Dangers de la téléphonie mobile

Principe de précaution

C’est ce que prône le ministre de la Santé, Mars Di Bartolomeo face aux risques résultant du rayonnement des téléphones mobiles et des stations de base.

Il a présenté, hier matin, avec le ministre du Travail et de l’Emploi, François Biltgen, un nouveau dépliant »Informations relatives au rayonnement des téléphones mobiles et des stations de base« qui, s’il n’a rien de révolutionnaire du fait qu’il n’y a aucune nouveauté, a pour objectif, selon eux, d’offrir au public une information objective. Pour sa part, François Biltgen a notamment souligné, dans son introduction, l’importance de l’enquête de commodo et incommodo avant l’installation des stations de base équipées des différentes antennes (mâts).

Jean-Jacques Mertzig, ingénieur technicien et inspecteur principal auprès de l’Inspection du Travail et des Mines (ITM), a rappelé qu’une station de base émet »normalement« avec une puissance variant entre 500 et 800 Watts, et le téléphone portable avec une puissance d’environ 3 Watts. Il fait savoir que malgré que l’impact des radiations émises soit peu connu, du fait du manque d’évidence scientifique, le Luxembourg a, à titre préventif, limité l‘intensité de champs magnétique à 3 volts/mètre pour chaque élément rayonnant, ce qui constitue une des règles les plus contraignantes d’Europe. A titre de comparaison, l’Organisation mondiale de la santé (OMS) recommande, en matière de téléphonie mobile, une limite de 50 volts/mètre.

En ce qui concerne les mesures de sécurité à prendre par les personnes amenées à travailler à proximité des antennes, il est prévu qu’elles devront porter un appareil mesurant la valeur d’émission du champ électromagnétique et, en cas de dépassement de la valeur limite, soit elles quitteront le champ d’émission des antennes, soit celles-ci seront mise hors service durant les travaux.

Jean-Paul Casel, de P&T Luxembourg, a expliqué que le nombre de stations de base - on en compte 880 actuellement - ira de pair avec l’accroissement du trafic (oral et données), entre fin 2005 et fin 2008, il a augmenté de 15%, avec un accroissement du trafic inférieur à celui d’aujourd’hui. Si le trafic oral a plus que doublé (2,4 fois plus) entre début 2001 et début 2009, le trafic de données a été multiplié par quatre durant les derniers mois. Un facteur très important à ce niveau est la demande sans cesse croissante de couverture de réseau à l’intérieur, demande qui ne peut être satisfaite sans augmenter le nombre de stations. Il a également tenu à rappeler qu’en 1993, date de l’arrivée des réseaux mobiles, on avait estimé qu’il y aurait 20.000 clients or, en ce moment, le réseau Luxgsm compte 370.000 clients actifs à lui seul.

La dernière page du dépliant est consacrée aux risques pour la santé, à des recommandations pour limiter ces risques, et à des adresses de sites web où l’on peut trouver de plus amples informations. Face aux résultats contradictoires des recherches réalisées, Ralph Baden, du ministère de la Santé estime qu’ :»Une affirmation définitive concernant des effets négatifs éventuels sur la santé en provenance des rayonnements ne peut donc être faite. De même, il est impossible à l’heure actuelle d’exclure tout risque pour la santé« .

Pour Mars Di Bartolomeo, il s’agit d’accorder une attention toute particulière aux enfants de moins de 15 ans, mais il conseille aussi, entre autre, d’acheter un mobile avec un débit d’absorption spécifique (DAS) le plus bas possible et, ensuite, de réduire la durée et la fréquence des appels, d’attendre, après avoir formé le numéro, que la communication soit établie avant de le porter à l’oreille et, de privilégier, dans la mesure du possible, les SMS.

Ces dépliants qui seront bientôt envoyés aux autorités communales, seront également envoyés aux écoles, où ils seront utilisés, entre autre, dans les cours de physique.

I.P.I

Ivano Iogna Prat : jeudi 19 mars 2009