Des romans à suspense pour vos soirées hivernales

Loriano Macchiavelli est un des maîtres incontestés du polar italien, un maestro incontournable si vous préférez. Il tire les ficelles de ses intrigues avec talent, intelligence et son écriture est savoureuse, frappante. Suite à un vol commis avec subtilité, le flic Sarti Antonio, alors qu’il était responsable de la sécurité d’une exposition numismatique présentant des raretés universelles, est affecté aux rondes de nuit dans le quartier du Pilastro. Le Pilastro, c’est un peu l’enfer pour ce policier. Antonio Sarti y fait la connaissance d’une femme opulente, pulpeuse, désirable, charmante. Sa conquête est maman d’un jeune garçon, un enfant futé, vif, intelligent. Le cadavre du gamin est découvert et notre ami l’enquêteur va tout mettre en œuvre pour découvrir la vérité. Qu’est- ce qui se cache derrière le paravent des bonnes consciences ? Derrière le paravent de Loriano Macchiavelli, publié aux Editions Métailié est un excellent polar, cruel et tendre.

Un jour d’avril 1976, une jeune avocate se présente au parloir de la prison de la Santé. Maître Martine Malinbaum, 26 ans, vient d’être désignée pour défendre Jacques Mesrine, l’ennemi public N° 1. Quand elle se présente à lui, il est précédé par sa lourde réputation de criminel impitoyable. Elle n’a pour armes que sa timidité de plaideur débutant. Curieusement, il arrive un peu contracté, l’œil malicieux comme porté par le désir de plaire. Elle n’est ni impressionnée, ni même intimidée. D’emblée, elle lui impose ses conditions : pas de familiarité, ne jamais la tutoyer, ni lui demander le moindre service interdit par la déontologie de sa profession. Un rien désarçonné par la jeune femme, il la jauge un court instant et, d’un œil encore plus rieur, lui tend la main. Mais derrière le cauchemar de toutes les polices, se cache un homme seul, en veine de confidences, à défaut de stricte séduction. Maître Malinbaum garde ses distances à l’égard de celui qui, condamné à l’isolement au Quartier de Haute Sécurité cherche à s’épancher auprès de la jeune femme. Alors, il lui écrit… Trente lettres, de cœur. Elles montrent un autre Mesrine. Derrière chaque phrase, parfois naïve, on devine un prisonnier, sinon modèle, du moins un homme qui aurait laissé tomber son manteau d’orgueil. Trente ans après la mort de Mesrine, tombé dans une embuscade policière en 1979 et à l’heure où le cinéma ressuscite ses faits d’armes sur fond de violence, c’est un Mesrine intime qui se livre dans l’ouvrage Mesrine intime, lettres de prison à son avocate publié aux Editions du Rocher. Ces lettres sont présentées par sa destinatrice, Maître Martine Malinbaum.

De l’action, du drame, des machinations, des énigmes… Une silhouette furtive hante les coulisses du Palais Garnier ; que veut-il, ce Fantôme de l’Opéra ? Que cherche le mystérieux Roi des catacombes, le chef de la pègre parisienne ? Un ululement sinistre déchire la nuit… et nous sommes emportés à Constantinople, à Smyrne, dans les champs pétrolifères de Russie. Voici, publiés dans le volume Gaston Leroux, romans mystérieux, chez Omnibus, trois grands romans d’aventures flirtant avec l’étrange, trois chefs-d’œuvre haletants éblouissants de verve et de fantaisie : Le Fantôme de l’Opéra ; Le Roi Mystère ; Le Secret de la boîte à thé.

Un couple disparaît dans les gorges de Kakouetta, proches d’Oloron-Sainte-Marie. Michel, inspecteur chargé des affaires spéciales à la P.J, va solliciter l’aide de Muriel, chercheuse à l’unité de parapsychologie de Toulouse pour mener son enquête. L’affaire est en effet troublante car plusieurs disparitions ont déjà eu lieu à cet endroit : un radiesthésiste en 1938, une équipe de spéléologues en 1967 et en 1980 un groupe de jeunes marcheurs se sont littéralement évaporés. Les enquêteurs auront du mal à garder la tête froide car une légende pyrénéenne tenace raconte qu’un trésor inestimable aurait été déposé dans ces grottes il y a plus de douze siècles, quand les Maures envahissaient le pays… Or, ce trésor, certains ésotéristes, s’appuyant sur les textes de Nostradamus, le considèrent comme un héritage de nos lointains ancêtres de l’espace. L’or des maures de Jacques Mazeau a été publié aux Editions du Masque.

Kate Atkinson est entrée dans la littérature par la grande porte, en 1996, avec un roman fascinant qui ne ressemblait à rien de connu : Dans les coulisses du musée, qui obtint le Prix Whitbread en Grande-Bretagne et le Prix du Meilleur Livre de l’année en France. Kate Atkinson a publié quatre autres romans : Dans les replis du temps (1998) ; Sous l’aile du bizarre (2000) ; La souris bleue (2004) qui a obtenu le Prix Westminster du roman anglais ; Les choses s’arrangent, mais ça ne va pas mieux (2006) et un recueil de nouvelles en 2003, sous le titre C’est pas la fin du monde. C’est aux Editions de Fallois que vient de paraître le nouveau roman de Kate Atkison, sous le titre A quand les bonnes nouvelles. Un écrivain, Howard Mason, vit avec sa femme et ses trois enfants à la campagne. Alors qu’il est allé rejoindre sa maîtresse à Londres, sa femme, le bébé, l’aînée de ses filles, huit ans, et le chien sont massacrés par un parfait inconnu. Seule la petite Joanna, six ans, parvient à échapper au carnage en se cachant dans un champ de blé. On retrouve Jackson Brodie, le détective privé de La souris bleue remarié à une conservatrice du British Museum, et Louise Monroe, mariée à un chirurgien d’Edimbourg. Dans ce roman, il y a de nombreuses intrigues, mais la principale concerne une généraliste, Dr Hunter, pour qui Reggie Chase, orpheline de seize ans, fait du baby-sitting. On découvre peu à peu que Joanna Hunter n’est autre que la petite Joanna qui a échappé à l’horrible massacre de la première partie et que l’assassin, qui a purgé sa peine, est sur le point de sortir de prison. A partir de là, l’intrigue est menée de main de maître et le lecteur se demande jusqu’à la dernière page si Jackson est bien le père de Nathan, si Louise et lui vont enfin s’avouer leur amour mais, dans un dénouement typique de Kate Atkinson, rien ne se passe comme prévu. Le suspense ne nous lâche pas d’une semelle au fil de la lecture de ce roman exceptionnel.

Michel Schroeder

vendredi 16 janvier 2009