Disparitions d’enfants

Numéro unique 116000... pas pour demain

Bien que l’on entende parler régulièrement de disparitions d’enfants, il n’existe incroyablement pas à ce jour de statistiques relatives au nombre d’enfants qui disparaissent chaque année dans l’Union européenne.

On doit donc se contenter de chiffres de certains pays. C’est ainsi que selon l’association Missing Children Europe, une association qui regroupe en son sein 21 ONG de 15 pays de l’Union européenne, ayant pour objectif la protection de l’enfance en danger, notamment contre le phénomène de l’exploitation sexuelle, la lutte contre les disparitions d’enfants et le soutien aux familles, telle que, par exemple, Child Focus de Belgique, on a dénombré, en 2006, 3.600 enfants disparus en Belgique, 45.000 en France et 140.000 au Royaume-Uni.

Pour Jacques Barrot, vice-président de la Commission européenne chargée des libertés, de la sécurité et de la Justice, l’enlèvement d’enfants constitue un véritable fléau auquel il s’agit de trouver une réponse efficace au plus tôt. Il estime que, pour combattre ce phénomène, outre le numéro d’appel unique, que seulement 5 des 27 Etats membres ont adopté, il est indispensable que tous les Etats membres adoptent également, et le plus rapidement possible, le système »Alerte enlèvement« qui a déjà montré son efficacité dans des pays tels que la Grèce et la France.

Outre le numéro 116000, exclusivement réservé pour signaler la disparition d’un enfant, deux autres numéros sont d’ores et déjà opérationnels, le 116111 destiné aux enfants ayant besoin d’assistance et le 116123 qui offre un soutien moral.

Suite à la mise en service du numéro 116000, le député Toni Negri a interpellé Marie-Josée Jacobs, ministre de la Famille, ainsi que Luc Frieden, ministre de la Justice et Jean-Louis Schiltz, ministre des Communications, afin de savoir ce qu’il en est au Luxembourg, du fait qu’il existe déjà dans le pays le »12345 Kanner-Jugendtelefon«  ?

Dans une réponse commune, les ministres de la Famille et de la Justice font savoir que ces trois services existent depuis belle lurette au Luxembourg, sous d’autres numéros. Le remplacement de ces numéros par de nouveaux commençant par 116 engendrerait des difficultés, vu que les autres numéros sont déjà familiers au grand public, cela demanderait un sérieux effort au niveau de la publicité et ce »sans garantie d’acceptation des nouveaux numéros par le public« ( ?).

Ils considèrent que la gratuité du 116... pour le public représente également un problème, cette gratuité ne devant exister, selon eux, que dans le cas d’assistance aux mineurs, ce qui est le cas actuellement pour le numéro 8002 qui assure ce service. Ils estiment que, du fait que seuls 5 des 27 pays membres ont adopté les numéros 116000, il est préférable d’attendre dans les autres pays membres avant de prendre une décision. Ils rappellent que les autorités luxembourgeoises ont participé à l’exercice européen de simulation »Alerte enlèvement« et ont adapté leur pratique aux critères européens.

Au Luxembourg, pour signaler la disparition d’un enfant, il faut donc se mettre en contact avec les services compétents de la police grand-ducale et, en cas »d’urgence, de menace et/ou de danger« , s’adresser au 113. Pour les enfants victimes d’abus de toutes sortes et pour signaler des abus sur des enfants, il faut prendre contact avec la police judiciaire, dont le numéro de l’action »Bobby« est le 12321.

Enfin, pour les enfants ayant besoin d’assistance et les personnes souhaitant un soutien moral, il y a le 12345 de Kanner-Jugendtelefon et le 454545 de l’a.s.b.l. SOS Détresse.

C’est bien beau de vouloir attendre pour voir ce que font les autres mais, comme a dit Jacques Barrot à l’Assemblée générale 2008 de Missing Children Europe : »L’engagement de tous les Etats mem-bres et de toutes les parties concernées est essentiel pour parvenir à protéger nos enfants« .

I.P.I

Ivano Iogna Prat : vendredi 3 avril 2009