Maisons médicales

Un succès incontestable

Voilà six ans déjà que les maisons médicales ont vu le jour au Luxembourg, mais si Luxembourg-ville, Esch-sur-Alzette et Ettelbruck en ont une, dans l’Est du pays... il n’y a toujours rien en vue.

Partant de ce constat, et considérant que les maisons médicales ne sont pas encore assez connues du grand public, le député Gilles Baum a demandé au ministre de la Santé, Lydia Mutsch, quel était son avis à ce propos, et si la création d’une maison médicale dans l’Est du pays, par exemple à Junglinster, du fait de sa situation géographique favorable, était envisageable ?

Dans sa réponse, la ministre a tenu à rappeler que la maison médicale n’est pas, comme certains semblent encore le croire, l’équivalent d’un service d’urgence, mais bien un service de médecine générale, destiné à accueillir les malades lorsque leur médecin traitant n’est pas disponible. Il s’agit de mettre fin à cette mauvaise habitude qui consistait, lorsque le médecin n’était pas en service, à se rendre systématiquement au service d’urgence des hôpitaux, créant ainsi des files interminables. Et, si les maisons médicales sont situées à proximité d’un hôpital, c’est justement pour permettre, si l’état du patient l’exige, de le transférer le plus aisément et rapidement possible, vers un service spécialisé de l’hôpital en question.

Bien que l’évaluation du travail des maisons médicales depuis leur création en 2008, que réalisent actuellement les services du ministère de la Santé en collaboration avec les médecins coordinateurs des maisons médicales, ne soit pas encore achevée, la ministre considère que, même si la fréquentation pourrait être plus importante, la mise en service des maisons médicales n’en demeure pas moins un succès.

Elle ajoute que si, en théorie, on pourrait augmenter le nombre de maisons médicales, il serait « difficile sinon impossible » de trouver suffisamment de médecins généralistes disponibles. En ce qui concerne l’Est du pays, elle rappelle, qu’outre le fait que le plan hospitalier n’y prévoit aucune région hospitalière, on n’y trouve pas non plus d’hôpital aigu.

Elle déclare que sur base de cette évaluation, le gouvernement cherchera à désengorger encore davantage les services d’urgence des hôpitaux, à renforcer la collaboration entre les maisons médicales et les services d’urgence, et à régler la question de la responsabilité en cas de transfert entre maison médicale et hôpital.

De même, le gouvernement cherchera à compléter le service des maisons médicales, en installant, dans les localités éloignées et en région non urbaine, des cabinets de groupe, qui pourraient, grâce à la disponibilité de plusieurs médecins, avoir un horaire plus étoffé, que celui d’un cabinet médical géré par un seul médecin.

I.P.I

Ivano Iogna Prat : vendredi 7 février 2014