Kultur

La Rentrée Littéraire avec la « Zeitung »

Olivier Vigna, signe un superbe roman aux Editions Alphée/Jean-Paul Bertrand Editeur (www.editions-alphee.com) : Les nuits froides. Il s’agit d’un roman carrefour : solitude, liberté et création s’y croisent, ainsi qu’enfermement, rencontre, éclats, choc des mondes. À New York, un musée commande aux dix plus grands peintres du dernier siècle une œuvre qui les rendra éternels. Seulement il est rare que tout se passe comme prévu. L’un des peintres le découvre rapidement, car rien ne suit l’ordre attendu. Des rues de Manhattan aux quartiers de Paris, un compte à rebours s’amorce, une course intense afin d’obtenir les dix toiles pour l’inauguration de l’exposition. Une rencontre de hasard bouleverse l’artiste et change le regard qu’il porte aux choses. Définitivement. Olivier Vigna parviendra-t-il à influencer le regard que vous portez aux choses ? Probablement !

Le premier roman de Marcel Theroux publié en France est une œuvre hallucinée et hallucinante. Un roman de fin du monde, un roman de renaissance, de début du monde aussi. A chaque détour, nos peurs, nos angoisses, éclatent, font partie intégrante du roman, de ses personnages. Marcel Theroux est un magnifique magicien, un visionnaire aussi, un maître incontestable et incontesté. Makepeace, shérif d’une ville sans habitants, depuis qu’une apocalypse a catapulté le monde alentour dans le néant, hante le paysage glacé. Il ira de rencontre en rencontre, croisera des survivants agressifs, des microsociétés bâties sur la terreur. Marcel Theroux, avec ce roman aussi audacieux que réussi, met en scène la survivance de la race humaine, ainsi que notre propre survivance. Au nord du monde de Marcel Theroux a été publié aux Editions Plon. (www.plon.fr). La Rentrée Littéraire chez Plon, c’est aussi : Le confident d’Hélène Grémillon ; L’échiquier de la reine de Yann Kerlau ; Tous ces jours sans toi de William Réjault.
Isabelle Hausser, Prix des Libraires pour « Célubée », Prix Giono et Prix des Lectrices de Elle pour « La Table des enfants », propose son nouveau roman, publié aux Editions de Fallois sous le titre Petit Seigneur. Ce roman sent les épices, le maïs grillé, le café à la cardamone, on y entend le muezzin. Isabelle Hausser dit avec délicatesse et inspiration, l’atmosphère des pays arabes, empreinte de poésie et de tension. Ce roman est un voyage à part entière. C’est également aux Editions de Fallois que Claude Chevreuil publie son roman Un coin de table. Il s’agit d’un texte inspiré de faits réels, le journal d’un artiste, Henri-Fantin Latour, mais aussi le journal d’un fils aux côtés d’un père dont il a la charge. Claude Chevreuil dit avec beaucoup d’élégance Henri-Fantin Latour affronté aux nécessités de survivre dans une capitale affamée, cet homme qui hait la violence et la guerre.

Au cœur d’une période de désordre politique et religieux, dans l’Ecosse des massacres et des rois rivaux du XVIIème siècle, Corrag, jeune fille maudite accusée de sorcellerie, attend le bûcher. Le révérend Charles Leslie a fait le voyage depuis l’Irlande pour venir l’interroger sur les massacres dont elle a été témoin. Dans le clair-obscur d’une prison putride, les ombres du révérend et de la sorcière Corrag se frôlent et tremblent à la lueur de la bougie. Mais la voix de Corrag s’élève au-dessus des légendes et des terreurs qu’elle inspire, par-delà ses haillons et sa tignasse sauvage. Charles, peu à peu, ne voit plus en elle la créature maudite. Après avoir remporté le prestigieux Prix Whitbread pour son roman précédent, Susan Fletcher publie son nouveau roman, un roman d’une force extraordinaire, sous le titre Un bûcher sous la neige, aux Editions Plon. (www.plon.fr). En 2006, la journaliste franco-camerounaise Elizabeth Tchoungi a été finaliste au Prix Carrefour-Savoirs pour son roman « Je vous souhaite la pluie ». Aujourd’hui elle récidive en qualité avec un chef d’œuvre : Bamako Climax. (Plon).

