierten Abba die gleichnamige Multimedia-Show »Abba Voyage«, bei der virtuelle Abbilder der Band-Mitglieder – sogenannte Abbatare – ab Ende Mai 2022 in einer eigens dafür geschaffenen Arena in London mit einer Live-Band auf der Bühne zu sehen sein sollen. Im Zusammenhang mit Plänen zu dieser Show war letztlich auch die Idee entstanden, neue Musik aufzunehmen. Die Show werde eine »Zeitmaschine, die den Kern dessen einfängt, was wir waren und was wir sind«, hatte Andersson angekündigt.

    Der Name »Voyage« ist dabei Programm: Album und Show werden zum einen eine Reise zurück in die Zeit der »Abbamania«, während sie für die Band auch eine Reise nach vorn sind. Statt zurück in die Zukunft geht es für Abba und ihre Fans somit vorwärts in die Vergangenheit, wenn man so will.

    Daß Abba-Musik auch 2021 funktioniert, haben »I Still Have Faith In You« und »Don't Shut Me Down« bereits bewiesen. Beide Songs erhielten viel Lob, auf Spotify wurden sie bislang insgesamt mehr als 40 Millionen Mal angehört. Dann kam vor zwei Wochen die dritte Single »Just A Notion«, auch sie mit eingängiger Melodie und klassischem Abba-Sound. Das kommt nicht von ungefähr: Schon 1978 war der Song erstmals eingespielt worden, dann bei der Zusammenstellung des Albums »Super Trouper« aber verworfen worden – warum, das weiß selbst Ulvaeus heute nicht mehr so genau.

    Ob dies nun wirklich das letzte Kapitel der Abba-Geschichte ist? »Ja! Ja. Ja!«, antwortete Benny Andersson im Gespräch mit »Dagens Nyheter« auf eine entsprechende Frage. Also keine weitere Show im noch höheren Alter der alten Schweden, die mittlerweile allesamt jenseits der 70 sind? »Nein. This is it. Und das ist auch gut so«, sagte Andersson.
    (dpa)

    Weiterlesen
  • Kultur03. November 2021

    Stéphane Erouane Dumas : «Bouleaux...

    de Giulio-Enrico Pisani

    Ou, poésie pure en «noir et blanc»..

    ... oui, à très, très peu de nuances, de plages près! En outre c’est sans doute la première fois que cela m’arrive je donne à mon article sur cette exposition, quasiment le même sous-titre que j’ai déjà employé pour en intituler une autre et – un comble – présentée dans la même galerie. Faute de goût? Pourquoi? Je ne pense pas. À vous de juger sur pièces! Mais vous aurez vite fait, Ici s’arrête de toute manière une quelconque parenté entre la peinture-poésie de Gao Xingjian (1) et ce merveilleux poème pictural de l’artiste peintre et sculpteur Stéphane Erouane Dumas, que nous présente aujourd’hui à la Galerie d’art Simoncini (2), et que je me permets (ni la galerie ni l’artiste ne le font), d’intituler «Bouleaux...».

    Et c’est effectivement d’«un bouleau, croisé lors des balades incessantes de Stéphane Erouane Dumas dans cette Normandie qu’il aime pour sa lumière laiteuse, brumeuse et évanescente..» dont «parle» l’historienne et critique d'art Stéphanie Pioda dans la Gazette de l’Hôtel Drouot, en présentant une précédente expo de l’artiste à Paris (2020?).

    Eh bien, moi, amis lecteurs, le ballet immobile de ces denses poèmes de bouleaux sur les toiles de S. E. Dumas me transportèrent d’emblée avec eux, très loin jusqu’aux immenses espaces où vécurent mes ancêtres russes, pour qui, selon un de leurs vieux proverbes, étreindre un bouleau attirerait la bonne fortune. Ainsi va l’art, qui ne se contente pas d’être la création de son créateur, mais qui est sans aucun doute et davantage encore ce qu’y voit chaque spectateur. Ainsi les sobres, quasi-monochromes peintures sur toile, qui s’arrachent devant vous à leurs toiles sur cadre afin de vous amener vers les bois d’horizons normands, russes, ou autres de votre imaginaire, au-delà de vous faire rêver, vous saisiront aux tripes. D’aucuns parleront de faire battre le cœur, ce qui revient au même. Et puis, à quoi bon se disputer? À chacun sa vérité... Et ses futaies de bouleaux!

