• Kultur19. Juni 2021

    Beaux-arts : petite tournée des grands siècles

    de Giulio-Enrico Pisani

    Voyage dans le temps? En art tout est possible et ici il ne s’agit ni plus, ni moins, que de la dernière «nouveauté» offerte par le Musée Vauban (1) ou, plus précisément, par les personnes qui le dirigent, le gèrent, vous y reçoivent et, lors de visites organisées, vous guident. Authentique évasion hors de notre temps et de nos petites frontières (passeport Covid19 non requis), ce voyage consiste, après une pause de quatre mois pour cause travaux et réaménagement, il vaut – et c’est peu dire – largement le déplacement. Oui, car vous y attend une fantastique découverte ou redécouverte du musée, à travers une promenade définie par ses organisateurs

    «Une promenade à travers l'art : Exposition permanente de peintures et sculptures européennes des 17e - 19e siècles».

    Voilà qui ne pouvait manquer de m’intéresser, m’intriguer même par son titre! Le terme même d’«Exposition permanente», semble en effet qualifier le fondement, la colonne vertébrale du musée dont, contrairement aux expos temporaires, disons de passage, dont je suis un peu l’habitué, nous pourrons sauf imprévu retrouver les œuvres d’une saison à l’autre et une année après l’autre. Les expositions temporaires et d’autres activités culturelles se poursuivront bien entendu comme le passé. Mais ce trésor de base nous restera en permanence accessible et notamment à nos trésors à nous: nos enfants, ainsi qu’à tous ceux auxquels nous en recommanderons la découverte, sans risque qu’elle se soit entre-temps envolée vers d’autres horizons muséaux. Par conséquent, tous ce dont je vous parlerai ci-dessous et plus encore pourra toujours être retrouvé dans cette belle villa sise avec ses agrandissements au beau milieu du de parc de Luxembourg qui ceinture le centre de notre capitale avec tant de charme.

    Mais revenons à votre (j’espère) future visite. Dès l’espace-réception, à droite en entrant, vous accédez à une première salle où, non averti, vous risqueriez d’être soufflé par le vague de fond picturale qui, l’air de jaillir de toutes les parois, vous submergera littéralement d’une symphonie d’images, formes et vues extraites des trois grands siècles de l’art européen. Gardez donc pied ferme et jouissez cette projection vidéo immersive assez renversante, qui vous plongera d’emblée dans l’ambiance, ici terre-à-terre, ailleurs enchanteresse, mais d’un grand naturel des oeuvres que vous découvrirez lors de votre promenade à travers cette riche galerie de portraits, paysages, intérieurs et autres sujets. Aussi ne vous étonnez pas trop d’en sortir vers la salle suivante légèrement sonné (dronken), en bon luxembourgeois). Mais ne vous en faites pas, car vous aurez désormais tout loisir d’affermir votre assise sur le sol bien stable et face aux nombreux chefs-d’oeuvre qui attendent, parfaitement immobiles, eux, votre visite pour s’animer à vos yeux. Quant à moi, n’ayant aucune raison d’enguirlander de ma méconnaissance des beaux-arts le texte que les experts du musée nous ont préparé, je leur cède la parole pour la visite proprement dite.

    « Avec plus de 100 peintures et quatorze sculptures, l’exposition permanente à la Villa Vauban emmène le visiteur dans un parcours à travers trois siècles de création artistique: du 17e siècle néerlandais en passant par les endroits rêvés d’Italie jusqu’à la peinture française vers le milieu du 19e siècle. Outre les styles et les époques avec de nombreux chefs-d’oeuvre, l’exposition permet de découvrir les petits formats et miniatures ainsi qu’une spectaculaire salle dédiée aux acquisitions de Jean-Pierre Pescatore, donateur et bienfaiteur de la Ville, lors de la vente aux enchères des oeuvres en possession du roi Guillaume II des Pays-Bas en 1850.

    Car les bases des collections d’art de la Ville de Luxembourg ont été posées au 19e siècle sous la forme de trois donations: en 1855 celle de Jean-Pierre Pescatore, financier à Paris, en 1878 celle de Léon Lippmann, banquier à Amsterdam et en 1903 celle d’Eugénie Dutreux-Pescatore, héritière d’une famille d’industriels luxembourgeois. Ces ensembles, constitués majoritairement de peintures à l’huile, reflètent le désir de représentation de la grande bourgeoisie, ainsi que le caractère typiquement éclectique de leurs collections.