Voici un très réussi premier roman, publié aux Editions Gallimard : (www.gallimard.fr / www.folio-lesite.fr) : Des fleurs pour Zoé d’Antonia Kerr. Antonia Kerr raconte, avec poésie, naïveté, souplesse et beaucoup de mouvement, la quête de Richard, soixante ans. Richard ne supporte plus sa vie à Manhattan, son épouse l’a quitté voici un an déjà. Direction Key West, une maison de retraite de luxe pour jeunes-vieux ou vieux-jeunes. Richard va tomber fou amoureux de Zoé, la jeune nièce de son nouvel ami John-John. Jeune fille de vingt-deux ans, la libido de Zoé est volcanique. De joie de vivre en émotions fulgurantes, de paniques en extases, Richard ne comprend plus rien à son existence, au cours d’un road movie palpitant qu’il va accomplir avec sa jeune conquête à travers les Etats-Unis. Les Editions Gallimard viennent de publier d’autres romans captivants : Le sel de Jean-Baptiste Del Amo ; L’insomnie des étoiles de Marc Dugain ; Le siècle des nuages de Philippe Forest ; Un roman estonien de Katrina Kalda ; Demain j’aurai vingt ans d’Alain Mabanckou ; Beau Rivage de Dominique Barbéris ; Photo-Poto de Marie Nimier ; Amours et aventures de Sindbad le marin de Salim Bachi ; Salaam la France de Bernard du Boucheron ; Bélard et Loïse de Jean Guerreschi ; La triche de France Huser ; Nous étions des êtres vivants de Nathalie Kuperman. Aux « Editions Verticales », faisant partie de Gallimard, viennent d’être publiés : Naissance d’un pont de Maylis de Kerangal ; Que font les rennes après Noël ? d’Olivia Rosenthal.

Arnaud Rykner, sélectionné pour le Prix France-Culture/Télérama pour son roman « Nur », vient de publier aux Editions du Rouergue (www.lerouergue.com) son roman Le Wagon. En juillet 1944, l’un des derniers convois de déportés met trois jours pour aller de Compiègne à Dachau. Plus de 2000 hommes sont entassés dans 22 wagons, plus de 500 mourront pendant le voyage. Sur ce fait historique, vécu par un membre de sa famille, Arnaud Rykner fait le pari de la littérature, en inventant le monologue d’un jeune homme de 22 ans qui raconte, au fil des heures, l’enfer vécu.

Marie-Sabine Roger publie, dans le cadre de la Rentrée Littéraire du Rouergue, également un roman d’une grande force, sous le titre Vivement l’avenir, mettant en scène des oubliés du système capitaliste.
C’est la dernière nuit de l’année. Sur l’île de Bréhat, Paloma, quatorze ans, rejoint Pierre, son ami d’enfance, pour fêter le nouvel an. Ils ne se sont pas vus depuis un an. L’adolescente s’est transformée et les rapports sont à réinventer. Carmen Bramly, l’auteur du roman Pastel fauve, a quinze ans. Elle est en seconde au lycée Fénelon à Paris. Elle écrit depuis son plus jeune âge, des contes, des poèmes. Elle écrit comme elle chante, elle écrit comme elle aime, elle écrit sous la poussée de ses sentiments, de sa quête d’éternel amour et de vie sublime. Bravo Carmen Bramly. Pastel fauve a été publié chez Jean-Claude Lattès (www.editions-jclattes.fr)

« Jeg forbanner tidens elv » de Per Petterson a reçu le Grand Prix de littérature du Conseil Nordique en 2009. Aujourd’hui, c’est dans la prestigieuse collection « Du Monde Entier » des Editions Gallimard : (www.gallimard.fr / www.folio-lesite.fr) que vient d’être publié ce roman de Per Petterson, l’un des auteurs norvégiens les plus lus dans le monde, sous le titre Maudit soit le fleuve du temps. Arvid, le narrateur, décide de rejoindre sa mère. Cette dernière, prenant de court toute sa famille, a sauté sur le premier ferry depuis Oslo après avoir appris qu’elle souffrait d’un cancer, pour se réfugier dans la petite maison qu’elle possède dans le nord du Danemark dont elle est originaire. Elle accepte d’abord de mauvaise grâce la présence de ce fils mal dans sa peau, puis, dans un face-à-face inédit pour l’un et l’autre, la communication s’établit. Petit à petit, des événements du passé refont surface. Arvid revient sur l’échec de son mariage, son enfance dans un quartier d’Oslo, son engagement militant et sa décision de ne pas faire d’études et de travailler dans une usine. La mère, quant à elle, veut retourner une dernière fois sur l’île de Laeso où elle avait été accueillie à un moment difficile de sa vie, révélant par la même occasion à son fils tout un pan de son existence. Le balancement entre passé et présent rythme ce récit pudique et émouvant, et on retrouve ici tout l’art de Petterson de parler sans pathos des petites et grandes déchirures qui traversent nos vies. Dans la collection « Du Monde Entier » ont également été publiés : La baie de midi de Shirley Hazzard ; Le temps matériel de Giorgio Vasta ; La proximité de la mer de Jorge Luis Borges ; La bascule du souffle de Herta Müller ; Indignation de Philip Roth.