    J’ai écrit plus haut «ballet immobile». C’est une façon de parler, bien sûr, car devant les tableaux de S. E. Dumas, vous ne percevrez pas d’emblée la danse des troncs qui craquent, gémissent et contrarient le vent, des branches qui s’agitent, des feuilles qui tremblent et des chatons qui frémissent et tombent. Non, ces futaies sobres aux fûts élancés, presque nus dans leur peau à l’air blanc et noir, réveillent et vous rappellent vos souvenirs de promenades au bois, de randonnées champêtres, ou de vieux films soviétiques, où l’arbre national russe ne manque pas souvent. Puis leurs longs troncs faussement frêles vous élèvent très haut vers leurs frondaisons encore invisibles – apparemment, là aussi –, mais désormais présentes en vous, le spectateur charmé, voire déjà séduit. Même si vous n’en êtes pas conscient, votre rôle, l’ouvrage de l’amateur d’art, peut même valoir celui de l’artiste. Silencieux, en retrait, absent, ce denier nourrit en effet le besoin d’harmonie et poésie visuelle que recherchent ceux qui voient son œuvre, non pas en simples curieux, mais afin d’y pénétrer, d’en jouir, voire parfois, incapables d’en ressortir indemnes, de se l’approprier,

    Silencieux, S. E. Dumas l’est d’ailleurs d’autant plus, comme l’écrivit il y a un lustre l’historien de l’art Pascal Bonafoux, en ce qu’il vous offre «... un rendez-vous avec l'essentiel: le silence de la peinture». Aussi est-ce encore ce silence, qui caractérise l’art en général, que vous retrouverez, plus présent que jamais ici, à la galerie Simoncini, où S. E. Dumas présente sa collection du jour. Ici, aujourd’hui, il se limite certes à un seul sujet, le saule. Mais ce «silence de la peinture», qui est également silence de l’art, est sensible dans toute son œuvre, car outre ses huiles sur toile ou sur papier, il crée aussi bronzes et céramiques, ainsi que de vastes installations. Et là-dessus, l’élargissement de notre perspective nous amène à jeter un coup d’oeil à la biographie de l’artiste.

    Stéphane Erouane Dumas est né le 12 avril 1958 à Boulogne-Billancourt.
    Il vit et travaille à Paris et en Haute-Normandie après avoir fréquenté en 1980 à Paris l’Académie Julian et en 1981 l École nationale supérieure des arts décoratifs et s’être diplômé en 1084 des Arts décoratifs de Paris. Mais il semble s’être vraiment lancé dans le monde des expositions en 1990 au salon de Montrouge (expo collective) et au Centre d'Art Contemporain à Rouen et au Mécénat Pernod à Créteil en individuel. Suivront principalement en France et en Belgique, mais aussi en Suisse, Italie, aux USA et au Luxembourg, une centaine d’expos et parfois de performances, dont vous pouvez découvrir le détail sur son site stephaneerouanedumas.com. Et ensuite? Eh bien, ensuite c’est à vous de jouer!

    ***

    1) Écrivain, dramaturge, metteur en scène, poète et peintre, prix Nobel de littérature 2000. V. mon article du 15 octobre 2020 dans notre Zeitung.

    2) Galerie Simoncini, 6, rue Notre-Dame, coin rue Chimay, Luxembourg ville, ouverte du mardi au vendredi, de 12 à18h. et samedi, de 10 à 12 et de 14 à 17 heures. Expo Stéphane Erouane DUMAS jusqu’au 28 novembre.

    Weiterlesen
1 | 2 | 3 | 4 | 5 | 6 | 7 | ... 340 |