    Parmi les oeuvres néerlandaises du 17e siècle, le visiteur rencontre des paysages, portraits, scènes de genre ou natures mortes entre autres de Jan Brueghel le Jeune, Gerrit Dou, Jan van Goyen, Adam Pynacker, David Teniers le Jeune, Jacob van Ruisdael, Adriaen van de Velde et Philips Wouwerman. Parmi les petits formats, se démarquent les portraits de Frans Pourbus le Jeune et Jean Louis Ernest Meissonier. Dans la salle dédiée aux sujets italiens, de beaux marbres de Lorenzo Nencini et deux superbes vedute vénitiennes du Canaletto attendent les visiteurs, de même que les «Jeunes napolitaines» par Guillaume Bodinier ou un paysage près de Sorrente peint par Oswald Achenbach. L’art français du 19e est représenté par le «Jeune Turc» d’Eugène Delacroix, un portrait rêveur de William Adolphe Bouguereau et des paysages de Camille Corot, Jules Dupré ou Gustave Courbet. Les grands formats en provenance de la collection royale néerlandaise sont dominés par «La fête des Rois» de Jan Steen et «Les joies d’une mère» de Paul Delaroche. S’y ajoutent en fin de parcours, une salle accueillant des accrochages temporaires et une dernière consacrée aux marines du XIXe siècle, avec une remarquable scène de plage d’Eugène Isabey.

    Parmi les oeuvres qui m’ont le plus touché, je vous signale d’abord «La fête des Rois» de Jan Steen, que le musée présente par ailleurs en ligne dans une vidéo didactique (2). Tableau d’intérieur d’une famille petite-bourgeoise ou paysanne sur son 31 toutes-générations réunies fêtant l’épiphanie dans une magnifique salle à manger en cherchant la fève, ses teintes chaudes, ses objets et décors communs, le réel des choses et la vitalité des personnes vous invitent à y entrer et participer à la réunion. Autre fête pour nos yeux et particulièrement pour ma mémoire native: deux beautés italiques intemporelles (sœurs? amies?), l’une toute douceur langoureuse, comme soumise, l’autre – couronnée – défiant le destin et la force brute du volcan (le mâle?) sur fond de Vésuve, le tableau «Jeunes napolitaines» de Guillaume Bodinier.

    Et comment ne pas rester émerveillé face au «Jeune Turc» d’Eugène Delacroix? Oeuvre impressionniste avant l’heure, il impressionne non seulement par sa beauté puissante et tranquille, mais aussi par cette force symbiotique vitale qui unit les héros de la scène ici le jeune homme et le cheval caractéristique de ce grand maître. Ceci dit, l’espace me manquant pour vous détailler tous mes coups de cœur, je me conterai de vous citer l’«Allée d'ormes» de Joseph Thors, le «Lac-Genève» d’Alexandre Calame. Sans oublier«Les joies d’une mère» de Paul Delaroche, dont le coté un peu naïf-chromo est largement racheté par sa vibrante fraîcheur et l’immense impression de douceur qui s’en dégage. Ensuite, parmi les sculptures toutes ravissantes –, ma préférence allant plutôt aux groupes, je vous recommande particulièrement de ne pas faire l’affront du «Vous qui passez sans me voir» en ignorant le sublime marbre que forment le «Daphnis et Chloé» de John-Étienne Chaponnière. Bonne visite!

    1) Musée d’art de la ville de Luxembourg, Villa Vauban, 18 Avenue Emile Reuter. Fermé le mardi, ouvert vendredi, de 10 à 21 heures et tous les autres jours de 10 à 18 heures.

    2) https://villavauban.lu/visiter-le-musee/villa-noel/la-fete-des-rois/

     

    Weiterlesen
  • Kultur17. Juni 2021

    Un torride été de musique(s) et d’événements

    Open Air Dudelange «Ënnert dem Waassertuerm»

    de Michel Schroeder

    Le Centre Culturel régional Op der Schmelz (1 a, rue du Centenaire) situé à Dudelange, a été créé en 2007. Aujourd’hui, il partage les lieux avec l’Ecole de Musique Régionale de Dudelange, le Centre National de l’Audiovisuel, le Cinéma Starlight et le restaurant Amarcord. Les offres culturelles s’inscrivent avec beaucoup de prestige dans le paysage culturel dudelangeois.

    Et cet été, dès le 17 juin, l’Open Air «Diddeleng Ënnert dem Waassertuerm», offre une programmation à faire des envieux nous a confirmée Sarah Barbosa, la responsable de la communication et des relations publiques.

