Enquête Ceps/Instead sur le trajet domicile-travail

Toujours plus de voitures  !

Il ressort d’une enquête de Ceps/Instead, que la croissance économique enregistrée durant les vingt dernières années a fait qu’entre 1985 et 2007 le nombre d’emplois salariés est passé de 141.700 à 316.500, entraînant une augmentation très sensible de la mobilité, à un tel point, qu’elle constitue un véritable défi pour les infrastructures de transport tant luxembourgeoises que transfrontalières.

Le choix du moyen de transport (voiture, transports en commun, mobilité douce) est un facteur important, tant au niveau de la durabilité que de l’efficacité. Malgré les bouchons toujours plus fréquents et les risques d’accident, les salariés privilégient toujours la voiture, par rapport aux transports en commun qui, s’ils sont plus économiques et plus écologiques, n’offrent pas le confort et la flexibilité de la voiture. C’est ainsi qu’entre 1999 et 2007, l’usage de la voiture est passé de 72 à 76% chez les résidents et que chez les frontaliers il est passé de 86 à 89% entre 2002 et 2007. Il faut cependant souligner que chez les frontaliers, 15% pratiquent régulièrement le covoiturage contre 10% chez les résidents.

Que ce soit seuls ou combinés avec d’autres moyens de transport, seulement 15% des résidents (seuls 13%) et 11% des frontaliers (seuls 3%) utilisent les transports en commun. Les résidents les utilisent directement, 80% se tournant vers les bus, alors que les frontaliers, qui utilisent la voiture pour y avoir accès, sont 70% à choisir le train. Il apparaît également que malgré toutes les améliorations apportées aux transports en commun, la part modale est passée de 16% en 1999 à 13% en 2007 chez les résidents, alors que chez les frontaliers elle est pratiquement restée inchangée entre 2002 et 2007.

Au niveau de la mobilité douce, près d’un quart des résidents actifs parcourent des distances de moins de 5 km, 9% des des résidents actifs se rendent à pied ou à vélo à leur travail. Vu les distances à parcourir, la mobilité douce ne concerne que 1% des frontaliers.

Quant au choix modal, il dépend de différents facteurs sociodémographiques, dont les plus importants sont le genre et la catégorie socioprofessionnelle. Les femmes, qu’elles soient résidentes ou frontalières, utilisent moins la voiture et plus les transports en commun. Chez les résidents, elles sont 70% à utiliser la voiture alors que les hommes sont 80%. On constate également une moindre motorisation chez les ménages actifs modestes, 61% utilisant exclusivement la voiture contre 80% chez les plus aisés.

Le choix modal dépend également de la distance, la majeure partie des emplois étant concentrés à Luxembourg et dans sa proche banlieue. Toutes les communes n’offrant pas un accès commode aux transports collectifs, plus le trajet s’allonge, plus ont fait appel à la voiture. Si pour les frontaliers il est clair que les distances sont longues (entre 40 et 64km), la moyenne étant de 40km et la durée moyenne du déplacement de 45 minutes, on a également observé, entre 1999 et 2007, un allongement du déplacement pour les résidents (entre 1 et 25km), la moyenne étant passée de 10 à 12km avec une durée moyenne de 20 minutes.

Toujours au niveau du choix du moyen de transport, si le bus est privilégié sur les courtes distances, de l’ordre de dix kilomètres, et le train sur les longues distances, une série d’autres facteurs interviennent pour la voiture, tels que les possibilités de stationnement, les conditions du trafic ou encore s’il y a, par exemple, un enfant à déposer à l’école avant d’aller travailler.

Pour favoriser l’utilisation du train par rapport à la voiture, on y suggère d’améliorer les voies d’accès routier aux gares, où encore, le scénario »résidents« de l’IVL, qui privilégie l’installation de nouveaux arrivants actifs sur le territoire luxembourgeois au détriment du travail frontalier.

I.P.I

Ivano Iogna Prat : samedi 28 mars 2009