Création de zones horticoles

Le projet continue d’exister...

Bien que le projet de création de zones horticoles au Luxembourg remonte, selon le député Marcel Oberweis, aux années 90, il ne semble pas pour autant être destiné à rester oublié au fonds d’un tiroir.

En effet, toujours selon lui, un groupe interministériel envisage de créer des zones horticoles sur deux sites situés à proximité de Itzig, où devraient être produits des légumes et des plantes décoratives sous serres, mais où également d’autres plantations seraient réalisées dans des structures non chauffées.

Les principaux objectifs de cette initiative sont, d’une part, d’augmenter la proportion de légumes autochtone et de l’autre de réduire les émissions de gaz à effet de... serre.

Pour en avoir le cœur net, il a interpellé Fernand Boden, ministre de l’Agriculture, de la Viticulture et du Développement rural pour savoir s’il confirmait ces informations et, si c’était le cas, s’il est prévu d’y installer un chauffage à base de biomasse pour alimenter les serres par un réseau de chauffage urbain ?

Il lui a également demandé combien d’emplois ce projet devrait engendrer dans les deux zones agricoles ?

Le ministre commence par faire savoir que le projet initial de zone horticole qui aurait du voir le jour à Hesperange sur le site de »in Tidert« a été abandonné, mais que deux autres projets alternatifs ont été retenus.

Le premier projet consiste en l’exploitation de serres chauffées aux abords d’une station de biométhanisation, qui devrait être construite prochainement, et devrait fournir la chaleur nécessaire aux serres. Cependant le ministre explique que ce projet ne pourra voir le jour qu’à condition que la rémunération d’électricité et de la chaleur soit plus intéressante pour l’exploitant de la station de biométhanisation que celle qu’il obtiendrait en fournissant le réseau de distribution du gaz. Or, pour que l’exploitation des serres reste rentable, il faut que le prix de l’énergie soit assez bas. Cette station devrait permettre d’exploiter 20.000m2 de serres. Au cas où le choix devait se porter sur la production de tomates, une telle exploitation devrait offrir du travail à 10 personnes.

Pour ce qui est du second projet, il s’agirait cette fois de culture hors sol dans des serres non chauffées. Si le coût d’infrastructure est inférieur à celui du premier projet, le choix des cultures (fraises ou tomates) ainsi que la saison de production sont plus limités. D’autre part, la surface exploitable du site »in Tidert« est de 15 hectares, or ce type d’exploitation demande de 3 à 6 personnes par hectare, ce qui fait dire au ministre que ce projet paraît peu réaliste à moyen terme.

Enfin, Fernand Boden estime que les structures de commercialisation comprises dans ces projets permettront également d’écouler les productions horticoles et contribuer ainsi à stabiliser les exploitations existantes, promouvoir la création de nouvelles productions agricoles et créer de nouveaux emplois.

I.P.I

Ivano Iogna Prat : mardi 28 avril 2009