Le Parti Communiste Luxembourgeois (KPL) exige la fin de toute discrimination vis-à-vis des immigrés

Intervention du président du KPL Ali Ruckert lors du Festival des Migrations

Lors du débat »Quelle démocratie pour le Luxembourg de demain ?« qui a eu lieu le 15 mars lors du 26e Festival des Migrations, des Cultures et de la Citoyenneté« organisé par le Comité de Liaison des Associations d’Etrangers le président du Parti Communiste Luxembourgeois (KPL) Ali Ruckert a présenté les propositions des communistes. Ci-après les points forts de son intervention :

 »Si l’on s’interroge sur la démocratie de demain, il est indispensable de faire préalablement le point sur l’état de la démocratie aujourd’hui. Une grande partie de la population au Luxembourg, et particulièrement celle qui n’a pas de passeport luxembourgeois, reste discriminée à de nombreux égarts.

Ecole : En finir avec la discrimination des enfants des immigrés

La discrimination des enfants des immigrés saute aux yeux, comme d’ailleurs celle des enfants de familles luxembourgeoises moins favorisées.

Or, démocratie signifie égalité des chances. Et pour qu’il y ait égalité des chances, il faut, pour commencer, que les enfants recoivent, au travers de l’enseignement, un même bagage culturel, quels que soient leur nationalité et leur milieu social.

C’est pourquoi, le Parti Communiste se prononce pour la création d’une école globale, publique et laïque, ouverte à tous sans aucunes distinctions, et entièrement gratuite y compris le matériel (livres, cahiers, etc.). Elle doit comprendre, après 6 années de primaires, un tronc commun de 3 années de lycée, avec comme base d’enseignement et comme priorités les sciences sociales et humaines, les sciences naturelles ainsi qu’une valorisation et formation des facultés manuelles. Il est indispensable d’accroître significativement le nombre d’enseignants afin d’avoir des classes avec des effectifs plus réduits. Pour ce faire, le budget de l’Education nationale devra être augmenté de l’ordre de 30% en l’espace de 4 ans.

Economie : Cogestion démocratique et nationalisations

Dans le domaine économique, il n’existe pas de cogestion démocratique ni pour les salariés luxembourgeois, ni pour les salariés immigrés, de sorte que la plus grande partie du bénéfice n’aboutit pas dans des projets de société, mais bien dans les poches de quelques actionnaires. Les patrons qui ont une grande influence sur la politique utilisent la crise du système capitaliste pour contribuer à mettre en pratique une politique contre le droit du travail et les droits sociaux.

Le Parti Communiste exige non seulement, l’extension des droits démocratiques des travailleurs luxembourgeois, frontaliers et immigrés dans l’économie et le droit de véto pour les délégations ouvrières lors de licenciements et de délocalisations de productions, mais également la démocratisation de l’économie par la nationalisation des grandes entreprises, des banques et des entreprises des secteurs énergétique et de l’eau.

Les forces politiques majeures au Luxembourg ont tout fait pendant la décennie passée pour freiner la marche des immigrés vers une plus grande participation politique et de ce fait vers plus de démocratie. Cela a abouti à ce qu’aujourd’hui une grande partie de la population au Luxembourg ne jouit pas de tous les droits politiques.

KPL : Tout doit être fait pour faciliter l’accès à la double nationalité Le Parti Communiste est opposé à toute distinction et différence de traitement entre luxembourgeois et non-luxembourgeois. Pour le Parti Communiste la loi sur la double nationalité est loin d’être à la hauteur des défis qui se présentent au pays.

C’est pourquoi le KPL est non seulement favorable à l’application du droit du sol afin d’accorder la nationalité luxembourgeoise à tout enfant né sur le sol luxembourgeois, mais considère que tout doit être fait pour faciliter l’accès à la double nationalité, qui constitue une bonne solution pour en finir avec la discrimination politique d’une grande partie de la population et de la classe ouvrière.

Le KPL considère que 3 ans de résidence et la connaissance du français accompagnée d’une connaissance passive du luxembourgeois sont des conditions suffisantes pour l’obtention de la double nationalité. Car si le droit de vote doit être ouvert à tous sans distinction, comment un citoyen non-luxembourgeois peut il prêter serment sur une constitution qui n’est pas la sienne ? Comme on ne peut demander à un citoyen non luxembourgeois de renoncer à sa nationalité pour occuper une fonction de bourgmestre ou d’échevin, le Parti Communiste estime qu’une solution à ce conflit est la double nationalité, dans les conditions citées précédemment.

Dans son programme pour les prochaines élections, le Parti communiste présente une série de revendications destinées à renforcer la démocratie.

C’est ainsi que le Parti Communiste exige :

- l’éligibilité de toutes les fonctions au sein de l’Etat

- l’abolition du service de renseignement

- la reconnaissance obligatoire des résultats des référendums par la Chambre des Députés

- le droit d’éligibilité des jeunes à partir de 16 ans

- la création d’une seule circonscription de vote lors des élections législatives

- l’adaptation du nombre de députés à l’évolution de la population

- l’inscription des droits sociaux de l’homme dans la Constitution.

mardi 17 mars 2009