    Lors de la récente conférence de presse, Dan Biancalana, bourgmestre de Dudelange, John Rech, directeur du Centre Culturel Op der Schmelz, Patricia Jochheim responsable, avec John Rech, de la programmation musicale et Loris Spina, échevin de la culture, ont expliqué la culture dudelangeoise, puis ont parcouru une programmation exceptionnelle et de très belle qualité.

    Dudelange est une ville, dans laquelle, malgré toutes sortes de restrictions, de grands efforts ont été réalisés pour que la culture soit maintenue. La solidarité avec les créateurs et les musiciens a été constante, tout comme les contacts avec le public.

    L’Open Air Diddeleng porte le nom «Ënnert dem Waassertuerm», toute une symbolique pour la Ville de Dudelange. L’endroit où se trouve Op der Schmelz, le CNA, l’Ecole de Musique, le Waasser Turm, faisait partie de l’ancienne usine sidérurgique de Dudelange. Le «Waasser Turm» est un de ses éléments majeurs, tout comme les bassins que vous y voyez.

    En ce qui concerne les tarifs pour les différentes manifestations de l’Open Air : soit GRATUIT ou alors à tarifs très réduits. Cet incontournable Festival est organisé en collaboration avec le CNA, l’Ecole de Musique, les harmonies dudelangeoises, l’Atelier Pour toutes et tous ce sera un très apprécié retour à la normale, autant que possible.

    Les concerts sont organisés de façon à ce que les deux tiers du public soient sous un espace couvert. La scène sera de 10 mètres sur 8.

    Le temps de quelques semaines, le parking de Op der Schmelz et du CNA se transformera en lieu de fête à ciel ouvert avec comme toile de fond la friche industrielle et l’impressionnant château d’eau auquel ce Festival doit son nom.

    Des food trucks, ainsi qu’un stand de boissons seront présents pour un public affamé de musique, mais également de bonne chaire et de boissons.

    Auront lieu également des projections de cinéma en plein air, avec des block busters, mais également du cinéma d’auteurs. Le tout en collaboration avec le CNA. (8 et 10 juillet, 29 et 30 juillet, 31 juillet et 1er août).

    Pour les amateurs du championnat UEFA Euro 2020 des diffusions sur grand écran des matchs auront lieu les 6, 7 et 11 juillet.

    Vendredi le 16 juillet aura lieu le Gala de l’Harmonie Municipale de Dudelange.

    17 juin, Fête de la Musique

    Le jeudi 17 juin, la Fête de la Musique sera mémorable.

    17h : Cali en cavale. Cali sur scène, c’est la folie. En avant programme vous apprécierez TNNE qui présenteront quelques-uns de leurs nouveaux morceaux. 17h30 : Portobello, un hommage au groupe luxembourgeois Portobello. Puis à 18h, The Tame & The Wild : il s’agit d’un groupe de folk indie nostalgique. La musique de Seja et de Flëpp est motivée par le chant sur les émotions humaines

    18h : Zero Point Five, avec leur combinaison de pop, folk et country. Ensuite ce sera au tour de Nicool, une artiste adulée. 18h35 : A – Drew.

    19h15 : Mathea, l’artiste la plus écoutée en Autriche.

    19h30 : Au programme, les Dëppegéisser. Ceux-là savent enthousiasmer le public avec musique, charme et esprit. 19h40 : du rock progressif avec After Tank. 20h45 : Fool’s Garden, avec leur cession électro-acoustique.

    21h : Josh va nous présenter son deuxième album Teilzeitromantik, fait de chansons à la croisée entre humour et rock’n’roll. 21h45 : Lotte. 22h10 : Tuys, ce groupe explore musicalement et lyriquement l’état entre la réalité et le rêve.

    À l’Eglise Saint-Martin, à 19h, vous pourrez entendre l’Ensemble Vocal Cantus Gaudium, une chorale complètement masculine. Au même endroit, 20h, vous pourrez écouter les classes d’orgue du Conservatoire de Luxembourg, de Sarreguemines, de Differdange, en collaboration avec les Amis de l’Orgue Dudelange. 

    22 juin, veille de la Fête Nationale : Echoes, Pink Floyd

    Après une allocution du Bourgmestre, vous pourrez entendre l’Harmonie Municipale de Dudelange, ainsi que l’Harmonie Forge du Sud.

    Puis à 20h30, Echoes. Echoes présente un spectacle gigantesque de Pink Floyd, avec de nombreux projecteurs intelligents, une sonorisation éloquente, des projections vidéos contrôlées et autres éléments des spectacles originaux de Pink Floyd, garantissant une expérience live absolument extraordinaire et unique. Attendez-vous à un concert atmosphérique et spectaculaire dans une ambiance floydienne.

