Chemins d’ethnographes et de voyageurs contemporains : des livres fabuleux

Claude Lévy-Strauss est parvenu, grâce à ses découvertes, études, recherches ethnographiques, écrits et conférences, à modifier l’esprit étroit dans lequel s’était assise une grande partie de la population européenne à propos des autres et en particulier de ceux et celles qui étaient désignés à l’aide de termes dégradants : primitifs, sauvages. Dès 1930, Claude Lévy-Strauss étudia les peuples vivant en Amazonie brésilienne. Des peuples qui aujourd’hui souffrent de toutes sortes de maux, liés au progrès et surtout de la convoitise envers leurs sols, ressources et richesses les plus diverses. Lévi-Strauss n’a-t-il d’ailleurs pas dit : « J’avais tout à fait conscience de découvrir un monde et des gens exceptionnels et je ne savais pas combien de temps ce monde durerait ». Le numéro 33-34 de la Revue Ethnies, droits de l’homme et peuples autochtones, portant le titre Lévi-Strauss et les Nambikwara est publié par « Survival » ( 45, rue du Faubourg-du-Temple F-75010 Paris www.survival france.org ). Notons que les Editions Gallimard (www.ga llimard.fr) viennent de publier dans la prestigieuse Bibliothèque de la Pléiade le volume Claude Lévi-Strauss, comprenant les œuvres suivantes : Tristes tropiques – Le totémisme aujourd’hui – La pensée sauvage – La voie des Masques – La potière jalouse – Histoire de Lynx – Regarder, écouter, lire.

A vingt-six ans, Douglas Mawson contracte le « virus polaire ». Deux années plus tard, il monte l’Expédition australasienne antarctique, de décembre 1911 à février 1914. Les conditions climatiques auxquelles les hommes sont confrontés dès leur arrivée en Terre Adélie défient l’imagination : la vitesse moyenne des vents dépassé quatre-vingt kilomètres heure, avec des pointes à trois cent vingt. Mais les paysages sublimes, cathédrales de glace, séracs déchiquetés, langues de glaciers aux couleurs étonnantes et la faune, phoques, manchots empereurs, pétrels des neiges, offrent une immense compensation. Avec une énergie et un courage stupéfiants, les explorateurs multiplient les raids de reconnaissance, organisant au mieux leur quotidien, ce qui, au Pays du Blizzard, relève de l’exploit. Ils découvrent et cartographient plus de trois mille kilomètres de côte. Au pays du blizzard de Douglas Mawson a été publié aux Editions Paulsen. (www.editionspaulsen.com)

Dans leur guide magnifiquement illustré Visitons le Canada, publié aux Editions de l’Homme (www.edhomme.com), George Fischer et Noël Hudson, proposent 100 destinations dans toutes les provinces et les territoires du Canada. Chacune vous fait découvrir des panoramas grandioses ou des formations géologiques exotiques. Les auteurs ont déniché, d’un océan à l’autre, les meilleurs lieux à visiter dans un pays connu pour sa diversité et ses extrêmes. L’ouvrage Une France sauvage, l’Aubrac, de Colette Gouvion et Renaud Dengreville, publié aux Editions du Rouergue (www.lerouergue. com) nous fait découvrir, au cœur de la France, un espace aussi dépaysant qu’une Patagonie. C’est l’Aubrac, son rude hiver, ses animaux sauvages, une France montagnarde et rurale à l’espace et au silence impressionnants. Cette région nous offre l’un des plus beaux paysages qui soit.

Une autre façon de voyager est de découvrir le cinéma asiatique. Les amateurs comme les néophytes trouveront dans le Dictionnaire du cinéma asiatique, publié chez Nouveau Monde Editions (www.nouveau-monde.net), les grands films qui ont marqué leur époque, d’un point de vue esthétique, politique ou social, les grandes figures (acteurs, réalisateurs), les principaux genres et courants. Il s’agit d’un étonnant voyage de l’Inde au Japon, en passant par le Pakistan, la Birmanie, le Bengladesh, le Vietnam et la Corée.

Antoine-Marie Graziani, professeur des universités à l’Université de Corse, membre senior de l’Institut Universitaire de France, propose l’Histoire de Gênes, ouvrage fondamental, publié aux Editions Fayard (www.editions-fayard.fr ). Il montre combien, tout au long de sa tumultueuse histoire, la cité de Gênes bat au rythme d’événements plus vastes et d’équilibres fort lointains. Car si elle est enfermée derrière ses murs, menacée par des forces féodales ou de puissants voisins, victime de crises politiques, elle se réinvente en permanence.

Nicole Viloteau nous propose un panorama de cent vingt cinq rencontres, pleine brousse, dans la jungle ou dans le désert, avec toutes sortes de bêtes et bestioles terrestres, arboricoles, aquatiques, et ce, en Australie, au Brésil, en Inde, en Indonésie, au Gabon. Nicole Viloteau communique d’une manière très personnelle avec les animaux les plus étranges et les plus dangereux ( papillons, scarabées aux parures somptueuses, reptiles cabotins, gloutons, mortels, d’inquiétants jaguars, des crabes poilus, des renards volants, des oiseaux-fouet….) dans des lieux improbables et une atmosphère parfois onirique. Son livre Un baiser d’ailes bleues, publié aux Editions Arthaud (arthaudcom@flammarion.fr) est enrichi d’informations scientifiques précieuses et de dessins originaux.

Michel Schroeder

mercredi 20 mai 2009