Pour la citoyenneté de résidence

Assemblée générale du CLAE

Le CLAE a présenté, hier après-midi, ses nouvelles instances dirigeantes. Deux semaines après son assemblée générale qui s’est tenue le 17 juin dernier, à laquelle ont participé près de 80 personnes en représentation de 45 associations, le nouveau comité exécutif composé de 40 membres a, à son tour, élu le nouveau bureau du CLAE, composé de six personnes.

C’est Tony Montserrat, président du CLAE durant les six dernières années, qui a pris la parole afin de présenter, Furio Berardi, le nouvel élu à cette fonction.

En guise d’introduction, Furio Berardi a rappelé que depuis sa création en 1985 le CLAE, qui représente aujourd’hui 75 associations, mais qui a des contacts avec un même nombre d’autres associations, a toujours travaillé à deux niveaux : le social et la vie associative. Durant les trois prochaines années, il compte notamment faire en sorte que le CLAE ait une meilleure collaboration avec les partis politiques qui gouvernent, ce qui ne signifie pas pour autant que le CLAE renonce à être revendicatif et incisif, le CLAE étant, selon lui, synonyme de revendication.

Il est vrai qu’il suffit, pour s’en convaincre, de parcourir la résolution de l’assemblée générale. C’est ce qu’a fait le directeur du CLAE, Franco Barilozzi, en évoquant les nombreuses propositions que le CLAE adresse au futur gouvernement.

Parmi ces mesures, retenons qu’au niveau des droits politiques, le CLAE propose, pour les élections communales, que la période de résidence pour pouvoir y participer passe de cinq à deux ans, que les dérogations qui refusent l’accès aux fonctions de bourgmestre et échevin aux citoyens communautaires soient levées et que, sous les mêmes conditions, le droit de vote passif soit accordé aux résidents non communautaires.

Le CLAE, favorable à une citoyenneté de résidence, propose que le droit de vote législatif soit accordé à tous les citoyens étrangers résidant depuis un certain nombre d’années au Luxembourg et d’étendre le droit de vote aux élections européennes aux résidents des pays tiers.
En matière de droits sociaux, le CLAE propose, notamment, que le nouvel arrivant répondant aux conditions, reçoive une aide sociale pour faciliter son installation, que les demandeurs d’asile déboutés bénéficiant d’un statut de tolérance soient régularisés automatiquement et que le Luxembourg mette en place une couverture sociale universelle minimale afin que les personnes en situation irrégulière puissent avoir accès aux soins de santé.

Pour l’éducation des enfants, le CLAE propose également l’instauration d’un tronc commun pour les premières années de lycée, la suppression du redoublement et une plus grande autonomisation des écoles. De même il souhaite que les formations professionnelles les plus qualifiantes soient dispensées également en français et en allemand et qu’un effort soit fait au niveau de la reconnaissance des diplômes des résidents originaires des pays tiers. Il veut que l’accès des étudiants de l’université de Luxembourg à un travail rémunéré soit reconsidéré afin que le permis de séjour ne soit pas le fait exclusif de migrants fortunés, et également que le gouvernement évite de contribuer à la fuite des cerveaux des pays tiers. Le CLAE est bien sûr opposé à la politique d’expulsions.

Mais le CLAE ne veut pas limiter son action au Luxembourg et veut agir également au niveau européen. Il revendique, pour tous les citoyens de l’Union européenne (UE), communautaires ou non, de jouir de tous les droits électoraux après deux ans de résidence dans un des pays membres. Le CLAE estime que l’Union européenne doit »éviter de se servir, une fois de plus, des ressources des pays en voie de développement en favorisant une immigration choisie qui ne pourra qu’aboutir à une fuite des cerveaux qui creusera un peu plus le fossé Nord/Sud« .

I.P.I

Ivano Iogna Prat : jeudi 9 juillet 2009