Ferraille radioactive dans l’aciérie de Differdange

Il n’y a rien à craindre

Ala fin de l’année dernière, Arcelor Mittal Belval avait prévenu la Division de radioprotection du ministère de la Santé qu’une alerte à la radioactivité avait été déclenchée après avoir constaté qu’un wagon de ferraille provenant de l’Allemagne contenait 55 tonnes de copeaux ferreux contaminés au Cobalt-60, wagon qui avait été directement isolé et sécurisé.

Selon les informations dont dispose le ministre de la Santé, qui lui ont été fournies par les autorités allemandes, l’acier contaminé serait originaire des Indes. L’année dernière, une source radioactive au Cobalt-60 a été fondue dans une coulée d’acier, et ensuite, l’acier contaminé a été dilué dans de l’acier non contaminé afin d’en réduire le taux de contamination. Cette coulée n’ayant pas été sécurisée ni retirée de la vente, des milliers de tonnes d’acier contaminé au Cobalt-60 ont été vendues dans le monde entier, et un certain nombre de cas ont été détectés en Europe.

En octobre 2008, on avait déjà constaté au Luxembourg une contamination radioactive de boutons d’ascenseur installés entre le 1er et le 16 octo-bre. Durant les mois d’octobre et de novembre, tous les ascenseurs concernés ont été inspectés et 17 de ces boutons ont été récupérés.

Face à cet état de choses, le bourgmestre de Differdange, Claude Meisch, a interpellé les ministres de la Santé et de l’Intérieur, respectivement Mars Di Bartolomeo et Jean-Marie Halsdorf, afin d’avoir plus de détails sur cette affaire, et plus particulièrement afin de savoir si ce matériel constitue un danger pour la santé de la population et également quand il sera enlevé ?
D’autre part, il veut savoir s’ils n’estiment pas que les autorités communales, qui sont responsables de la sécurité sur le territoire communal, devraient être informées lorsqu’un tel incident intervient sur le territoire de leur commune ?

Dans une réponse commune, les ministres interpellés expliquent que dans ce cas, les risques de contamination de l’environnement et de dispersion de substances radioactives dans l’air sont exclus du fait que l’élément radioactif de Cobalt-60 fait partie intégrante de la matrice métallique des copeaux. De même, les activités, spécifique et totale, étant relativement faibles, on n’enregistre qu’une légère augmentation du rayonnement (1 à 300 Becquerel/gr) dans un périmètre de quelques mètres autour du wagon. C’est pourquoi, on peut exclure tout risque pour la santé, tant de la population que des travailleurs, aussi bien durant le transport que durant le séjour dans le site industriel.

En ce qui concerne le retour du wagon vers l’Allemagne, il est peu probable qu’il ait lieu avant la mi-avril. Il faut, au préalable, organiser le transfert et le traitement du matériel, l’expéditeur devant faire une proposition, avant la fin mars, aux autorités allemandes compétentes.

En matière de diffusion des informations et des alertes, elle se fait selon les plans d’opération interne, des variations pouvant intervenir en fonction du site, du moyen de transport et de l’importance du rayonnement. La procédure habituelle est que l’ingénieur de garde en informe immédiatement la division de la radioprotection, le médecin du travail et, si nécessaire, l’administration des douanes. Un agent de la Division de la radioprotection se rend sur le site de l’incident pour analyser le risque et notifie, s’il le juge opportun, d’autres instances comme, par exemple, l’administration communale.

Le ministre de la Santé fait savoir qu’il a donné instruction, à la Division de la radioprotection, d’aviser dorénavant les autorités communales lorsqu’un tel cas se présente.

I.P.I

Ivano Iogna Prat : Donnerstag 26. März 2009