26ème Festival des Migrations

Le succès était, une fois encore, au rendez-vous

Malgré que le week-end passé le soleil se soit montré particulièrement généreux pour la saison, et qu’il a logiquement incité un bon nombre de personnes à profiter de sa présence et à privilégier une activité externe, et que, d’autre part, un certain nombre d’activités populaires étaient à l’affiche, le 26ème Festival des Migrations a, une fois de plus, été couronné de succès, une juste récompense pour le travail impressionnant réalisé par le Comité de liaison des associations d’étrangers (Clae) et les associations qu’il regroupe. Selon les premières estimations, la participation se situe entre 20 et 25.000 personnes sur les deux jours, un chiffre supérieur à celui de l’année dernière.

Il faut dire que si l’augmentation du nombre de stands, près de 250 cette année, entraîne logiquement une participation majeure de personnes, le Salon du livre, qui en était à sa neuvième édition, y est aussi pour quelque chose. Ce n’est pas tous les jours que l’on peut rencontrer et discuter avec plus de 70 écrivain(e)s du Luxembourg, d’Europe, mais également d’Afrique et d’Amérique Latine.

Une autre caractéristique de ce festival est l’ambiance enivrante qui y règne. Elle est le résultat du mélange de toutes les cultures qui y sont représentées, quelles soient musicales, littéraires ou encore culinaires, un cocktail magique, unique en son genre au Luxembourg, mais également dans les environs, qui explique que de plus en plus de personnes venant de France, de Belgique et d’Allemagne participent à cet évènement.

Si pour ceux qui y participent pour la première fois, comme ce fût le cas pour Marco D M., un italien arrivé depuis peu au Luxembourg, pour qui ce festival a été »une surprise très agréable« , il n’aurait jamais imaginé qu’un »évènement de ce genre et d’une telle dimension existait au Luxembourg« , pour les habitués c’est devenu un rendez-vous annuel à ne manquer sous aucun prétexte.

Mais malheureusement, comme rien n’est et ne sera jamais parfait, il y a deux choses que l’on peut regretter.

D’une part, la participation timide des Luxembourgeois. Il faut rappeler que l’un des objectifs principaux des organisateurs est de favoriser le métissage des cultures, permettre aux différentes communautés de se rencontrer, d’apprendre à se connaître au travers des échanges, du dialogue, et ainsi de se rapprocher et de sentir moins différents. Mais pour qu’un métissage complet ait lieu, la présence des Luxembourgeois est indispensable.

D’autre part, si la participation du public aux rencontres avec les auteurs ont connu un réel succès, il n’en a pas été de même pour les conférences, et en particulier pour celle intitulée »Quelle démocratie pour le Luxembourg de demain ?« consacrée aux carences démocratiques dont souffrent les étrangers au Luxembourg, et à laquelle tous les partis politiques luxembourgeois... y compris le KPL, ont été invités à participer. Les organisateurs ont eu la très bonne idée de l’organiser, car un tel thème est censé intéresser tant les Luxembourgeois que les étrangers, mais voilà, seulement une quarantaine de personnes y ont assisté.

Si tous les partis luxembourgeois, ainsi qu’un certain nombre de partis italiens possédaient un stand au festival, les partis communistes espagnol, luxembourgeois et portugais avaient décidé de se rassembler dans un seul et même stand, pour montrer ainsi l’importance, selon eux, de l’unité dans la lutte pour l’égalité de droits et de devoirs entre tous les résidents, sans aucune distinction, condition indispensable pour avoir plus de démocratie au Luxembourg.

Enfin, il ne reste qu’à espérer que les membres du gouvernement et autres responsables politiques qui sont passés au festival, rendront enfin justice au Clae, en reconnaissant, à sa juste valeur, le Festival des migrations, des cultures et de la citoyenneté, et décident de le soutenir comme il se doit.

I.P.I

Ivano Iogna Prat : mardi 17 mars 2009