9ème Salon du livre et des cultures

Evènement interculturel unique au Luxembourg

Il a fait bien du chemin le Salon du livre depuis son apparition, voilà neuf ans, sous un chapiteau à Limpersberg, en tant qu’activité du Festival des Migrations, des Cultures et de la Citoyenneté.

Contrairement aux autres années où le Salon du livre était présenté en même temps que le Festival des Migrations, cette année le Clae a décidé d’organiser une conférence de presse exclusivement dédiée à la 9ème édition du Salon du livre et des cultures.

Dans son introduction, Toni Montserrat, président du Clae, a rappelé que ce Salon du livre, qui cette année accueillera plus de 70 écrivains venus des quatre coins du monde, est une initiative du mouvement associatif des différentes communautés d’étrangers vivant au Luxembourg, au travers de laquelle ces communautés voulaient faire connaître leurs cultures littéraires. Il a déclaré, à juste titre d’ailleurs, qu’il s’agit du seul salon digne d’être qualifié d’interculturel au Luxembourg.

Le fait d’avoir reçu cette année, pour la première fois, un subside de la part du Fonds européen à l’Intégration, est une juste reconnaissance de son importance au niveau culturel. Toni Montserrat regrette cependant qu’il n’en aille pas de même au niveau des responsables politiques locaux et, en particulier, du ministère de la Culture qui, considérant pratiquement le Festival des migrations comme une kermesse, ne jugent pas utile de les soutenir, notamment financièrement.

Pour Jean Philippe Ruiz, chargé des relations interculturelles du Clae, les cultures des pays tiers, »Les Belles étrangères« , semblent lointaines mais en réalité elles le s(er)ont toujours moins, comme elles s(er)ont toujours moins étrangères au Luxembourg. Toutes ces cultures, représentées au Luxembourg par les ressortissants de ces pays, se métissent au travers des contacts et des échanges, et finissent par s’intégrer dans la culture luxembourgeoise. C’est pourquoi dans le Salon du livre il n’y a pas de nations représentées mais bien des espaces culturels (hispanophone, lusophone, francophone, germanique, etc.).

Pour la première fois cette année, le Salon du Livre se décentralisera. Paca Rimbau a fait savoir que le lundi 9 mars à 19h, une rencontre avec l’écrivaine cubaine Alicia Elizundia, organisée en collaboration avec l’Amistad Luxemburgo-Cuba et le Centre de langues, aura lieu au Centre de langues de Luxembourg, un débat sur le thème »Littératures et métissages« aura lieu le jeudi 12 mars à 19h30 à la Kuturfabrik à Esch/Alzette et enfin, le lundi 16 mars à 11h au Centre national de littérature de Mersch, il y aura une rencontre avec Germaine Goetzinger, directrice de ce centre.

Estelle Wanssy, de l’association »Rêve d’Afrique« , a expliqué qu’elle travaille pour combler le vide existant au Luxembourg en matière de culture africaine, et pour »chatouiller« la curiosité des luxembourgeois. Parmi les auteurs africains présents cette année, il y aura l’écrivain guinéen, Tierno Monénembo, qui vient de recevoir le prix Renaudau 2008 pour son roman »Peuls« (2004).

A l’occasion de ce salon, deux auteurs présenteront leur dernier ouvrage. Giulio-Enrico Pisani y présentera son ouvrage »Nous sommes tous des migrants« et, Faiz Softic, y présentera »Sous le mont Kun« , version française de son œuvre originale en serbo-croate.

Il est inconcevable que les responsables politiques ne reconnaissent toujours pas, après 26 ans de Festival des migrations et 8 éditions du Salon du livre, la valeur culturelle de ces deux évènements, qui constituent un rendez-vous annuel immanquable pour toujours plus de personnes, non seulement du Luxembourg, mais aussi d’au-delà des frontières. (Plus d’infos sur www.clae.lu)

I.P.I

Ivano Iogna Prat : jeudi 19 février 2009