Etonnants voyages / Etonnants voyageurs : à lire et relire

L’expédition antarctique de Sir Robert Falcon Scott, qui s’acheva tragiquement en l’an 1913, a été minutieusement transcrite par Apsley Cherry-Garrard. Aujourd’hui, les Editions Paulsen (www.editionspaulsen.com) mettent à notre disposition ce fameux texte, publié sous le titre Le pire voyage au monde, Antarctique 1910 – 1913. Au nom de la science, des hommes ont vaincu le froid, l’obscurité, le vent, le blizzard, les étendues blanches, des terres inconnues. Ce récit est poignant d’authenticité, d’exactitudes scientifiques, de découvertes fabuleuses.

Les graines aussi font partie du voyage. Loufoque, me direz-vous ? Mais pas du tout, il vous suffit de lire l’ouvrage écrit et illustré par Anne Möller Les graines, de grandes voyageuses, publié chez Gulf Stream Editeur (www.gulfstream.fr) et vous apprendrez comment les plantes parviennent à se hisser sur un mur ou à tapisser d’immenses prairies, tout en étant ancrées par leurs racines. Ce livre explique les astuces que les plantes ont trouvées pour voyager grâce à leurs fruits ou à leurs graines : les unes se propulsent en tous sens, d’autres font du parachute, de l’hélicoptère ou bien s’accrochent à des animaux. Le texte de cette publication est porté par des illustrations aussi poétiques que fidèles à la réalité. Un livre qui s’adresse à un public de jeunes lecteurs dès 8 ans.

Est-il utile de voyager loin pour être comblé ? Certes non. Un petit tour à Namur, et en bonne compagnie, ça vous dirait ? Dans le livre de Norbert Bastin, Namur aux cent visages, publié aux Editions du Perron ( www.perron.be ), nous découvrons les différents quartiers de la charmante cité mosane, avec son architecture, son folklore et son histoire locale. Cette deuxième édition est enrichie de nouvelles photographies qui mettent en valeur les nombreuses transformations que la ville a connues ces dernières années. En complément, Luc Arnould dresse le portrait économique et social de Namur en tant que région capitale.

Un matin du mois d’octobre, Lullaby décide de ne plus aller à l’école. Elle écrit à son père, glisse dans un sac quelques objets et, empruntant le chemin des contrebandiers, part en direction de la plage. Elle part à la découverte de ses émotions, de sa sensibilité. Un petit garçon qui revient de la pêche, une jolie maison grecque, mais surtout le soleil et la mer remplissent ses journées d’ivresse et de liberté. Un jour, pourtant, il faut revenir à l’école. Qui donc voudra croire à son étrange voyage ? Lullaby de J.M.G. Le Clézio a été publié chez Gallimard Jeunesse (www.gallimard-jeunesse.fr) dans la collection Ecoutez/Lire. (Il vous est loisible d’écouter un extrait sur www.ecoutezlire.gallimard.fr). A partir de 13 ans.

En 1897, deux archéologues d’Oxford mettent à jour un extraordinaire trésor à 170 km au sud du Caire, sur un bras du Nil. A Oxyrhynchus, dans des amphores, des coffres, ils découvrirent plus de 500.000 fragments de papyrus écrits en grec et en latin, permettant de reconstituer la vie quotidienne de cette bourgade, de la mort d’Alexandre le Grand jusqu’au IVème siècle après J-C. les jours et les heures apparaissent avec une émouvante précision : des livrets des maîtres d’école, avec leurs commentaires sur Homère, les lettres bouleversantes d’un enfant demandant à ses parents de pouvoir les rejoindre, les pétitions publiques, les listes de courses, les factures des bouchers, des comtes rendus de procès ou des exactions des coptes sur les premiers chrétiens, des mandats d’arrêt, des testaments, des lettres d’amour, les conseils d’un apiculteur et d’un pêcheur. C’est tout un monde qui surgit sous nos yeux, terriblement vivant et proche de nous avec ses craintes et ses espoirs. Si on estime que Pompéi nous a laissé la mémoire architecturale de l’Antiquité, les tableaux de Fayoum la mémoire visuelle, nous arrivons à la conclusion que le trésor d’Oxyrhynchus nous offre la plus émouvante des mémoires, celle de la vie de tous les jours. Chef du projet Oxyrhynchus à la British Academy, Peter Parsons nous convie à un voyage extraordinaire avec son livre La cité du poisson au nez pointu, publié aux Editions Jean-Claude Lattès (www.editions-jclattes.fr ).

Les îles fascinent. On les dit paradisiaques. Mais au-delà des clichés, une autre réalité transparaît, souvent terrible, effarante. Après avoir lu le livre Iles tragiques de Hugo Verlomme et David König, publié aux Editions Arthaud, vous ne verrez plus les îles de la même façon. Tour à tour prison ou utopie, l’île agit telle une loupe qui déforme les émotions. Dans ce huit clos infernal, les passions s’exacerbent, parfois jusqu’aux pires furies criminelles. Les auteurs de ce livre, proposent un mélange explosif, où se croisent pirates et aventuriers, négriers et utopistes, naufragés et déserteurs. Exécutions, complots, trahisons, viols, anthropophagie, supplices, domination, folie, sont le lot quotidien de certaines îles. Ce livre est un mélange joyeux, explosif et passionnant, entre fiction et réalité. Un livre fou tel un voyage fou. Chaque histoire de cet ouvrage fait apparaître des facettes de l’âme humaine.

Michel Schroeder

mardi 12 mai 2009