Un an déjà que ça roule

Maintenant on va partout à Vel’oh... sans casque

Le premier anniversaire de Vel’oh en ville tombait à pic le 1er jour de printemps par un temps radieux associé à un fond de l’air frisquet à vous couper le souffle en pédalant depuis le bas de Hollerich vers la Ville-Haute sur un vel’oh rutilant et flambant neuf mais pesant bien au delà de 20 kg, tout de même.

Après le court circuit symbolique de Mr. Lucien Lux autour du pâté de maisons, ils furent encore une quinzaine de courageux faire-valoir à rejoindre le centre ville à vélo guidés par les bikers mobiles de la ville alors qu’à l’Athénée des bien né(e)s voisin, les notables entretemps tournèrent autour du pot de l’amitié afin de ne pas perdre la moindre miette du gâteau d’anniversaire fait d’une pièce montée agrémenteé de macarons mous sucrés-bleutés.

Ce ne fut pas par hasard qu’on avait choisi l’immense préau de l’Al où, soit dit en passant, on aurait pu faire la démonstration en faisant circuler quelques spécimens par temps de pluie... pour la birth-day party du bicycle et son miraculeux retour en grâce via le projet du vel’oh bleuvert...

Ce rendez-vous branché allait de pair avec la présentation d’une nouvelle borne censée s’adresser à une nouvelle clientèle d’usagers potentiels, en l’occurence les élèves et enseignants de l’atténant Athénée.

Installée par les Ets. Decaux, force est de constater que – tiens, tiens, une fois n’est pas coutume – le choix n’est pas tombé sur une firme allemande voire des experts d’outre moselle..., la nouvelle borne francaise Decaux, contrairement aux bouches de métro parisiennes, est à mille lieux du style »Arts Déco« mais plutôt beau comme un camion avec sa vingtaine de vélos flambants neufs posés devant.

Un succès indéniable

Rien d’étonnant que le bilan présenté par le maire de la ville, Mr. Paul Helminger et l’échevin Mr. Fr. Bausch furent, comme il fallait s’attendre, des plus positifs.

Les chiffres parlent d’eux-même, pensez donc, 3000 abonnements à l’année, quelques 1000 cartes hebdomadaires, 110 000 déplacements en tout etc.

410 vélos sont actuellement en circulation auxquels vont s’ajouter 20 à 30 engins destinés aux communes limitrophes de la grande banlieue de Hespérange et de Strassen.

Contrairement à Esch où au vu du manque de culture vélo, même la 2ième tentative de relancer le vélo en ville aboutit à un fiasco inavoué – die reinste Wohlfahrt – à entendre les socialistes, la réintroduction du Vél’oh dans la Capitale qui en fait n’est qu’une vile bicyclette, semble sur la »Bonnevoie« .

La mobilité douce via le vélo semble reconquérir du terrain et marquer des points par rapport à la mentalité du tout à l’auto.

Le député écolo Fr. Bausch est du même avis, même s’il semble beaucoup moins tenir à la culture de la sécurité, ni à titre personnel, ni surtout pour les autres – dont les élèves de l’Al, auxquels il devrait servir d’exemple en mettant, voire en préconisant le port du casque.

Questionné (par nous) à ce sujet, Mr. Bausch, le responsable faisant preuve d’irresponsabilité en la matière, affirme qu’il n’y avait pas eu le moindre accident... ce qui semble étonnant, vu que depuis l’introduction du Vél’oh à Paris, il y a déjà eu plusieurs morts sans parler des cyclistes renversés et simplement blessés.

Le port du casque, selon ses dires, serait superflu en ville et (sic) contraire à l’idée de convivialité du vélo en milieu urbain... »schlecht fir d’Gesondhét mais gud fir de Projet« serait-on tenté de répliquer à des déclarations aussi naives qu’irresponsables (blauäugige Grüne ?) relevant du même raisonnement simpliste et erronné qui fait dire à certains automobilistes que le port de la ceinture sur de petites distances n’est pas nécessaire... !

Une déclaration surprenante, sinon irresponsable et démagogique d’un homme politique censé donner l’exemple.

L’autre jour et rien que pour le bluff, à l’occasion d’un spot électoral tourné par des Berlinois, il s’était pourtant coiffé d’un casque de chantier vert... ! Lorsqu’on sait que les médecins – traumatologues du monde entier – mettent en garde et insistent sur l’irréparabilité voire les séquelles gravissimes de certaines lésions cérébrales pouvant être évitées par la protection d’un casque rigide, les déclarations de M. Bausch, ne se souciant guère des éventuels dégâts collatéraux de sa politique laissent perplexe.

A noter que Mme Anne Brasseur qui elle ne fait pas seulement du vélo pour la frime, met le casque, alors que Mr Helminger, le mal nommé semble y renoncer.

Alloh, Vel’oh – bobo...

Très mal inspirés, ils devraient pourtant savoir, que même des »bobos« branchés peuvent s’esquinter le chef en tombant de haut... Rouler sans casque à vélo, c’est tout aussi risqué que de sortir »non couvert« ..., et Bausch qui se veut être le pape du Vel’oh, alors qu’il est en fait encore tout vert en la matière, ferait bien de se préserver et de ne pas prendre ses sujets à la légère...

Qui plus est, l’apprentissage voire le »recyclage« du maniement de la petite reine se fait certes – question de se donner bonne conscience – par le biais de cours collectifs de la »Velos schoul« de surcroit en langue allemande – comprenne qui pourra.

Là encore, et c’est révélateur de la mentalité ambiante, on recommande aux stagiaires de se ranger sagement, de faire profil bas, voire de »s’écraser« pour ne pas se faire écraser, devant des chauffards motorisés sans parler des mastodontes à plusieurs essieux... pressés comme des taxis...

Tout ça selon la règle tacite qui veut qu’au pays de l’auto-roi et du GSM au volant, toléré sinon très peu sanctionné, c’est toujours aux plus faibles de s’adapter alors qu’une campagne de sensibilisation dans l’autre sens, c. à d. s’adressant également aux automobilistes et insistant sur la très grande vulnérabilité des cyclistes et les droits de ces derniers fait défaut !

Parallèlement au démarchage et à l’éducation de nouveaux usagers du Vel’oh, ce n’est qu’alors qu’une cohabitation à moindre risque pourra être envisagée.

Dans le cas contraire, les gentils écolos qui de façon bien naive suivront à l’aveuglette les recommandations des apôtres de la mobilité douce courent le risque de connaître ni plus ni moins qu’une mort violente et en se heurtant à la brutale motricité de tous les excès.

Guy van Hulle

P.S. Dans le code de la route actuel, le plus grand flou entoure la façon dont il faut doubler un cycliste en ce qui concerne l’actionnement du clignotant voire le respect d’une marge latérale suffisante d’au moins un mètre en cas de dépassement.

jeudi 16 avril 2009