    Les Jazz Nights sous le Château d’eau

    Dimanche 4 juillet: Kyle Eastwood. En première partie, Retrospective Stet, des musiciens de chez nous qui sortent tout droit de l’underground, Daniel Migliosi, Etienne Grüness, Denis Ascani, Jan Seemann et Mathieu Clement. Kyle Eastwood, au style raffiné, explore les frontières du jazz en explorant un éventail toujours plus large d’influences musicales. Kyle a composé, avec son père Clint, des morceaux pour les films de ce dernier.

    Vendredi 9 juillet : Jamie Branch. Sur scène, la trompettiste, compositrice et chanteuse Jamie Branch, avec les artistes qui l’accompagnent. Un must également.

    Samedi 10 juillet : Jazz for Kids. Ce concert pédagogique du département Pop / Jazz de l’Ecole Régionale de musique de Dudelange sera joué par les enseignants Ingrid Schwarz, voix, Erik Teuwens, guitare, Thibault Hanon, basse, Joël Heyard, percussions. Les enfants auront la possibilité de découvrir et d’essayer les instruments.

    Vendredi 6 août : Vous savourerez la musique intense et spirituelle, résolument acoustique, du Belmondo Quintet. En avant-programme, l’Ara Sextet, un groupe dynamique et excitant, comprenant des jeunes musiciens d’Estonie, de France, du Luxembourg, de Belgique et des Pays-Bas.

    Samedi 7 août : Le bassiste new-yorkais Reggie Washington vient de créer un nouveau groupe et ce sera ce groupe que vous découvrirez avec plaisir : Music of the Phrase. Lors de la même soirée, le très attendu projet Tele-Port, composé de grandes voix de jazz luxembourgeoises, à savoir le bassiste Pol Belardi, le claviériste Jérôme Klein, le batteur Jeff Herr. Associé à ces trois génies, l’aventureux saxophoniste russe Zhenya Strigalev.

    Rome, Brian Brody, Jupiter Jones …

    Samedi 17 juillet, le dark folk de Rome sera à l’honneur. Rome a été fondé en 2005 par Jérôme Reuter. Dans certaines de ses chansons il raconte l’histoire d’un révolutionnaire anarchiste espagnol exilé, dans d’autres des chants de la Résistance française. Avec Rome, cela vibre en permanence. Dans la même soirée, vous pourrez applaudir Brian Brody, avec son vaste répertoire, allant d’un nombre infini de classiques irlandais traditionnels à des compositions originales.

    Le jour de la Fête Nationale, le 23 juillet, le groupe de rock allemand originaire de l’Eifel, Jupiter Jones !

    Mardi 3 août : En concert la rappeuse et chanteuse Nura.

    Jeudi 5 août : Vous applaudirez le génial Michael Schulte.

    Dimanche 8 août : Campino qui est le leader du groupe Die Toten Hosen.

    24 juillet : Zeltik Dudelange avec un super programme

    18h : Schëppe Siwen est un mélange de folk, de rock, de polka, de reggae, de punk et de ska. Leur langue maternelle, le luxembourgeois. Leur musique se déploie dans vos oreilles, pleine d’énergie, aux voix rapides qui s’écrasent au-dessus des notes rayonnantes de l’accordéon.

    19h10 : Skerryvore est un ensemble de musique rock venu d’Ecosse qui puise sa puissance et sa beauté dans la tradition. Lors des ballades, la voix incroyable d’Alec Dalglish enchante le public.

    20h30 : Avec leur esprit et leur passion pour les musiques méconnues, Beoga ont montré que la musique traditionnelle irlandaise peut innover.

    22h : Hothouse Flowers. Ce groupe dégage une énergie imprévisible. Ils font appel à leur grand répertoire pour créer un spectacle unique en son temps. Le public ne fait qu’un avec ce formidable groupe.

    Je vous invite, chers amis lecteurs et chères amies lectrices, à visiter le site de Op der Schmelz (www.opderschmelz.lu).

    Le Centre Culturel régional Op der Schmelz, c’est toute une équipe dynamique, formée de : John Rech, Marlène Kreins, Patricia Jochheim, Michèle Schmit, Francine Bausch, Laurent Thinnes, Sara Barbosa, Stephan Sigi Sikora, Boris Thome, Romano Savini, Gusty Pereira, Tiago Baptista, Antonio Rafael, François Weyrich, Guy Hoffmann, Nicole Schneider, Carla Baltazar Jesus et Semija Bodadzic.

