Vols de nuit au dessus de Luxembourg

Autre fonction... autre discours

L’Union des syndicats d’intérêts locaux de la ville de Luxembourg (USILL) a envoyé une longue lettre ouverte à François Bausch, ministre du Développement durable et des Infrastructures, dans laquelle elle lui fait part de la «profonde déception de ses membres» en raison de son «double langage».

Alors que, selon l’USILL, pas moins de 1.395 vols de nuit, 459 de passagers et 936 de fret, ont été autorisés durant les 11 premiers mois de l’année 2014, et que le cap des 1.500 vols de nuit ait vraisemblablement été franchi en fin d’année, François Bausch, a annoncé «plus de trafic, plus de vols de nuit» à la télévision.

Il est clair, qu’une telle affirmation, et surtout de sa part, ne pouvait que susciter la colère de l’USILL, lorsque l’on se rappelle les positions qu’il défendait lorsqu’il était député de la Circonscription Centre et échevin de la Ville de Luxembourg.

Dans sa lettre, l’USILL lui rappelle qu’en date du 9 juillet 2013, il avait déposé une motion à la Chambre des Députés, dans laquelle il disait, notamment, que :

« …considérant que les vols de nuit à l’Aéroport de Luxembourg constituent une nuisance considérable pour les riverains de l’aéroport, citoyens de tous âges ; …

- réaffirme son refus catégorique et ferme d’un trafic aérien nocturne régulier à l’Aéroport de Luxembourg ;

- demande aux autorités compétentes que la réglementation actuelle en matière de vols de nuit soit maintenue et qu’en conséquence, les vols de nuit soient limités au strict minimum ;

- demande que la publication mensuelle du nombre des vols de nuit soit complétée par une information sur les motifs des autorisations ; …». A une autre occasion, et toujours à la Chambre des Députés, il avait déclaré que les effets des nuisances engendrées par les activités aéroportuaires de nuit étaient particulièrement perturbants, et que «scientifiquement, il a été prouvé que des bruits perçus pendant le sommeil, à la longue, ont un effet nocif sur la santé humaine», ce que l’USILL souligne également depuis des années.

L’USILL met l’accent sur le fait que, contrairement à ses propos, la société aérienne Cargolux ne bénéficie pas d’une permission permanente, mais d’une dérogation, qui doit être appliquée, de manière restrictive, au principe de la règle générale de la fermeture de l’aéroport entre 23 et 6h du matin.

Elle lui rappelle également qu’environ 65.000 riverains de l’aéroport sont exposés chaque nuit à une nuisance sonore de Lnight outside 65-77 dB(A) alors que l’Organisation mondiale de la Santé (OMS) recommande comme valeur limite maximale Lnight outside 40 dB(A), et qu’il s’agit donc de relever les taxes pour vols de nuit pour qu’elles deviennent enfin dissuasives, et non de réduire celles de Cargolux pour les nouveaux modèles d’avion.

Enfin, l’USILL souligne que même s’il délègue à l’Administration de la Navigation aérienne certaines de ses compétences, les responsabilités juridique et politique en matière de respect du règlement d’exploitation de l’aéroport, lui incombent.

L’USILL termine sa lettre en demandant au ministre qu’il fasse, à l’avenir, coïncider ses actes avec ses paroles.

I.P.I

Ivano Iogna Prat : Freitag 16. Januar 2015