Service de taxis à l’aéroport de Luxembourg

Une zone de non droit ?

A en croire ce qu’il est dit sur différents sites web d’information destinés aux voyageurs transitant par l’aéroport du Findel, le trajet en taxi de l’aéroport de Luxembourg au centre ville aurait une durée variant entre 15 et 20 minutes, et son coût s’élèverait à un montant compris entre 20 et 25€, auxquels il faudra ajouter, si il y a plus d’un bagage, un supplément de 0,75€. Le prix au km est de 1,02€/km, avec des majorations, de 10 % pour services nocturnes (entre 22h et 6h) et, de 25% le dimanche. De plus, en cas de réservation, il faut compter un minimum de 2,47€ pour la prise en charge et 0,33€ la minute en cas d’attente. On y trouve également les numéros de téléphone des compagnies Benelux Taxis, City Taxis Centrale, Taxis Colux et Inter-Taxis.

Mais le scénario peut être très différent, selon le député Jacques-Yves Henckes, qui n’hésite pas à qualifier l’aéroport du Findel de zone de non droit. Il s’insurge contre le fait que si un voyageur non informé fait appel à un taxis non agréé, la course au centre ville risque de lui coûter jusqu’à 42€. Il explique que ces taxis »sauvages« stationnent généralement sur un des parkings à proximité des taxis agréés, et les chauffeurs n’hésitent pas, au mépris de la législation en vigueur, à aller « piéger » les voyageurs jusque dans l’enceinte de l’aéroport, empruntant ensuite des itinéraires détournés pour se rendre au centre ville, afin de pouvoir leur extorquer de telles sommes. Ce qui est plus fort c’est que, toujours selon lui, tant les policiers que les agents responsables du contrôle des services de taxis se disent impuissants du fait de la législation actuellement en vigueur.

C’est pourquoi, le député a demandé à Lucien Lux, ministre des Transports, d’une part, s’il n’est pas possible, de convertir les peines délictuelles prévues par l’article 8 de la loi du 18 mars 1997(Réglementation des taxis) en peines de contravention, afin de permettre aux personnes qualifiées de dresser des avertissements taxés et de décourager ainsi les contrevenants ?

Et, d’autre part, s’il ne faudrait pas abroger le règlement grand-ducal du 25 octobre 2004, inapplicable du fait qu’il fait référence à l’ancienne aérogare, et de le remplacer par un nouveau adapté à la nouvelle aérogare ?

Le ministre rappelle que si les taxis non agréés à l’aéroport ne disposent pas d’autorisation du Ministère des Transports de charger des clients au Findel, ils possèdent néanmoins une autorisation de leur commune d’origine, qui les autorise à y déposer leurs passagers mais, sans pouvoir en prendre en charge, excepté s’il y a eu une demande écrite ou radiotéléphonique préalable.

Il n’est pas convaincu que la conversion des peines délictuelles en contraventions solutionnera le problème, mais il fait savoir que suite à une modification intervenue en janvier dernier, le ministre peut à présent délivrer, par arrêté ministériel, de nouvelles autorisations d’exploitation afin d’adapter le nombre de taxis agréés à l’aéroport à la demande, et déclare que le premier arrêté est déjà en cours d’élaboration.

En ce qui concerne le règlement, il informe le député, que le 20 février dernier, le conseil de gouvernement a adopté un règlement relatif à la circulation sur les voies et les places ouvertes à la circulation publique aux abords de l’aérogare de Luxembourg, qui permettra dorénavant à la police grand-ducale de constater et sanctionner les contrevenants.
Le ministre estime qu’avec ces mesures la situation devrait se normaliser dans les meilleurs délais.

I.P.I

Ivano Iogna Prat : mardi 10 mars 2009