L’imaginaire en Liberté(s) : livres, CD & revues

Laurent Dumortier publie aux Editions Chloé des Lys (www.editionschloedeslys.be) dans une collection de petits, mais bien sympathiques petits livres, son recueil Onirique. Auteur de dix romans et recueils de nouvelles et de cinq recueils de poésie, Laurent Dumortier nous offre un recueil dans lequel la poésie s’impose d’amblée comme le résultat de voyages dans l’antre de la création, là où peu d’auteurs parviennent à poser le sillage de leur inspiration : Les ratures et les souffrances / Sont des passerelles traumatiques / Vers un rêve d’asile. // Qui se substitue peu à peu / A l’ancrage quantique / De la réalité.

Le nouveau CD de Lylac (www.lylac.be), publié par Home Records (info@homerecords.be ), sous le titre By a Tree plonge auditeurs et auditrices dans une ambiance magique, avec au chant, à la guitare, au cavaquinho, au piano, à la trompette, au flugelhorn, l’intemporel Amaury Massion et au violoncelle le formidable Thècle Joussaud. La musique étrange, voluptueuse, de cet ensemble désormais applaudi aux quatre coins d’Europe et d’ailleurs, offre une dimension qui allie imaginaire au galop et imagination confinée dans les lois de l’émotion. Un CD que l’on écoute et réécoute avec la plus grande joie.

J’avais écrit dans l’une de mes chroniques de livres que le poète Pierre Guérande se laisse guider par la fébrilité constante de l’émerveillement et que ses images vibrent avec l’instinct du mot qui s’engouffre partout avec des vents nomades. Pierre Guérande revient avec un nouveau recueil aux textes mille fois réfléchis, à la langue secrète, toujours fouillée, jamais banale. Vigies pour jardins secrets vient d’être publié à La Nouvelle Pléiade. (Diffusé par l’Espace Culturel de la Société des Poètes Français 16, rue Monsieur le Prince F- 75006 Paris). Le petit dix heures : Il est bon que l’on ait / Un poème pour la route / Qu’on le choisisse beau / Qu’on l’aime et l’emmitoufle / Comme un biscuit d’enfant / Caché avec amour / Dans un recoin secret / Sous l’écharpe et les moufles / Compagnons de voyage / Ils auront tout leur temps / Qu’on les garde soumis / Pour la petite faim / Car elle peut surgir / Un moment comme un autre / Sans que sonnent dix heures / Du soir ou du matin.

A travers la métaphore des deux tilleuls qui habitent la cour de son immeuble, le légendaire, 20 rue Jacob, à Paris, occupé jadis par Nathalie Clifford Barney, Etel Adnan tisse, dans son recueil Le cycle des tilleuls, publié aux Editions Al Manar/Alain Gorius (www.editmanar.com / editions-alain.gorius@editmanar.com), une épopée de la vie, de la mort et de la résurrection dans un cycle de quatre longs poèmes. L’écriture d’Etel Adnan est puissante, et pourtant simple, dans le choix de ses vocables et de ses moyens, et utilise tous les moyens à la portée de l’écriture poétique moderne, l’assemblage, les juxtapositions, la non-linéarité, les silences, et les jeux de mise en page, pour évoquer les écueils et les tragédies de l’existence. Etel Adnan partage son existence entre Sausalito, Beyrouth et Paris.

Le Spantole publie avec une régularité exemplaire, depuis 1956, sa revue artistique et littéraire. 366 numéros, des textes de belle qualité. Ainsi des textes de Thierry Haumont, Pierre Coran (La cicindèle et la cétoine : Vert jaune, / la cicindèle / se gave de limaces / grasses / à la pelle. // Vert doré, / la cétoine / est moins paysanne / et pour cause, / elle se nourrit de roses ), Pierre Guérande ( La poésie s’éprend des cités interdites / elle évente l’appel herbacé des comètes / elle ouvre son herbier secret son livre d’heures / à des rêves floraux tombés des astres morts. // Subtile sa mémoire hante l’amour courtois / qu’on dirait échappé des mêmes météores / et son chant souverain au plus haut des alpages / noie l’horizon cendré dans une mer de roses ), Ariane François ( Aux portes des provinces obscures / l’aube n’a jamais le temps de / t’éclairer // que vois-tu encore dans le trouble / construit lentement par tes songes / qui n’ont de racines / que dans de fragiles miroirs // aperçois-tu tes angoisses / dans le pli des heures / ou simplement le passé / n’a-t-il plus d’écho.), Christian Debaise, Pierre Dejardin. Adresse de contact : Le Spantole M. Thierry Haumont 39, rue Ali Autome B- 6030 Charleroi.

Dans le N° 118 de la revue « Plumes et Pinceaux », publiée par Arts et Poésie Saint-Ghislain (Mme Nelly Hostelaert Rue du Temple, 39 – B-7331 Baudour) nous avons découvert les talents poétiques de Nelly Hostelaert, Charles Verfaille, Yvan Avena, Yves-Fred Boisset, Jacques Tabary, Roger-André Halique, Joël Conte, Josette Seillier, Jean-Michel Klopp, Janet Leinne, Monique Goffinon.

Le N° 31 de la revue « Reflets Wallonie-Bruxelles, la Pensée Wallonne » (M. Joseph Bodson Rue de la Mutualité, 109, B- 1180 Bruxelles), propose à son sommaire des chroniques de publications, des poèmes d’Emile Kesteman, de Véronique Wautier, de Danielle Gerard, de Pierre Guérande, ainsi qu’une nouvelle de Barbara Y. Flamand.

Dans le N° 20 du « Manoir des Poètes » (23, Allée des Myosotis F-95360 Montmagny) le Libre Propos de Maggy De Coster porte le titre « A propos de la Tolérance ». On lit avec beaucoup de plaisir dans ce numéro « Quand la Plume Noire rend hommage à la romancière Maryse Condé », « L’apport des femmes haïtiennes dans la peinture », « Xème rencontre Latino-américaine des Femmes de Lettres au Panama », des poèmes de Claudine Bertrand, Arthur Ceyrac, en version française et espagnole de Jean-Michel Klopp, de Porfirio Mamani Macedo, de Bella Clara Ventura, Colombie, de Berta Estrada Estrada, Colombie, de Jacinta Ceballos, Mexique, d’Elisabeth Altamirano, Pérou, de Giovanna Benedetti, Panama, de Leda Garcia Perez, Costa Rica, de Chiqui Vicioso, République Dominicaine, des nouvelles de Jean-François Blavin. Les traductions du français vers l’espagnol et de l’espagnol vers le français sont dues au talent de Maggy de Coster.

Michel Schroeder

vendredi 27 juillet 2012