Géographie(s) du voyage

De Bénarès à la mythique Route des Alpes

Publié par Somogy Editions d’Art (info@somogy.fr/ www.somogy.fr), l’album Mythique Route des Alpes, de Françoise Breuillaud-Sottas, vous offre de découvrir cette route inaugurée en 1911. Longue de plus de 600 km, cette route mythique traverse cinq départements (Haute-Savoie, Savoie, Hautes-Alpes, Alpes de Haute-Provence) emprunte neuf cols de légende dont cinq dépassent 2.000 mètres d’altitude, et se veut la plus belle route de montagne du monde. Elle offre en effet, tout au long de son parcours, des panoramas exceptionnels, franchissant les paysages les plus variés et les plus saisissants, traversant les régions des hauts plateaux où fleurit l’edelweiss, pour aboutir d’un côté aux bords verdoyants du Léman, de l’autre aux rivages ensoleillés et aux palmeraies de la Côte d’Azur. Destinée à mettre en contact deux hauts lieux de villégiature, Evian et Nice, la Route des Alpes est empruntée dès sa création par des milliers d’automobilistes qui découvrent la haute montagne. Les autocars de la Compagnie du chemin de fer de Lyon à la Méditerranée la parcourent en cinq puis six étapes d’une journée. Le chantier titanesque de la Route des Alpes ne fut totalement achevé qu’en juillet 1937, lorsque fut inaugurée la route du col de l’Iseran. Plusieurs variantes ont déjà vu le jour, dont la Route d’Hiver des Alpes par Grenoble et la Route Napoléon. C’est aussi grâce au Tour de France cycliste, qui y dispute les plus belles étapes de montagne, que la Route des Alpes connaît aujourd’hui une grande renommée populaire.

Des rivages brûlants de Bénarès jusqu’aux sources du Gange, des océans humains jusqu’aux solitudes de l’Himalaya vous ouvrirez, grâce à Arthur Grossmann, un œil neuf, toujours émerveillé sur l’Inde, sur le monde et sur vous-même. C’est à un subtil voyage que nous convie Arthur Grossmann avec son récit Vertige indien, publié chez Gallimard (www.gallimard.fr) dans la collection Le sentiment géographique. Varanasi, anciennement appelée Bénarès, est la plus vieille cité habitée du monde. Dans cette ville s’agglutinent les âges. C’est là que furent inventés le yoga et la grammaire sanskrite. Pushkar s’étend autour d’un lac sacré, assailli dès le petit matin par un joyeux peuple de baigneurs. David prit, un après-midi, la direction du temple de Brahmâ. Il restera longtemps hypnotisé par les hindous. Puis un oiseau de paradis fila en oblique au ras des toits. Puis une odeur de pluie couvrit le temple.
Lorsqu’il atteint le plateau du Zanskar, à la sortie d’un virage, il aperçut les premiers murs de Leh. Ici, l’air est rare, le vent froid, chargé de nuit et du parfum des abricotiers. Nous voyageons avec Arthur Grossmann, de la plaine du Gange jusqu’à sa source, en passant par villes, déserts et montagnes, cela durant cinquante jours. Le vent de l’Inde, sa lumière et son peuple furent ses seuls guides. Tous les jours il a distillé ses émotions dans un cahier. Aujourd’hui ce cahier est devenu un livre fort et beau, un livre essentiel que je vous propose de lire sans plus tarder.

Avec son nouveau livre, Philippe Le Guillou nous propose un parcours à travers les territoires et les lieux qui ont fait sa vie. Il nous fait découvrir ces espaces aimés, ces espaces qui lui ont prodigué une formidable inspiration : la Bretagne, les bords de Loire, l’Irlande, Rome, Paris, la rivière du Faou, les grèves de l’Aulne, quelques sanctuaires, les quais de la Seine et du Tibre... L’auteur nous fait connaître de plus près, quelques figures emblématiques du Finistère, Mohrt, Gracq, Déon, Fernandez, Grainville. Finalement, ce récit fait honneur aux lieus et à ceux qui les habitent. Rien n’a jamais autant comblé l’auteur que l’Irlande, ce mélange de grandeur et d’originalité. Il aime, sitôt traversés les villages aux façades colorées, affronter le paysage, dans sa puissance, dans sa beauté primordiale. En fin de journée, comme Philippe Le Guillou apprécie arriver dans de petits ports, ces anfractuosités de la côte du Connemara ! Cette région avec ses maisons basses, blotties sur la digue en un chapelet coloré, des champs d’un vert intense qui descendent vers la mer, des plages immenses, habitées par le bruissement des rouleaux. Enfant, l’auteur dessinait souvent et beaucoup de cartes. De cette passion lui est resté le goût des espaces et des territoires, du vaste monde. Aujourd’hui, il aime revenir voir ces petites villes du Finistère, construites au fond de vallées, tels Landerneau, Quimper, Quimperlé, Morlaix. Chaque semaine il revient dans son Finistère. C’est là-bas qu’il rêve et écrit. Les soirs d’été, il marche sur les plages, observant les feux qui s’allument sur les îles de Glénan. De sa chambre, il voit la forêt du Cranou, la forteresse de Landévennec. Géographies de la mémoire de Philippe Le Guillou a été publié chez Gallimard (www.gallimard.fr). Ce texte est d’une infinie beauté, invitation à aimer et à respecter notre planète qui recèle des trésors exceptionnels.