    Weiterlesen
  • Kultur16. Juni 2021

    Découverte

    Differdange : Salon de la Sculpture 2021

    de Michel Schroeder

    Ce fût un beau Salon de la Sculpture qui s’est tenu au Hall O à Oberkorn. Visiteuses et visiteurs, particulièrement nombreux, ont admiré les travaux des artistes qui ont exposé lors de ce Salon dédié aux plasticiens. Bien des matières et des techniques ont donné naissance à des œuvres très belles.

    Comme il ne nous sera pas possible de vous montrer, ne fût-ce qu’une œuvre, de chaque artiste, ni de présenter le formidable travail de chacun, dans des détails descriptifs, je vous propose d’accompagner le photographe Ming Cao. Nous avons sélectionné les photos que nous vous montrons ici, au hasard.

    Lors de ce Salon de la sculpture, le public a eu la possibilité de voir des œuvres d’Anne-Marie Grimler, d’Assy Jans, d’Ellen Van der Woude, de Fabienne Goerens, de Florence Hoffmann, de Gérard Claude, d’Iva Mrazkova, de Karolina Pernar, de Katazzyna Kot-Bach, de Laure Mackel, de Lukas Arons, de Marie-Josée Kerschen, de Mario Vandivinit, de Menny Olinger, de Myriam Schmit, de Rafaël Springer, de Rita Sajeva, de Rol Backendorf, de Tom Flick, de Wouter Van der Vlugt et d’Yvette Gastauer-Claire.

    Weiterlesen
  • Kultur16. Juni 2021

    Die Nacht ist vorgedrungen – ein interaktiver Krimi

    Anders geht's nicht

    von Eva Petermann

    Wie schafft es eine Autorin wie Doris Gercke, nach mehr als vierzig Jahren und mindestens drei Dutzend Romanen – Reportagen und Kurzgeschichten nicht mitgezählt – immer noch neue Ideen zu generieren?

    Antwort 1: Zweifellos bieten die »finsteren Zeiten« gerade der letzten Jahrzehnte Stoff in Hülle und Fülle für jede Art von Politthriller. »Die Nacht ist vorgedrungen« hat in dieser Hinsicht denn auch mehr als genug zu bieten: Geschäfte mit »Wandernutten« und verbotene Drohnendeals; Nazis auf dem Land; Geheimdienste und dementsprechend vorzeitig Verstorbene und Verschwundene. Dazu eine investigative Reporterin, die zusammen mit ihrem Fotografen-Kumpel teuflische Scheußlichkeiten ans Licht bringt. So wie einst Bella Block, die legendäre Ermittlerin in Doris Gerckes Krimiserie? Das Zeug dazu hätte sie schon, diese Wahrheitssucherin der Tochtergeneration – Klara Böhm, die freischaffende Journalistin.

    Antwort 2 zur Frage von oben: Doris Gercke, die ihren Brecht gelesen hat, läßt Raum für eigene Ideen und Lösungen, nach dem Motto: »Verehrtes Publikum, such dir selbst einen Schluß.«

    Erst einmal erfahren wir einiges über die Ich-Erzählerin Klara, Hamburgerin wie Doris Gercke. Als ihr Partner fungiert der etwas undurchsichtige Starfotograf Franz Kugler. Sie sind ein prima Team: Man lobt ihr sozialkritisches Engagement; Auszeichnungen bleiben nicht aus. In die Reportage über »Die Kultur der Sieger« (der Sieger von 1989!) knien sie sich richtig rein. Völlig unterschätzt haben sie dabei die Empfindlichkeiten ihrer Auftraggeber von der großen Zeitung. Denn zwar darf »jeder schreiben, was er will, das ist die Freiheit in unserem Land!« Aber doch nicht so! Erfreuliches Ergebnis nach langem Hin und Her: Kein Wort wird geändert. Nicht so erfreulich: Kein Artikel – kein Honorar. »Man soll die Wahrheit schreiben oder man soll gar nicht schreiben. Alles, was darunter bleibt, ist Lüge und deshalb lächerlich«, läßt Doris Gercke ihre Klara sagen. Das hat seinen Preis. Partner Franz ist aber ohnehin einer ganz heißen Story in und um Moskau auf der Spur. Jetzt wird es richtig spannend und gefährlich.

    Gercke unterbricht jedoch irgendwann den Erzählstrang, wechselt Thema und Ort der Handlung, verzögert Auflösungen. Eher beiläufig eingestreut sind Rückblicke auf die Zeitgeschichte, insbesondere die alte und neue BRD – auf Vietnamkrieg, Berufsverbote und Jugoslawienkrieg, auf vergangene Massenproteste und Soli-Bewegungen.

