Consommation d’alcool chez les jeunes

De plus en plus tôt

Si au niveau du tabac de grands efforts sont déployés pour décourager les jeunes de fumer, on ne peut malheureusement pas dire en dire autant pour l’alcool. C’est ainsi que si en matière de tabagisme, on ne peut que se réjouir de la réduction du nombre de jeunes fumeurs, en ce qui concerne l’alcoolisme c’est l’inverse, et il y a de quoi se préoccuper lorsque l’on voit la tendance actuelle. Les jeunes commencent à consommer de l’alcool toujours plus tôt, moins régulièrement mais en quantités toujours plus importantes, avec tout ce que cela implique : comportements violents, échec scolaire, accidents de la route, etc.

L’ivresse, banalisée, devient un objectif à atteindre, le meilleur exemple étant le »binge drinking« une pratique originaire des pays anglo-saxons, qui consiste à boire la plus grande quantité d’alcool possible dans le délai le plus bref.

En France, vu qu’il n’existe pas de statistiques à ce sujet au Luxembourg, on a constaté, entre 2004 et 2007, chez les moins de 15 ans, une augmentation de 50% des hospitalisations pour ivresse. Cependant, à en croire le député Marcel Oberweis, la France a déjà réagi. Elle a décidé d’interdire les soirées où, moyennant le paiement d’un montant forfaitaire, on peut consommer de l’alcool à volonté.

Il semble que le »binge drinking« a également fait son apparition au Luxembourg, et que les jeunes s’adonnent de plus en plus tôt à cette pratique. Ce fait préoccupe sérieusement le Centre de prévention des toxicomanies qui y voit un danger réel pour les jeunes. Il veut également combattre la tendance à considérer l’alcool comme une drogue »culturelle« . Le député a donc demandé à Mars Di Bartolomeo, ministre de la Santé, ce qu’il envisage de faire pour lutter contre la consommation d’alcool chez les mineurs ?

Après avoir confirmé le fait qu’il n’existe pas, à ce jour, de données chiffrées relatives aux pathologies liées à l’abus d’alcool, il précise qu’il envisage d’introduire, dans les services d’urgence des hôpitaux, le programme européen d’enregistrement des accidents volontaires et involontaires (EU Injury Database) qui comprend l’enregistrement des consommations abusives de drogues (légales ou illégales) ayant nécessité des soins médicaux. C’est le CRP Santé qui sera chargé de la mise en œuvre du projet, dont la phase test est prévue pour cette année.

Il informe qu’il existe, depuis 2005, un groupe interdisciplinaire, coordonné par le Centre de prévention des toxicomanies en collaboration avec son ministère, composé de représentants de ses services, des Ministères de la Famille et de l’Education Nationale ainsi que de la Formation Professionnelle, du SNJ, de l’ORK, du Parquet, de la Police grand-ducale, de la Sécurité routière, de l’Union Luxembourgeoise des Consommateurs et de la psychiatrie juvénile, qui se réunit régulièrement pour discuter de cette problématique. Après avoir discuté des alcopops, un règlement a été adopté (décembre 2005) qui a établit une taxation importante sur ces produits, ce qui a eu pour effet d’en réduire la consommation.

Il rappelle également la campagne »Pas d’alcool en dessous de 16 ans« , en 2007, qui a abouti à l’extension à tous les lieux publics de la loi interdisant de servir des boissons alcoolisées aux moins de 16 ans. Cette loi vise plus particulièrement les fêtes organisées sous tente en été.

Ce groupe prévoit d’organiser également des actions dans les écoles et les communes, d’émettre des recommandations de bonne conduite pour les organisateurs de festivités, etc.

Un rapport national relatif à la consommation de drogues légales et illégales devrait être publié en fin d’année.

I.P.I

Ivano Iogna Prat : mardi 5 mai 2009