Beaucoup de fascinantes lectures à découvrir dans la collection Ecrivains voyageurs chez Folio Gallimard (www. folio-lesite.fr) qui publie cinq nouveautés : Les oies des neiges de William Fiennes, Wild Idea de Dan O’Brien, Toute la Terre qui nous possède de Rick Bass, L’hiver aux trousses de Cédric Gras, Sous les ailes de l’hippocampe de François Suchel.

Avec le CD Thaïlande, musiques et chants du Triangle d’Or, peuples Meo, Lisu, Shan, Lahu Nyi, Yao, Akha, Karen Shaw, publié chez Frémeaux & Associés (www .fremeaux.com) (FA 5407) vous découvrirez un patrimoine étonnant. Situé aux confins des frontières thaïlandaises, birmanes et laotiennes, le Triangle d’Or est une région d’Asie du Sud-Est reculée à la croisée des influences chinoises et indiennes. Aux abords des cols escarpés et des jungles luxuriantes en contrefort, vivent isolés du reste du monde des peuples d’origines chinoises que François Jouffa est parti enregistrer à la fin des années 1970 dans une zone alors réputée dangereuse, sur fond de Guerre froide et trafic de drogues. Cet enregistrement sur 2 CD est le rare témoignage audio qui recense les musiques, chants et instruments des peuples cités dans le titre de l’enregistrement.

La réserve de loups Werner Freund à Merzig (Tél. : 00 49 171 7496999/ wolfspark @merzig.de) est ouverte tous les jours du lever au coucher du soleil, et peut être visitée gratuitement. Des sentiers forestiers bien balisés permettent de longer les enclos. Ici vivent, dans des enclos spacieux, une vingtaine de ces animaux impressionnants. Vous verrez des loups gris d’Europe originaires d’Espagne et de Lettonie, des loups blancs d’Alaska, des loups d’Inde et des loups de Sibérie. Une expérience insolite garantie. Je vous recommande vivement de découvrir le très bel ouvrage de Hartmann Jenal et Hildegard Hoppe, L’Ami des loups, publié au Conte Verlag (www. conte-verlag.de). Cette publication est abondamment illustrée de photos animalières étonnantes : Werner Freund avec ses animaux, les loups arctiques, les louveteaux dont Werner s’est occupé avec son épouse Erika, les loups d’Inde, les loups européens, les loups de Sibérie... Les mœurs des loups sont décrites avec passion et une grande connaissance de la question.

