Jeunes demandeurs d’emploi diplômés

Excès et déficit de personnel qualifié

Alors que l’on s’évertue à prendre des mesures et mettre sur pied des initiatives destinées à combattre le chômage, en aidant les jeunes à s’intégrer, ou à se réinsérer sur le marché de l’emploi, il apparaît que certaines formations intellectuelles sont particulièrement touchées par le chômage et que, d’autre part, des emplois qualifiés restent vacants faute de candidats.

C’est ainsi que, répondant au député André Bauler qui lui avait posé une série de questions à ce sujet, le ministre du Travail et de l’Emploi, Nicolas Schmit, fait savoir qu’en décembre dernier, d’après les informations dont il dispose, on comptait parmi les demandeurs d’emploi de l’Adem, pas moins de 143 juristes, 233 économistes (économies commerciale et agricole), 76 demandeurs qui avaient étudié une ou plusieurs langues, 135 gestionnaires d’entreprises, 102 informaticiens...

Cependant, on enregistre également pour d’autres professions, un déficit chronique de candidats «appropriés». C’est le cas dans des secteurs tels que la banque et les assurances (gestionnaires d’organisme de placement collectif, comptables, analystes financiers, fiscalistes), ainsi que dans le secteur informatique ou encore du support à l’entreprise (ex : auditeurs). Le ministre explique que les profils professionnels demandés à l’Adem manquent souvent de précision, alors que les postes vacants, du moins selon la déclaration, pourraient être occupés par des demandeurs d’emploi qui, à défaut de diplôme d’études postsecondaires, disposent d’une expérience professionnelle pouvant, dans certains cas, compenser cette lacune. Il ressort qu’actuellement, 40% des offres d’emploi présentées à l’Adem concernent des professionnels de niveau supérieur, destinés aux secteurs cités plus haut, et détenteurs d’un diplôme d’études supérieures.

Il indique au passage que durant l’année écoulée, 82 jeunes demandeurs d’emploi diplômés ont bénéficié d’un contrat d’initiation à l’emploi (CIE), et 6 d’un contrat d’appui-emploi, l’employeur engageant avec ces contrats des jeunes demandeurs d’emploi inscrits à l’Adem récupère une partie des indemnités salariales, et l’intégralité de la part patronale des charges sociales.

Toujours durant cette même année, en matière d’orientation professionnelle, 161 personnes de niveau Bac+5 ont bénéficié d’un «coaching» par un consultant de l’Adem, 442 demandeurs d’emploi ont participé à l’atelier «Création d’entreprise», 144 ont suivi le programme «Fit for financial market» et 13 le programme «45+ Relancer ma carrière». Quant aux bacheliers qui viennent de terminer leurs études postsecondaires, ils sont guidés, par le Service d’orientation professionnelle de l’Adem, dans leur recherche d’un métier répondant à leurs intérêts et aptitudes. Ce service dispense également des conseils, et aide les jeunes à la recherche d’un apprentissage, en leur communiquant les adresses d’employeurs souhaitant engager un apprenti.

Enfin, il rappelle qu’un nouveau système d’accompagnement (Parcours personnalisé), destiné aux jeunes de moins de 25 ans inscrits à l’Adem, a été lancé dans le cadre de la Garantie pour la jeunesse, en vue d’améliorer l’orientation professionnelle. Son objectif est d’arriver à mieux discerner, sur base de sa formation, de son expérience, de ses compétences linguistiques et de son état de santé, les capacités, aptitudes et besoins d’encadrement de l’intéressé.

I.P.I

Ivano Iogna Prat : Mittwoch 18. Februar 2015