    Und heutige Kämpfe? Die kommen höchstens andeutungsweise ins Bild. Gerckes Figuren recherchieren und zeigen, das ist ihr Beruf. Zum Beispiel in einer Dorfkneipe eine Protestversammlung. Ein junger Typ – Antifa? –, der etwas über Nazis im Ort weiß. In der Stadt die einen oder anderen aufrechten Kommunisten, mit denen Franz (wie bekanntlich Autorin Gercke) sympathisiert. Aber auch die kriegen ihr Fett ab. So scheint Skepsis durch – und Gerckes schwarzer Humor –, wenn Klara und Franz als Pressevertreter die Delegierten auf dem DKP-Parteitag betrachten. Begeistert beklatscht wird ein Redner, der Richard Dehmel zitiert: »Es fegt der Sturm die Felder rein, es wird kein Mensch mehr Hunger schrein.« Drei Jahre sind es da noch bis zum Anschluß der DDR und zu der großen Niederlage des Sozialismus.

    War es nicht auch Klaras Niederlage? Ihre Wohnung wurde verwüstet – von wem? Franz wurde ermordet – von wem? Soll sie es allein »gegen den Rest der Welt« aufnehmen? No more. Sie flüchtet aufs Land, in das Haus mit seinem mächtigen Baumdach überm Hinterhof.

    Im Dorf bleibt man distanziert. Nebenan ziehen neue Besitzer ein. Eines Tages taucht dort ein alter Bekannter von Franz auf! Mit einem Schlag holen die Stadt und alles mühsam Verdrängte sie wieder ein. Zunächst jedoch braucht ihre Freundin Rita, Schriftstellerin mit DDR-Hintergrund, ihren Beistand. Wegen eines Rundfunkinterviews, das ihr Verlag zwecks Werbung für ihr neues Buch eingefädelt hatte. Die Rita war richtig in Fahrt gekommen und hatte der entgeisterten Rundfunkjournalistin sogar Bert Brechts mahnendes Gedicht vom »Tropfen auf den heißen Stein« nicht vorenthalten: »Der Sommer kommt … Wird also eure Welt schon besser?« Die medienerfahrene Klara kann nur den Kopf schütteln über so viel Naivität.

    Inzwischen ist ihr eigenes Buch ebenfalls fertig, ihr erster Roman. Grund zu feiern? Schon, aber wäre das nicht Verrat an Franz? Dessen Tod immer noch nicht aufgeklärt ist? Plötzlich ein Lichtblick: Es scheint so, als wollte ihr der wegen zu eifriger Ermittlungen suspendierte Beamte jetzt tatsächlich helfen. Von wegen! Kurz darauf kommt es gleich mehrfach knüppeldick. Nun ist die abgeklärte Klara diejenige, die das heulende Elend packt. Ausgebrannt.

    Irgendwann landet sie draußen. Aus dem Weihnachtsrummel Hamburgs verschlägt es sie in ein Kirchenkonzert. Die erste Liedzeile im zufällig aufgeschlagenen und gleich wieder zugeklappten Gesangbuch spricht sie an: »Die Nacht ist vorgedrungen.« Doris Gercke verschweigt uns, wie es weitergeht in diesem Gedicht von Jochen Klepper, das er 1937 seiner jüdischen Frau Hanni widmete. Solche Auslassungen und Leerstellen haben, wie wir schon wissen, Methode bei dieser mit allen Wassern erzählerischen Handwerks gewaschenen Schriftstellerin.

    Und was wird aus Klara? Sie weiß nun, sagt sie, daß sie »sich ausruhen muß« und dann »zuhören und aufschreiben, was ich sehe«. Einen noch besseren Schluß zu finden überläßt Gercke uns. Anders geht es ja auch nicht, oder?

    Na, einfach selber lesen.

    * * *

    Doris Gercke, geboren in Greifswald, DDR, als Tochter einer Arbeiterfamilie, arbeitete als Sekretärin, war Hausfrau und Mutter und kam über das »Begabtenabitur« zum Jurastudium. In den 1980ern wandte sie sich der politischen Kriminalliteratur zu. Gleich ihr erster Roman 1988 »Weinschröter, du mußt hängen« wurde ein Bestseller. Als Schöpferin der international bekannten Ermittlerin Bella Block schrieb sie Literatur- und Fernsehkrimigeschichte. Zuletzt erschienen ihre Anthologie »Frisches Blut« und davor ihr Roman »Wo es wehtut«.