Grâce au film DVD Linz, die bunte Stadt am Rhein, j’ai découvert une ville magnétique aux très nombreux attraits touristiques. Ce film est disponible auprès de la Tourist-Information der Stadt Linz am Rhein Marktplatz 14 D-53545 Linz am Rhein Tél. : 00 49 2644 25.26/ Fax : 00 49 2644 981126/ info@linz.de/ www.linz.de. Linz se niche entre Coblence et Bonn. Le château fort, restauré, abrite toute une série d’attractions : le musée Hollywood Kinoptikum, les oubliettes avec une chambre d’armes et de torture, ainsi qu’une verrerie romaine avec des démonstrations de soufflage de verre et des expositions. Des repas médiévaux sont proposés aux visiteurs dans la grande salle des chevaliers, dans le donjon et dans la cour du château fort. Les repas proposés sont délicieux. (www.folterkammer-burg-linz.de/ www.roemische-glashuette.de/ www.linz-burg. de). Restaurée avec amour et savoir-faire, la veille ville historique est aujourd’hui un joyau. Les attractions sont très nombreuses, le programme de loisirs particulièrement attractif. La ville multicolore sur le Rhin est ainsi un site de villégiature et un but d’excursions très attrayant. Les vieux quartiers de Linz et ses ruelles idylliques, ses maisons bourgeoises dont certaines sont âgées d’environ cinq siècles, contribuent au charme pittoresque de la ville. C’est à ces maisons à colombages colorées, souvent richement ornées de charpentes sculptées, que Linz doit son surnom de ville multicolore sur le Rhin. A Linz vous découvrirez le Moyen Age de très près. Vous vous laisserez charmer par la joie de vivre et l’hospitalité proverbiale des Rhénans. Les points d’intérêts de la ville son particulièrement nombreux, comme : l’église de Saint Martin, la Poudrière, le Geroltshof, l’ancienne église des capucins, la Maison Sion et l’Isenburghof, la résidence pour personnes âgées Sankt Antonius, l’église Servitessenkirche, l’église protestante et la maison paroissiale, la maison Bucheneck. Dans le parc de la maison Bucheneck vous découvrirez le Musée lapidaire. Si une expression dit que : «Tous les chemins mènent à Linz», c’est tout à fait exact et, une fois que vous aurez visité la ville, votre cœur vous dictera d’y revenir bientôt !
A Lenzkirch, en toutes saisons, les vacances se déclinent en opus majeur, à cause de leur qualité tout à fait exceptionnelle, parfait mélange entre pittoresque, paysages idylliques, activités de qualité, air pur. Typique de la Forêt Noire, avec sa pittoresque place de l’Eglise, sa fontaine, sa roue de moulin, ses charmantes ruelles, ainsi que ses nombreuses maisons caractéristiques qui ont toute une histoire à raconter. Lenzkirch se situe au cœur de la Haute Forêt-Noire, entre Titisee, Feldberg, Schluchsee et la sauvage et romantique Wutachschlucht. Si les familles reviennent toujours ici avec plaisir, c’est parce que l’accueil qui leur est réservé est particulièrement soigné. Si vous appréciez les randonnées, promenades, activités sportives dans un superbe écrin montagneux, vous serez vraiment gâté. Je suis mille fois persuadé que vous serez conquis par votre séjour dans cette superbe région et que vous y retournerez. Au Geiger Verlag (www.geigerverlag.de) vous découvrirez un livre particulièrement complet sur le Lenzkirch d’aujourd’hui et le Lenzkirch d’hier : Zeitläufe, Lenzkirch im Wandel, Geschichte(n) und Bilder eines Jahrhunderts, de Manfred-G. Haderer.

Durant toute son histoire, depuis sa découverte par Magellan en 1520, la Patagonie a vu se succéder un grand nombre d’illustres voyageurs et scientifiques en quête de connaissance et d’exploration. Encore aujourd’hui, la très forte naturalité de cet espace en fait un laboratoire à ciel ouvert exceptionnel pour diverses disciplines, aussi bien en sciences de la vie et de la terre, qu’en sciences humaines et sociales. Si cet espace bénéficie d’une valeur symbolique très forte au sein des imaginaires du voyage, le développement du tourisme y est embryonnaire du fait de contraintes liées à son accessibilité et à la faible structuration de l’offre locale, notamment en matière d’hébergement. La Patagonie chilienne bénéficie pourtant de multiples ressources naturelles et culturelles. La notion de tourisme scientifique y trouve un terrain fécond. La Patagonie est un immense espace qui s’étend sur près de 2.000 km du Nord au Sud. La frontière entre l’Argentine et le Chili la sépare en deux parties, de part et d’autre de la partie australe de la Cordillère des Andes. Les sites les plus connus sont le Parc national des Tours du Paine et l’île de Chiloé pour la partie chilienne ou Ushuaia, le glacier Perito Moreno, El Chalten et le massif du Fitz Roy, la péninsule Valdès et la ville de Bariloche pour l’Argentine. Ces terres australes représentent, même pour les Argentins et les Chiliens, une destination exotique. Quelques niches touristiques sont déjà présentes comme la pêche à la mouche, un tourisme d’aventure, un tourisme scientifique, ainsi que des routards traversant ces régions au travers d’itinéraires très longs. Dans cette magnifique région de notre planète, le tourisme scientifique met l’accent sur l’expérience, bien plus que sur la consommation touristique. L’ouvrage Le tourisme scientifique en Patagonie chilienne, un essai géographique sur les voyages et explorations scientifiques de Pascal Mao et Fabien Bourlon, a été publié dans la collection Tourismes et sociétés chez L’Harmattan (www.librairieharmattan.com).

Michel Schroeder

Donnerstag 29. September 2016