La Rentrée Littéraire aux Editions Jean-Claude Lattès (www.editions-jclattes.fr) est marquée par plusieurs événements majeurs. William Ospina est né à Padua, Colombie, en 1954. Figure phare de la scène intellectuelle en Amérique du Sud, il condamne dans ses écrits, la corruption et la violence qui règnent dans son pays et mène une réflexion très approfondie sur la Conquista et les fondements de la culture sud-américaine. Son premier roman, « Ursua », publié chez Lattès, présenté l’année passée dans les pages de votre quotidien favori « Zeitung », a été salué par Gabriel Garcia Marquez et Fernando Vallejo, a connu un immense succès dans toute l’Amérique latine et un admirable succès dans les pays francophones. Aujourd’hui les Editions Jean-Claude Lattès (www.editions-jclattes.fr) publient le nouveau roman de William Ospina, sous le titre Le pays de la cannelle. Dans une île sèche des Caraïbes, un jeune Espagnol vit avec celle qu’il a toujours connue comme nourrice, Amaney, à la peau brune comme la cannelle. Il vit dans l’attente des lettres de son père, parti sitôt après sa naissance courir fortune avec les conquistadors de Pizarra. A douze ans il reçoit une dernière lettre, récit envoûtant et terrible de la chute de Quzco et de la mort de l’empereur. La lettre suivante lui apprend la mort de son père et…..que sa prétendue nourrice n’est autre que sa maman. William Ospina signe là un roman de voyage qui appelle aussi bien au grand dehors qu’à la quête la plus intime, celle de ses propres origines. A lire impérativement, publiés chez le même Editeur : L’effet larsen de Delphine Bertholon ; En attendant la montée des eaux de Maryse Condé ; Le mariage de Dominique Hardenne de Vincent Engel ; Les vies extraordinaires d’Eugène d’Isabelle Monnin ; La petite Malika de Habiba Mahany et Mabrouck Rachedi ; Pied-de-mouche d’Adam Mars Jones.

Placé sous le signe du chaos, le roman En attendant Babylone d’Armanda Boyden, publié aux Editions Albin Michel (www.albin-michel.fr), restitue l’âme et l’atmosphère de la Nouvelle Orléans. A la manière d’un photographe, la romancière fixe son regard sur la rue d’un quartier populaire de la ville, Orchid Street, dont elle observe la vie pendant une année. À travers les voix de plusieurs habitants, c’est un paysage social et intime, mais aussi une Amérique fissurée par les différences de race et de classe qu’elle saisit. Cette étonnante capacité à s’emparer du réel tout en tissant une trame romanesque complexe est l’une des forces de ce magnifique roman dont la véritable héroïne demeure La Nouvelle-Orléans, à la fois superbe et décadente, débordante d’énergie et de sensualité. D’autres romans exceptionnels ont été publiés chez Albin Michel dans le cadre de la Rentrée Littéraire : Les trois saisons de la rage de Victor Cohen Hadria ; Que tous nous veuille absoudre de Stéphanie Janicot ; Incident de personne d’Eric Pessan.

Dans le cadre de la Rentrée Littéraire, les Editions Fayard (www.editions-fayard. fr) publient un roman dénonciateur explosif, d’une grande actualité : Journal intime d’une prédatrice de Philippe Vasset. Elle est la Reine des Glaces. Sous l’Arctique qui fond, elle va chercher du pétrole, des diamants, du gaz. Elle manipule les Inuits, elle se rit des Etats, bouscule les écologistes et élimine ses concurrentes. Saisie par la fièvre des pionniers du Grand Nord, elle s’invente un personnage légendaire, vêtu de fourrure, dévorant du phoque et remontant le passage du Nord-Ouest. Elle a compris que le réchauffement climatique, loin d’être une malédiction, ouvre des perspectives commerciales inouïes. Mais sur la route de la fortune se dresse bientôt une jeune et redoutable rivale.

La Rentrée Littéraire chez Fayard, c’est également : Retour aux mots sauvages de Thierry Beinstingel ; Le piano solitaire de Michel del Castillo ; Les bulles de Claire Castillon ; Etrangers d’Abita Brookner ; Le jour où il s’en va de Jean-Philippe Domecq ; Les grands gestes de la nuit de Thibault de Montaigu ; Sommeil des dieux d’Erwin Mortier.

Karel est grand reporter au Weekly Globe. Il va là où nous ne sommes pas, pour être nos yeux et nos oreilles, pour informer et surtout témoigner. Spectateur privilégié des soubresauts de notre époque, journaliste à la fois idéaliste et désinvolte, amateur de femmes et assoiffé d’ivresses, il traque la vérité, passant des rues de New York aux poussières de Gaza, des hauteurs de Lima aux terrasses du Caire, des guerres civiles d’Indonésie aux insurrections d’Amérique Latine. Toujours en équilibre précaire, jusqu’au basculement final. En même temps qu’il essaie de comprendre le monde en crise autour de lui, il tente de débrouiller l’écheveau compliqué de sa vie sentimentale. En marge de ce qui fait son quotidien déraciné et violent, s’ébauche une histoire d’amour et se profile l’ombre d’une catastrophe. Point de non-retour d’André Vitchek a été publié aux Editions Yago. (GILLES PARIS).

Michel Schroeder