    Weiterlesen
  • Kultur16. Juni 2021

    Du 16 au 27 juin, au Kinneksbond, à Mamer

    «Le mensonge». du Théâtre Ouvert Luxembourg

    de Michel Schroeder

    Après avoir assisté, en avril dernier au studio du Grand Théâtre, à «Sex with Strangers», la nouvelle création du Théâtre Ouvert Luxembourg (TOL), je vous conseille vivement d’assister à l’une des nombreuses représentations de «Le mensonge», une comédie sur la vérité.

    «Sex with Strangers» m’a fortement conquis ! Cette pièce, haute en couleur, divertissante et vachement branchée sur le sexe, était mise en scène par Véronique Fauconnet, une Véronique inspirée. La traduction de cette pièce de Laura Eason, dramaturge et scénariste basée à Brooklyn, avait été assurée par Tullio Forgiarini, romancier spécialisé dans l’écriture de romans noirs (voir Hydre Editions). Sur scène, nous avions vu et apprécié Claire Cahen, dans le rôle d’Olivia, et Sullivan Da Silva, dans celui d’Ethan.

    Avant d’avoir eu la possibilité d’assister à une représentation de «Le mensonge», je puis déjà mettre ma main (même les deux si vous voulez !) au feu, pour vous assurer que vous assisterez à un beau spectacle de théâtre.

    Afin de vous mettre l’eau à la bouche, je vous propose un résumé de la pièce... Dans la rue, Alice a surpris le mari d’une de ses amies avec une autre femme, et se trouve alors confrontée à ce dilemme entêtant : doit-elle lui dire ce qu’elle a vu ? Paul, son mari, tente de la convaincre qu’elle doit absolument cacher la vérité, faisant ainsi l’éloge du mensonge…

    Mais, est-ce vraiment dans le seul but de défendre son ami ? Ou a-t-il lui aussi des choses à cacher ? A moins que ce ne soit son épouse qui raconte des choses, dans le but de mieux lui faire avouer ses mensonges, et pour mieux dissimuler les siens ? Difficile à dire.

    Cependant, il y a au moins une certitude : toute vérité n’est pas bonne à dire et … inversement aussi.

    Dans cette pièce de Florian Zeller, mise en scène par Aude-Laurence Biver, vous apprécierez sur scène, les comédiennes et comédiens Véronique Fauconnet, Olivier Foubert, Colette Kieffer, et Raoul Schlechter.

    La scénographie et les costumes sont de Marco Godinho, la mise en mouvement est de Gianfranco Celestino, les lumières de Nico Tremblay, et la création musicale est assurée par Benjamin Zana.

    Cette production du TOL est coréalisée avec le Centre culturel Kinneksbond de Mamer.

    Les représentations auront lieu au Centre culturel Kinneksbond de Mamer du 16 au 19 juin, et les 22, 24, 25 et 26 juin à 20h, ainsi que le dimanche 27 juin à 17h.

    Les réservations peuvent se faire, soit sur le site www.kineksbond.lu, soit par téléphone au 26395-160, ou encore auprès de Luxembourg Ticket.

    Weiterlesen
  • Kultur15. Juni 2021

    Hommage à Guy Wagner

    Die Winterreise

    de Michel Schroeder

    Lors de la soirée d’hommage à Guy Wagner, la salle de spectacles du Trifolion d’Echternach était remplie, dans les limites des règles sanitaires en vigueur.

    Sincèrement, je m’attendais à une soirée exceptionnelle, et ce fût bien le cas. Finalement, ne fût-t-elle pas plus qu’exceptionnelle ? Je pense bien que oui. En écrivant ce qui précède, peut-être suis-je influencé par les liens qui m’unirent à Guy Wagner, un personnage qui m’a souvent aidé, soutenu, ouvert des portes. Merci Guy !

    Un véritable monstre sacré

    Guy Wagner est une anthologie, un mammouth aux nombreuses et intarissables compétences, un monstre sacré de la scène littéraire, ainsi que de la scène culturelle de notre pays.

    Il a été instituteur à Beidweiler, Differdange et Esch-sur-Alzette. En parallèle de sa carrière d’instituteur, il a effectué des études de lettres françaises à l’Université de Metz. C’est en qualité de professeur qu’il a ensuite enseigné au Lycée de garçons d’Esch-sur-Alzette, au Lycée technique Mathias Adam de Pétange, au Lycée technique Joseph Bech de Grevenmacher, ainsi qu’au Lycée des Arts et Métiers de Luxembourg.

