Poids du logement sur le budget du ménage

Plus lourd chez les plus modestes

L’Observatoire de l’Habitat a publié il y a peu une note sur l’ »Impact du coût du logement sur le budget des ménages selon leur niveau de vie en 1996 et en 2006« .

Il en ressort qu’en 2006, sur les 108.000 ménages résidant au Luxembourg, 63% remboursaient un emprunt ou payaient un loyer, les autres 37% ayant terminé de rembourser leurs prêts immobiliers ou étant logés gratuits.

Pour cette enquête, les ménages ont été classés en deux catégories. Il y a ceux considérés à niveau de vie modeste, qui sont 27.000, soit 25% de l’ensemble, desquels 66% sont locataires et 34% propriétaires. Pour les autres 81.000 ménages, qui ont un niveau de vie moyen ou aisé, les proportions sont inversées, 66% sont propriétaires et 34% locataires. Entre1996 et 2006, le nombre de ménages modestes locataires a progressé de 6%, 60% d’entre eux occupant un appartement, alors qu’ils étaient 54% en 1996. Dans la catégorie des plus aisés, on a constaté, durant cette même période, une augmentation quasi équivalente (5%) mais ici, des propriétaires, et ils sont, comme en 1996, 39% à vivre en appartement.

Etant plus souvent locataires, la mobilité des ménages modestes est supérieure à celle des plus aisés.

En 2006, le montant remboursé ou le loyer payé s’élève en moyenne à 820€/mois, soit 19% (18,4% en 1996) du revenu disponible des ménages. Cependant pour les ménages modestes ce taux est passé de 25,6% en 1996 à 29,2% en 2006, soit une augmentation de 3,6% alors que pour les plus aisés il est passé de 18,2% à 18,6%, soit une hausse de 0,4% seulement. Qu’ils vivent en appartement ou dans une maison, le poids du logement est toujours supérieur pour un ménage modeste, en raison du revenu dont il dispose. Le coût moyen en 2006 était de 552€/mois pour les ménages modestes et de 883€/mois pour les autres. A la même époque, le revenu moyen des premiers, qui était de 1.880€ en 1996, avait atteint 2.140€/mois (+13,8%) alors que celui des seconds qui était de 4.358€/mois en 1996 avait atteint 5.400€/mois (+23,9%), soit un revenu qui représente plus du double de celui des premiers. Une telle différence s’explique aussi par le fait que dans les ménages modestes, seuls 23% comptent deux actifs alors que c’est le cas dans 52% des ménages plus aisés.

Si cette différence existait déjà en 1996, elle n’a cessé de s’accroître depuis. Si pour les plus aisés, l’augmentation en dix ans a été de 21,5%, elle a été des 28,2% pour les plus modestes.

Toujours selon l’Observatoire de l’Habitat, deux des éléments les plus déterminants à l’origine de cette situation sont, d’une part, le type de logement et de l’autre, la date d’entrée dans le logement.

Pour ce qui est du type de logement, les ménages plus modestes vivent logiquement dans des logements plus petits que ceux des plus nantis, or, ce qui est incroyable, c’est que l’augmentation des prix des petits logements a été supérieure à celle des grands.

En ce qui concerne la date d’entrée, les ménages modestes occupent leur logement depuis peu, au contraire des plus aisés, et de ce fait ils ont été plus exposés à la hausse des prix.

Enfin, comme il est aujourd’hui encore plus difficile qu’auparavant d’accéder à un logement à un prix raisonnable, ce sont une fois encore les ménages modestes qui en sont les victimes et qui éprouvent de plus en plus de difficultés à trouver un logement digne.

Le constat est clair : les pauvres sont chaque jour plus pauvres et les riches chaque jour plus riches. Il est tant que cela change, une telle évolution n’est pas tolérable.

I.P.I

Ivano Iogna Prat : jeudi 30 avril 2009