Cathy Clement : entre dimension sociale et émergence marginale

Cathy Clement. Un prénom, un nom. Cathy Clement, j’éprouve un grand regret et lui demande pardon de la découvrir si tardivement.
Premier tirage de son premier roman : 500 exemplaires, en avril 2006. Cathy est alors âgée de 16 ans.

Aujourd’hui, 14 années plus tard, elle entame la trentaine. Elle écrit toujours.

Fichtre, j’allais oublier de vous indique le titre du premier roman de Cathy : Aleng, un roman écrit par une grande adolescente, destiné de prime abord à un public jeune, un roman publié dans une maison d’édition dirigée par Robert Gollo Steffen : Op der Lay (www.opderlay@pt.lu / opderlay@pt.lu).

14 années après son premier tirage, Aleng atteint des ventes de 4.000 exemplaires.

Best seller ce premier livre de Cathy Clement.

Ne vous attendez pas à lire un roman rose-bonbon. Cathy écume son existence, se regarde dans le miroir de la réalité. Le divorce de ses parents, sa tentative de suicide, l’émergence de problèmes nombreux et multiples.

Il a voulu jouer au jeu de l’amour. Il a joué ce jeu avec Cathy, elle a perdu. Il n’a jamais respecté ses sentiments. Il cherchait seulement à sortir vainqueur de ce jeu, il a utilisé tous les moyens pour gagner, sans égard. Au début Cathy a apprécié ce jeu. C’était excitant. Pourtant lorsque le jeu de l’amour a pris fin, Cathy a ressenti une grande douleur. Elle avait perdu ce qu’elle aimait le plus, lui…

Durant trois longues années, Cathy a été forcée à supporter des engueulades à cause de cette stupide Eglise. Ces branleurs de merde refusaient de comprendre. Elle avoue qu’elle était un tout petit peu croyante, sans plus, mais elle a toujours considéré que la messe est de la crasse, de l’abêtissement de masses. « Léchez-moi là où je le pense », lancé à la tête du clergé, était son insulte de prédilection.

Cathy Clement éclate, de violence en violence, de dénonciation en dénonciation, de témoignage en témoignage. Cathy éclate, à chaque page, dans chaque mot, nous balance en pleine gueule qu’il est « merdique » que nous devenions, peu à peu, subtilement, mais sûrement des machines vides de sentiments.

L’abus sexuel est également présent dans ce premier roman de Cathy Clement : Aleng.

Pardonnez, j’allais oublier de vous confier que l’auteur est née le 02 août 1979 à Esch-sur-Alzette et qu’aujourd’hui elle vit dans les verts paysages moutonnés de la région de Vianden, à Bettel plus exactement.

En 1998, les Editions Op der Lay ( www.opderlay@pt.lu / opderlay@pt.lu ) publient le second roman de Cathy Clement, sous le titre Sinus, Cosinus. Un roman ancré dans les difficultés, ainsi que les réussites, auxquels sont confrontés les adolescents. Ils sont jeunes et beaux, mais leurs soucis et problèmes sont aussi dévorants qu’une cathédrale de cancrelats.

Cathy Clement a écrit son troisième roman en langue allemande. Lene est sorti de presse en 2002 aux Editions Op der Lay. Cathy nous confie les mouvances sentimentales, les questionnements de Lene, jeune femme qui passe les Fêtes de Fin d’Année à Berlin, chez un couple homosexuel. Elle élève seule son enfant. Elle se sent très à l’aise en compagnie d’hommes et de femmes qui aiment des individus de leur propre sexe.

A l’aune de ces exemples de vie harmonieuse, elle se pose une question ultime : et si l’homosexualité l’appelait, elle aussi. Il y a Maja, belle, sublime, douce à croquer. Et puis, pourquoi pas ; ce qu’en penseront les autres, les biens pensants, les empêcheurs de tourner en rond, elle s’en fiche et s’en contre-fiche. Lene est un très beau roman, je l’ai dévoré en une soirée.

Alles an den Zoo, quatrième roman de la jeune auteure, originaire de notre Bassin Minier, publié aux Editions Op der Lay a connu à son tour un très beau succès au niveau des ventes. Un bestseller à tous points de vue.

Un roman qui balance encore une fois à la tête des lecteurs et des lectrices les nombreux problèmes auxquels est confrontée une jeune mère qui élève seule ses enfants : des problèmes quotidiens à répétition, en veux-tu, en voilà.

Notre société luxembourgeoise, il est grand temps, qu’on y apporte des changements petits et grands.

Cathy Clement, quatre romans à son actif, sans doute des projets plein la tête.

Cathy Clement, auteur de la nouvelle génération, a déjà posé ses horizons, ses univers.

Un auteur qui oscille avec beaucoup de talent entre dimension sociale et émergence marginale. Marginal, j’ai écrit marginal.

Précipitez-vous chez le libraire du coin et dévorez Cathy, non ses livres, rien que ses livres, sans modération.

Michel Schroeder

mercredi 22 septembre 2010