    Il dirigea très habillement le Théâtre municipal d’Esch-sur-Alzette et coordonna, jusqu’à sa démission, les manifestations organisées dans le cadre de Luxembourg capitale européenne de la culture 1995.

    Guy Wagner a dirigé des troupes de théâtre scolaire, et a été cofondateur de l’Académie européenne d’été. Il a également collaboré à avec une multitude de journaux et de revues. Il coédita, avec Guy Rewenig, l’hebdomadaire «Kontrast. Wochenschrift für freie Meinung».

    Ses œuvres poétiques et théâtrales sont très engagées. Son dernier ouvrage, publié sous le titre «In c-Moll» aux éditions Le Phare, est en quelque sorte son testament littéraire. Dans ce recueil posthume sont publiés des textes qu’il a écrits entre 1971 et 2015.

    Un fin connaisseur

    Dans la vie et l’œuvre de Guy Wagner, l’art dramatique a occupé une place importante lorsqu’il a été directeur de théâtre, mais aussi et sans doute surtout, en ses qualités d’auteur et de critique. Il a été un fin connaisseur de l’œuvre de Samuel Becket. Il a déclenché une importante vague de polémiques avec sa pièce «Ee wéi deen aneren», lors de sa diffusion à la télévision. Il n’avait pas hésité, à travers son texte dramatique, à émettre de sévères critiques sur la société et la famille.

    Il a fait une étude sur le compositeur Penderecki (dont il m’a offert un jour un LP), et a écrit une biographie de Mikis Theodorakis (Editions Phi), publiée en langues française et allemande. Dans le riche ouvrage «Luxemburger Komponisten heute» il a présenté la vie, ainsi que l’œuvre d’environ quarante compositeurs luxembourgeois contemporains.

    A travers son étude «Frère Mozart» il a développé la facette franc-maçonnique du compositeur. Ce livre a été également publié en allemand sous le titre «Bruder Mozart».

    Dans son livre «Doppelleben», il n’a pas hésité un seul instant à critiquer le prêtre catholique d’origine luxembourgeoise, Robert Alesch, collaborateur des Allemands pendant la Seconde Guerre mondiale. Ce personnage louche a dénoncé un réseau de la Résistance auquel appartenait, entre autres, Samuel Beckett.

    L’œuvre littéraire, ainsi que l’engagement politico-culturel de Guy Wagner a été récompensé par de nombreux prix et distinctions : lauréat du prix René Oppenheimer pour son opposition au racisme, à l’intolérance et à la xénophobie, il a été plusieurs fois récompensé au Concours littéraire national, et honoré par le Prix des amitiés Grèce-Luxembourg. En 2010, il a reçu le Prix du mérite culturel de la Ville d’Esch-sur-Alzette.

    Winterreise

    Je viens de lire, en diagonale certes, l’excellent roman de Guy Wagner, publié chez Phi, sous le titre «Winterreise».

    Tout au long des vingt-quatre chapitres de ce texte dense et coloré, l’auteur raconte et met en scène la vie et l’œuvre du célèbre compositeur autrichien Franz Schubert. Pour ce roman, l’auteur a été récompensé par le premier prix, dans la catégorie roman, du Concours littéraire national en 2004.

    Le texte met en lumière un compositeur exceptionnel, tout en étant un plaidoyer pour la liberté et la justice.

    Lors de cette soirée, les actrices et acteurs qui ont lu, de manière brillante et vivante, des extraits de cette œuvre, ont rendu le roman très attachant. Raison pour laquelle, ne l’ayant jamais lu auparavant, je n’ai pas hésité à en acquérir un exemplaire.

    Les lectures furent agrémentées d’extraits de compositions de Schubert. Ce programme très réussi a été conçu par Charles Muller.

    Ont lu des extraits de l’œuvre de Guy Wagner : Fabienne Hollwege, Leila Lallali, Charles Muller, Christiane Rausch, Andreas Wagner, Germain Wagner.

    Le public ravi a également pu entendre les œuvres de Franz Schubert suivantes : Die schöne Müllerin D 795, Das Wandern ist des Müller’s Lust, Freunde der Kinderjahre D 455, et les extraits de Winterreise D 911 : Der Lindenbaum, Im Dorfe, Erstarrung, Letzte Hoffnung, Einsamkeit, Der Leiermann, brillamment interprétés par Sabine Weyer, au piano, et Dimitri Maslennikov, au violoncelle.

    Weiterlesen
1 | 2 | 3 | 4 | ... 315 |