Yvan Avena, un poète à contre-courant
des idéologies capitalistes

Certains écrivent de la poésie pour paraître et apparaître dans les salons littéraires, d’autres commettent une poésie viscérale, révolutionnaire, à contrecourant des idéologies capitalistes. Yvan Avena fait définitivement partie de la deuxième catégorie.

Yvan Avena, né à Marseille en 1930, a émigré avec ses parents en Argentine en 1940. Au début des années cinquante, il a fréquenté à Buenos Aires des artistes peintres et des poètes d’avant-garde du groupe Poésie Buenos Aires et Madi. Il a excercé son métier d’ingénieur à Paris et à Stockholm. En 1964, il a ouvert à Stockholm, la galerie Latina, puis avec son épouse il a créé une seconde galerie d’art à Antibes. Il a repris son métier d’ingénieur après l’avoir abandonné afin de se consacrer à l’art, en Guinée-Bissau.

Yvan Avena a publié son premier livre de poèmes à Bissau en 1991 sous le titre Les poèmes du Geba. Au Guatémala où il a habité entre 1991 et 1997, il a travaillé à plein temps à l’écriture, la traduction et l’illustration de poèmes. Revenu vivre en France, il y a poursuivi sa carrière d’écrivain, avant de déménager de façon définitive à Goiânia (Golas-Brésil) où il continue ses activités poétiques et artistiques.
Je pense que la poésie lyrique, celle qui parle avec subtilité des états d’âme et du chant des oiseaux, n’est possible et justifiée qu’en temps de paix, de liberté et de fraternité.

La poésie d’ Yvan Avena est une poésie du désespoir ! Désespoir de voir s’écrouler toutes les illusions et rêves d’un monde plus généreux, plus juste et plus respectueux de la Vie. Désespoir d’assister à une certaine déchéance de la morale sociale, dans l’indifférence générale.
Si certains prétendent qu’il n’y a rien à faire pour sauver le monde des multiples dégradations sociales, culturelles et humaines qui pointent à l’horizon, n’est-ce pas par fatalisme, habitude ou accoutumance au fonctionnement du système capitaliste.

Il ne faut surtout pas fermer les yeux, ne pas regarder ailleurs ! Il ne faut pas laisser les canailles, les trafiquants, les spéculateurs, les déprédateurs et leurs complices dévaster, exploiter, détruire notre environnement sans réagir, sans protester. Le recueil de poèmes d’ Yvan Avena Indignations (Yvan Avena Cx.Postal 651 – Goi-ânia-Goias CEP 74.003-901. Brésil) n’empêchera certes pas les bombes de tomber, les enfants réfugiés de crever de faim et les politiciens de mentir, mais s’il éveille la conscience de quelques lecteurs et lectrices et que ceux-ci fassent part de leur indignation à d’autres citoyens et citoyennes, alors le poète aura partiellement gagné son pari.

Ne faudrait-il pas éditer, imprimer et distribuer gratos des livres qui dénoncent à quel point le capitalisme bafoue l’humain, à quel point il écrase le peuple.

Quand à elle, la poésie se doit d’être subversive. C’est presque inévitable, car étant la plus profonde et mystérieuse expression de l’âme humaine, elle s’oppose nécessairement aux contraintes liberticides institutionnelles. Tout poète qui s’exprime avec sa sensibilité, s’il est engagé et sincère, se sentira un jour menacé de procès ou de prison, car la vérité dérange les institutions figées. Il n’y a pas de grande poésie sans liberté et la liberté n’est jamais donnée. Il faut savoir la gagner.

Poètes, vos papiers ...

Michel Schroeder

vendredi 23 janvier 2009